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Messsaoud Haine

Partie II

Question : Comment la peur de la solitude peut-elle être interprétée par le psychanalyste?

Réponse: La question de la solitude est un problème central en psychanalyse, qu’on va rencontrer, tout au long d’une cure analytique.

La solitude est insupportable pour ceux qui craignent de se retrouver face à leur monde intérieur qu’ils jugent inexistant : un monde qu’ils n’aiment pas, et qu’à force de fuir ils ont fini par annihiler.

Mieux le sujet est capable de vivre sa solitude, moins il sera prêt à se compromettre pour l’éviter. Pour le sujet adulte, équilibré, la vraie sensation de plénitude devrait être préexistante à tout apport extérieur.

Si nous essayons d’aborder ce problème dans son aspect général, on s’aperçoit que le nourrisson a pour premier contact, le contact avec sa mère. Dès la naissance, il est pris en charge par celle-ci, il y a un contact corporel créant un lien affectif très puissant.

Par la suite, il va découvrir que cette mère ne lui appartient pas totalement. Il y a des moments où elle l’abandonne, car il faut bien qu’elle aille vaquer à ses travaux ou qu’elle s’occupe du reste de la famille.

L’enfant va progressivement comprendre que la mère n’est pas exclusivement à sa disposition. De là, vont se déclencher les premières angoisses de séparation et les tentatives de domination et de contrôle de ces situations seront en quelque sorte les premiers battements d’une régulation de la vie.

Freud avait observé, un jour, chez un enfant qui se sentait seul, une sorte de jeu où l’enfant tirait une bobine avec une ficelle, puis la ramenait à lui en s’écriant "fort-da". Il en a conclu que l’enfant, par ce jeu, hallucinait qu’il pouvait gouverner lui-même le retour ou le départ de sa mère.

Par cette action, apparemment bénigne, s’opérait l’emprise symbolique de l’enfant sur sa mère. Donc, la structuration de la personnalité va se fixer, avec cet affect fondamental, l’angoisse d’abandon.

L’histoire et les hasards de la vie vont amener certains sujets à mieux supporter la solitude, alors que d’autres ne pourront accepter absolument aucune forme de séparation. Ceci aboutit dans la vie à des résultats tels que le sentiment d’être rejeté, le repli sur soi, la peur d’affronter le monde, avec comme corollaire des conduites d’échec, ou même des comportements dépressifs.

Par le détour des identifications et des projections, ces sujets vont transférer, au cours de leur vie, les mêmes craintes sur d’autres personnes de leur entourage, tel que le partenaire conjugal par exemple. Toute séparation risque d’être vécue en tant que perte tragique.

Question : L’angoisse de solitude se soigne-t-elle en analyse?

Réponse: Il s’agira pour le sujet en analyse de parvenir à domestiquer sa solitude. Le fait d’être en cure, crée chez le sujet une élévation narcissique, accompagnée du sentiment d’être le roi, au même titre que ce bébé qui était le centre de l’affection maternelle.

La solitude a deux visages. Indomptée, elle peut devenir dangereuse conseillère. Mais apprivoisée, elle peut devenir précieuse : prendre conscience de sa solitude permet de se ressourcer et d’apprécier les relations avec autrui. [...] Le passage d’une solitude angoissante vers une solitude apprivoisée s’effectue à travers l’élaboration des angoisses de séparation. "

L’objectif final de l’analyse est de rendre le sujet indépendant, c’est-à-dire capable d’accepter la fin de toute aliénation et la séparation avec son analyste.

Une analyse suppose le recouvrement du manque du côté de la séparation. Quand le sujet peut vivre sa solitude, il n’est pas confronté au vide intérieur. Son monde intérieur n’est plus un monde d’anxiété qu’il faut fuir à tout prix.

Question : Qu’est ce que l’anxiété?

Réponse : L’anxiété est un état qui fait partie de la nature humaine. On le constate dans toutes les étapes de la maturation de l’enfant, lors de chaque événement présentant un certain caractère de nouveauté.

L’anxiété est un mécanisme permettant d’anticiper un événement; grâce à elle on oblige sa vigilance à rester éveillée. C’est donc un système d’adaptation qui participe à la défense de la personnalité.

Si cette anxiété est exagérée par sa durée ou son intensité, elle peut devenir pathologique.

