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Quentin Metsys

Le Prêteur et sa femme

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Bois : 0,71 m x 0,68 m

Ce sujet du changeur ou du prêteur dans sa boutique, à moins qu'il ne se transforme plus religieusement en saint Eloi orfèvre, dont le prototype, sans doute eyckien, fut repris par Petrus Christus, est un des thèmes de prédilection des Flamands du quinzième siècle. C'est un prétexte à peindre des natures mortes, de beaux objets brillants qui accrochent la lumière.

Ici c'est un prêteur au milieu de ses monnaies qu'il pèse minutieusement, avec des perles, des ors, des boules de cristal et ce miroir qui reflète la fenêtre et le monde extérieur.

Le tableau fut très célèbre à son époque et souvent copié, notamment par Marinus van Rommerswael. Il appartint probablement à Rubens et figure dans l'Atelier d'Apelle de Willem van Haecht (Mauritshuis, La Haye).

Dans la beauté de la nature morte se retrouve une science de l'atmosphère lumineuse, de la différence des matières qui évoque Van Eyck, mais l'invention du geste ébauché et l'accumulation des objets annoncent les découvertes des seizième et dix-septième siècles : le mouvement et la vie profuse.

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