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Sentiment de toute puissance infantile et confiance en soi

La phase du développement où je situe le point de départ du conflit œdipien et des fantasmes masturbatoires de caractère sadique qui l'entourent, est celle du narcissisme, dans laquelle, pour citer Freud, "les actions psychiques sont très valorisées, et, à notre point de vue, surestimées".

A cette époque, et c'est là une de ses particularités, l'enfant éprouve, à l'égard de ses fonctions vésicales et intestinales d'évacuation, un sentiment de toute-puissance qu'il applique par extension à ses pensées.

Il ne peut donc que se sentir coupable de toutes ses attaques imaginaires contre ses parents. Cet excès même de culpabilité, qui découle de la foi en la toute-puissance des excréments et des pensées, constitue précisément, à mes yeux, l'un des facteurs qui poussent névrosés et primitifs à conserver leur sentiment originel de toute-puissance ou à y régresser.

Quand leur culpabilité déclenche des actes obsessionnels en guise de défense, ils se servent de leur culpabilité dans un but de réparation, mais ils doivent alors la subir sous une forme compulsive et excessive, leurs réparations étant obligatoirement sous le signe de la toute-puissance que leurs destructions.

"Il est difficile, a dit Freud, de savoir si ces premiers actes obsessionnels et propitiatoires sont soumis au principe de la ressemblance ou du contraste, car dans la structure de la névrose ils sont le plus souvent déformés, par le déplacement, en une bagatelle, en une action par elle-même tout à fait insignifiante. "

Les analyses de jeunes enfants ne laissent subsister aucun doute à ce sujet ; elles démontrent que les mécanismes de réparation, leur nature et leur intensité s'expliquent finalement, et dans chaque détail, par ce principe de ressemblance,- ou de contraste. Si avec les fantasmes sadiques persistent de très forts sentiments primitifs de toute-puissance, l'enfant n'en aura qu'une plus grande foi dans la toute-puissance créatrice qui doit l'aider dans ses tentatives de réparation.

On voit très clairement, dans les analyses d'enfants et d'adultes, à quel point ce facteur favorise ou inhibe un comportement constructif et réactionnel de ce genre.

Leur sentiment de toute-puissance à l'égard de leurs aptitudes réparatrices n'est en aucune façon comparable à celui qu'ils éprouvent à l'égard de leurs aptitudes destructrices; rappelons-nous que les formations réactionnelles se dessinent à une phase du développement du Moi et des relations objectales où l'enfant a acquis une connaissance plus exacte de la réalité.

Ainsi, lorsqu'il faut à l'individu, pour ses besoins de réparation, un sentiment excessif de sa toute-puissance, est-il entravé dés le début par son manque de confiance dans ses capacités réparatrices.

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