Question : Au début de sa pratique, Freud utilisait l’hypnose. Pourquoi cette méthode a-t-elle été abandonnée ?

Réponse : L'hypnose donne des résultats intéressants, mais s’avère insuffisante pour obtenir des guérisons durables aux effets irréversibles. De plus, comme l’hypnose fait appel à la suggestion, Freud a préféré l’abandonner au profit de la technique des associations libres, toujours en vigueur à l’heure actuelle.

Question : Freud a découvert la psychanalyse grâce à l’hystérie...

Réponse : La psychanalyse est née des découvertes de Freud sur l’hystérie. Charcot, Breuer et Freud ont été les précurseurs qui ont permis d’attribuer une dignité scientifique à l’hystérie.

Auparavant, le terme d’hystérie possédait une connotation très péjorative. Dans l’Antiquité, on était convaincu que seules les femmes pouvaient présenter des symptômes hystériques.

Le Moyen Age y a introduit une connexion diabolique; on prétendait que l’hystérie concernait les femmes possédées par le Démon. C’était dramatique, parce que ces pauvres malades étaient livrées à la vindicte publique et persécutées au même titre que les sorcières. On allait même jusqu’à les brûler vives sur les bûchers.

Question : Et cette vision de l’hystérie a évolué depuis ?

Réponse: A partir du moment où les symptômes n’étaient pas provoqués par des lésions organiques, l’hystérie troublait les médecins. Face à ce mystère, ces derniers choisissaient de la traiter comme une simulation, c’est-à-dire une maladie imaginaire.

Il fallut attendre Charcot, anatomo-pathologiste, mondialement célèbre, qui professait à la Salpetrière à Paris, pour disjoindre cette maladie du domaine de la simulation. Charcot va apporter les nouveautés suivantes : d’abord, ce n’est pas une maladie imaginaire, il s’agit d’une névrose. Ensuite, c’est une trouble qui n’est pas uniquement féminin et qui peut aussi bien concerner les hommes. Cependant, Charcot, en bon mécaniste, était plutôt d'accord avec les explications physiques : Il plaidait pour la thèse des lésions cérébrales.

Malgré une première évolution, où l’on était arrivé à la distinction de l’hystérie des organes féminins, Charcot écartait d'emblée l’origine psychologique des troubles. Lorsque Freud ira le voir la Salpetrière, Charcot va tenter de le dissuader d’émettre des interrogations d’ordre psychologique.

Question : Comment cela s’est-il passé pour Freud?

Réponse: Freud, en 1882, va occuper un emploi à l’hôpital de Vienne, pour trois ans. Il va y rencontrer son vieil ami Breuer. Ce dernier lui parle du traitement médical d’une certaine Anna O. qu’il avait suivie régulièrement, et dont la cure venait d’être interrompue. Cette histoire va passionner Freud. En 1885, Freud obtient une bourse d’études pour Paris, justement dans le service de Charcot. Et là, il va observer comment Charcot utilise l’hypnose sur les hystériques. Freud constate que dans tous les cas examinés par Charcot, l’hystérique ignore l’anatomie, prétexte qui a fait dire que l’hystérie ne concernait pas les médecins: par exemple dans les paralysies, il y a une perte de motricité de tout un membre ou d’une partie de celui-ci, mais ces paralysies ne cadraient jamais avec des territoires neurologiques précis. Quand Freud va retourner à Vienne, il va retrouver son ami Breuer, qui avait essayé l’hypnose sur cette fameuse Anna O.

Question : Pouvez-vous nous parler un peu de cette fameuse Anna O?

Réponse : C’était une jeune fille de vingt-et-un ans, éveillée, qui avait eu une éducation austère. En juillet 1880, le père d’Anna tomba malade, et sa fille qui le soignait jour et nuit, s’effondra en décembre de la même année. Les symptômes d’Anna, étaient constitués par une sévère toux nerveuse, un strabisme, des dérèglements de la vision, un paralysie du bras droit, du cou, un curieux trouble du langage: par exemple, elle comprenait ce qu’on lui disait en allemand mais ne répondait qu’en anglais. Elle souffrait également d’hallucinations.

