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Des progrès dans la réalité tant intérieure qu’extérieure

Nous savons, tout particulièrement depuis Abraham, que la nature des relations objectales et la formation du caractère dépendent étroitement de la prédominance des fixations soit au stade oral de succion soit au stade sado-oral.

A mon avis, ce facteur joue un rôle tout aussi décisif dans la formation du Surmoi. Par suite de l'équivalence entre le sein et le pénis, l'introjection d'une mère bienveillante contribue à l'élaboration d'une imago paternelle également bienveillante. De même, au cours de la formation du Surmoi, les fixations au stade oral de succion neutralisent les identifications terrifiantes produites par la suprématie des tendances sado-orales.

Avec la baisse des pulsions sadiques, les menaces du Surmoi perdent quelque peu de leur force et le Moi y répond autrement. Jusqu'ici, la peur que son Surmoi et ses objets inspiraient à l'enfant pendant les toutes premières phases de son existence provoquait, de la part du Moi, des réactions d'une égale violence.

On dirait que le Moi cherche à se défendre du Surmoi, d'abord, pour employer le terme de Laforgue, en le scotomisant, puis en l'expulsant. A partir du moment où il tente de déjouer le Surmoi et de réduire la résistance que ce dernier oppose aux pulsions du Ça, on peut dire qu'il commence à tenir compte de la puissance du Surmoi.

Avec l'avènement du second stade anal, le Moi reconnaît encore plus clairement ce pouvoir et s'efforce de trouver un terrain d'entente avec le Surmoi, reconnaissant du même coup l'obligation de lui obéir.

A l'égard du Ça, le Moi change également d'attitude. A l'expulsion fait place, dans le second stade anal, la répression, ou plutôt le refoulement, au sens propre du terme. En même temps, s'atténue sa haine de l'objet, car elle prend, dans une large mesure, sa source dans les sentiments autrefois dirigés contre le Ça et le Surmoi.

L'accroissement des forces libidinales et la diminution parallèle des forces destructrices ont aussi pour effet de modérer les tendances sadiques primitives qui s'attachaient à l'objet. Le Moi semble alors redouter plus consciemment des représailles de la part de l'objet. En se soumettant à un Surmoi sévère et à ses interdictions, il reconnaît du même coup le pouvoir de l'objet.

L'acceptation de la réalité extérieure dépend ainsi de l'acceptation de la réalité intrapsychique, d'autant que le Moi s'efforce de faire converger Surmoi et objet. Une telle convergence marque une étape dans l'évolution de l'angoisse, et, avec l'aide des mécanismes de projection et de déplacement, favorise le progrès des relations de l'individu avec la réalité.

A ce moment, qu'Abraham situe au second stade anal et qu'il caractérise par le besoin d'établir la sécurité des objets, le Moi se défend contre l'angoisse surtout en cherchant à se concilier à la fois les objets du monde extérieur et ceux qui ont été intériorisés.

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