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Le maître de Moulins

Une donatrice et sainte Madeleine

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Bois : 0,53 m x 0,40 m

Sainte Madeleine présente, selon l'iconographie traditionnelle du quinzième siècle, une donatrice en adoration dont le nom nous est inconnu. Ce panneau faisait probablement partie d'un triptyque; le centre et le panneau symétrique, qui devait figurer le mari avec son saint patron, ont disparu. Il fut sans doute peint vers 1495.

Les historiens d'art ont rapproché le portrait de la donatrice de certains dessins de Jean Perreal; mais tous s'accordent à attribuer ce tableau au Maître de Moulins, peintre d'Anne de Beaujeu, fille de Louis XI, qui assura la régence pendant la minorité de Charles VIII. Anne et son époux, Pierre de Beaujeu, duc de Bourbon, avaient créé dans leur fief un centre artistique dominé par la personnalité de l'anonyme Maître de Moulins et très à l'écart du courant parisien. Dans le réalisme serré des visages, l'influence flamande est particulièrement sensible et évoque Hugo van der Goes.

Cependant les modelés ronds, adoucis, la grâce de la sainte, la raideur émue de l'attitude de la donatrice, l'élégance des belles mains et l'intérêt attentif pour la vie intérieure exprimée sur les visages rendent cette œuvre typique de l'art français à la fin du quinzième siècle: art de mesure, d'équilibre, tirant son charme d'un respect attendri devant les apparences du réel, que l'artiste veut dépasser pour en dégager l'intime poésie.

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