Quand Breuer va l’hypnotiser, au début elle semble aller mieux. Mais en avril 1881, lorsque meurt son père, les désordres vont empirer dans la journée. Le soir, elle tombe dans un état d'asthénie, en bredouillant des propos incompréhensibles. Cependant, dès qu’elle sortait de l’état d’hypnose après avoir parlé avec Breuer, elle se sentait en meilleur état. Mais si elle n’arrivait pas dans la journée à décrire ses hallucinations, la nuit suivante elle était très angoissée. On observait que ces pratiques de parole lui apportaient un bien-être. Elle définissait sa " talking-cure " comme la cure par la parole.

Question : Et ça l’a guérie ?

Réponse: Ce traitement l’aidait, mais pas suffisamment, puisque d’autres symptômes survenaient. Elle souffrait par exemple d’hydrophobie, c’est-à-dire qu’elle ne pouvait plus boire d’eau. C’est ainsi que pendant six semaines elle ne pouvait même plus absorber aucun liquide, ni même soulever un verre d’eau, tellement cela la dégoûtait. Un jour, sous hypnose, elle se rappela que, dans la chambre d’une anglaise, elle avait vu le chien avaler de l’eau dans un verre et ça l’a soulevée de répugnance, mais elle n’avait pas eu le courage de s'en plaindre par bienséance. Une fois sortie de l’état hypnotique, elle put de nouveau boire sans problème. Breuer constatait que chaque trouble s'effaçait dès qu’on en découvrait l’origine. Ainsi tour à tour, il éliminait chaque symptôme uniquement par le rappel des souvenirs désagréables qui étaient enterrés dans la mémoire.

Freud avait convaincu Breuer de publier un livre collectif. C’est le fameux livre Etudes sur l’hystérie. Dans cet ouvrage, les deux auteurs en viennent à la conclusion que les hystériques souffrent essentiellement de souvenirs d'images douloureuses, pénibles. Ils arrivent à prouver que les souvenirs choquants sont eux-mêmes générateurs de perturbations.

Freud imagine que l’hystérique aurait subi une séduction d’ordre sexuel précoce.

Freud et Breuer constatent aussi que ces souvenirs traumatiques ne s’effacent pas d’eux-mêmes, mais se transforment en une force agissante inconsciente.

Le mécanisme de refoulement, fonctionne à un niveau inconscient de la personnalité. Les souvenirs réprimés vont poursuivre leur action, en gardant une charge émotionnelle, dénommée affect. Puisqu’il faut bien qu’il se soulage, que son énergie trouve un moyen quelconque pour se libérer, cet affect bloqué, va être converti en symptôme corporel chez l’hystérique.

Question : d’où le terme d’hystérie de conversion?

Réponse: Oui, dans le cas de l’hystérique, son corps va être un corps parlant. Il va se proposer en tant que preuve du désir refoulé. Rien ne préoccupe plus l’hystérique que de voir les autres s’intéresser à sa personne. On constate d’ailleurs combien les hystériques se plaisent à attirer l’attention, charmer, et ont des dons pour le théâtre.

Question :Qu’est-ce qu’une personnalité hystérique?

Réponse: Là où la psychanalyse s’est imposée, la grande hystérie du temps de Charcot a complètement disparu. Il n’y a plus toutes ces démonstrations spectaculaires, mais il n’en reste pas moins que les personnalités hystériques existent toujours. L’hystérique va présenter un certain nombre de symptômes qui peuvent exister de façon anodine chez tout le monde. On peut citer nombre d’exemples: les vomissements, les crampes, les céphalées, les tremblements, les diarrhées...

Parmi les symptômes hystériques plus importants, on peut citer la peur d’écrire en public, les paralysies, les anesthésies, le somnambulisme, certains cas de dédoublement de la personnalité, etc.

Le symptôme traduit de façon symbolique le conflit psychique; il représente un compromis entre le désir et l’interdit. Par exemple, la paralysie de l’hystérique peut être interprétée comme une négation du geste, elle peut signifier dans l’inconscient une intention d’agression. Les tendances du surmoi vont intervenir pour bloquer cette intention sous la forme paralytique.

Une crampe peut signer par exemple la lutte entre deux émotions affectives antagonistes. Une anesthésie ou au contraire une hyperesthésie, localisée dans un endroit du corps, peut indiquer le souvenir indélébile fixé inconsciemment, d’un contact d’ordre sexuel à cette place précise.    

Question : Qu’est-ce que la névrose obsessionnelle?

