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Hyacinthe Rigaud

Portrait de Louis XIV

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Toile : 2,79 m x 1,90 m

Le vieux roi est représenté triomphant dans sa splendeur, impressionnante image de la monarchie de droit divin. Malgré la maladie et les années - il a soixante-trois ans - il reste le plus grand roi d’Europe ; par son élégance et sa fière prestance il est toujours le Roi-Soleil. Chaque détail prend ici un sens de majesté symbolique : l’énorme colonne de marbre où s’accroche la vaste draperie de velours rouge n’écrase pas le souverain, pas plus que le lourd manteau royal fleurdelysé ni les antiques « regalia » du trésor de Saint-Denis, les célèbres ornements du sacre qui se trouvent encore aujourd’hui au Louvre parmi les joyaux de la Galerie d’Apollon : la couronne, le sceptre d’or, la main de justice de Charles V et l’épée de Charlemagne, la « Joyeuse » de la légende.

Le monarque et le principe royal s’identifient dans ce chef-d’œuvre, peint en 1701, exposé au salon de 1704 et destiné à être offert au jeune roi d’Espagne Philippe V, petit-fils de Louis XIV. Mais le roi fut si content de son portrait qu’il le garda, le fit placer dans la salle du trône et en commanda une copie qu’il envoya à Madrid.

Cette œuvre si caractéristique de l’art du Grand Siècle marque pourtant une évolution toute nouvelle : l’influence de la technique nordique, qui s’attache à la beauté des couleurs, au rendu de la matière, qui se plaît à traduire les jeux de la lumière et de la pénombre sur les riches étoffes. Déjà naît ce sensualisme pictural qui régnera sur le dix-huitième siècle, aux dépens de l’académisme italien qui avait été imposé par Le Brun à l’art de la seconde moitié du dix-septième siècle.

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