Réponse: Gérard Miller a défini de façon excellente le profil de l’obsédé : Même lorsqu’il s’engage, l’obsessionnel se méfie toujours des causes qu’on lui propose de défendre.

" Isolé dans la tour d’ivoire de ses ruminations intérieures, tout entier livré aux interrogations sans fin que son doute génère, il est le spectateur ironique et distant des combats qu’il repousse. Vous le sollicitez, il hésite.

" Vous insistez, il recule. Vous le suppliez, il se défile. Que sait-il après tout de votre engouement sinon qu’il lui fera prendre des risques et perdre du temps? L’obsessionnel ne connaît qu’une seule passion : sa pensée et les souvenirs qui s’y rattachent."

C’est par comparaison à l’hystérie que Freud a clarifié les processus spécifiques à la névrose obsessionnelle. Si, pour Freud l’hystérique aurait été victime d’une séduction d’ordre sexuel précoce, l’obsédé aurait d’abord subi la même expérience passive que l’hystérique, mais se serait livré avec plaisir, par la suite, à des expériences sexuelles actives, sur d’autres enfants.

Deux expériences infantiles se seraient par conséquent succédé, l’une passive, l’autre active chez le futur névrosé obsessionnel. Elles auraient eu lieu avant le développement du surmoi.

De plus, il y a fixation au stade sadique-anal, pour le choix de la névrose obsessionnelle.

Dans " Inhibition, Symptôme, Angoisse " , Freud fait remonter la genèse de la névrose obsessionnelle à l’obligation de lutter contre les fantasmes œdipiens. Il ajoute que " l’organisation génitale de la libido est encore faible et incapable de résister adéquatement.

La lutte défensive qu’entreprend alors le moi a pour premier effet de faire reculer, dans son entier ou en partie, l’organisation génitale (du stade phallique) au stade sado-anal qui la précède. Tout ce qui surviendra par la suite est lié à cette régression ".

Question : Donc le symptôme est un compromis entre la pulsion refoulée et le surmoi ?

Réponse : Effectivement, dans la plupart des cas, les symptômes représentent un compromis entre les pulsions et le surmoi. Un symptôme qui représentait quelque chose de défendu peut se modifier en une manifestation de l’impulsion qui en était à l’origine.

Le phénomène de compulsion que l’on rencontre souvent chez les obsédés en est l’illustration. Par exemple, dans les cas très répandus de compulsion de lavage, le patient qui se lave sans cesse, sent au fond de lui que ses pensées " sales " peuvent être devinées par l’entourage. Cette action de nettoyage répétitif est utilisée comme défense contre de telles pensées.

Certains obsédés concrétisent leurs désirs oedipiens, grâce à des compulsions éprouvées comme des dangers. Le sujet se dit, par exemple : " si tu fais ceci, ou cela, ton père risque de mourir! ". En pensant, en permanence à ne pas céder à la tentation, il passe en fait tout son temps à redouter la mort de son père. Cette compulsion lui permet de satisfaire de façon détournée ses tentations oedipiennes, liées au désir inconscient de mort du père.

Question : Il y a beaucoup de personnes qui ne peuvent s’empêcher de se laver exagérément, malgré tous les efforts de volonté et toutes les tentatives de leur entourage. Comment la psychanalyse explique-t-elle ces cas ?

Réponse : Ferenczi cite le cas d’une patiente souffrant d’une compulsion de lavage dont l’obsession la plus intense était la peur devenir folle.

L’analyse a révélé qu’elle a été longtemps une onaniste enragée, même après son mariage. Elle avait toujours des scrupules de conscience en se masturbant parce que quand elle était petite sa mère l'avait menacée en affirmant qu'elle allait devenir idiote (du fait de la masturbation).

Mais le fait le plus remarquable dans le cas de cette patiente, c'est qu'elle a varié ses lavages jusqu'à obtenir qu'ils lui procurent à nouveau la satisfaction génitale. Sa conscience est alors tranquille : elle ne se masturbe pas, elle se lave seulement.

Selon Freud, les actes compulsifs, qui en principe sont des mesures de défense contre la masturbation constituent des moyens détournés de revenir à l'onanisme.

Fénichel nous donne des exemples intéressants et qui montrent comment le sujet obsédé triche avec lui-même :

Un acte apparemment sexuel est exécuté dans un but de châtiment et de négation de la sexualité : Voilà un bon exemple du retour du refoulé.

Question : Quand peut-on parler de personnalité obsessionnelle ?

Réponse : La personnalité dite obsessionnelle est déterminée par son caractère anal. Ce caractère se manifeste de façon parfois déconcertante par des attitudes contradictoires, telles que par exemple:

On y rencontre parfois des formes de surcompensation, comme une bonté excessive, un sens exagéré de la justice.

D’autres fois, on peut rencontrer des personnes simultanément propres et sales, bonnes et cruelles, ordonnées et désordonnées, etc.

Question: Qu’appelle-t-on phobies?

Réponse: On peut dire qu’une phobie est la peur irrationnelle d’un objet ou d’une situation spécifique, sans commune mesure avec le danger que représente cet objet ou cette situation.

Vous avez les exemples classiques des souris, cafards, araignées, etc. Et pourtant, il n’y a pas plus inoffensif qu’une souris ou un cafard. Donc, la peur est irrationnelle et démesurée.

Question : Comment la psychanalyse explique-t-elle les phobies ?

Réponse: Dans tous les cas de phobies, il y a soit une peur de la castration, soit un sentiment de culpabilité, soit les deux. Pour Freud, " la plupart des phobies se ramènent à des angoisses du moi devant les sollicitations de la libido ".

C’est grâce à l’analyse du petit Hans, que Freud dégage avec précision la névrose phobique et découvre son analogie avec l’hystérie de conversion.

Les mécanismes particuliers à la phobie sont le déplacement et l’évitement. L’affect (l’angoisse) est déplacé sur un objet déterminé, qui devient l’objet phobique et de la sorte se substitue à l’objet originel.

Dans les deux cas, il y a séparation de la représentation et de l’angoisse. Par exemple, chez le petit Hans, la peur du cheval s’est substituée à celle du père. Le cheval est devenu l’objet phobique. De ce fait, le malade peut plus facilement éviter l’objet sur lequel s’était déplacée la phobie. Il était en effet plus aisé au petit Hans de fuir et éviter les chevaux que son père.

Cependant, si dans l’hystérie de conversion la libido est convertie en symptômes, dans l’hystérie d’angoisse elle est libérée sous forme d’angoisse.

L’activité qui se produit dans l’hystérie d’angoisse consiste à accrocher la libido libérée sous forme d’angoisse flottante, sur une phobie déterminée. Cela signifie que l’hystérie d’angoisse tend vers la formation d’une phobie précise.

Ferenczi cite le cas d’un patient qui souffrait d'une phobie des ponts

L'analyse mit au jour cet événement bouleversant, qui datait de sa neuvième année : la mère (une sage-femme), qui l’idolâtrait, ne voulut pas renoncer à la présence de son enfant même la nuit où elle fut prise par les douleurs de l'accouchement et où elle mit au monde une petite fille.

Le petit garçon ne peut avoir échappé à l'angoisse qui s'empare irrésistiblement de tout témoin d'une scène d'accouchement; il s'est senti dans la situation de cette enfant qui était en train de subir sa première et sa plus grande angoisse, prototype de toute angoisse future, et qui pendant des heures était ballottée entre le ventre de la mère et le monde extérieur.

Ce va-et-vient, ce point de jonction entre la vie et ce qui n’est pas encore (ou n’est plus), la vie a donc donné à l'hystérie d'angoisse de ce malade la forme spécifique de la phobie des ponts.

La rive opposée du Danube signifiait pour lui l'au-delà qui, comme d'habitude, était conçu à l'image de la vie prénatale.

De sa vie, il n'avait jamais franchi un pont à pied, seulement dans des véhicules qui allaient très vite et en compagnie d'une forte personnalité qui lui en imposait. Les deux interprétations : pont = lien entre les deux parents, et pont = jonction entre la vie et la non-vie (la mort), se complètent très efficacement.

Question : Et les phobies d’animaux?

Réponse : En ce qui concerne les phobies d’animaux, appelées zoophobies, il s’agit pour Freud d’une angoisse non transformée de la castration. Il s’agirait donc d’une angoisse réelle, angoisse d’un danger réellement menaçant ou, du moins jugé tel.

Rank assimile les phobies infantiles d’animaux, à l’angoisse de dévoration et à la peur de se retrouver dans le ventre maternel.

Question : En dehors de l’agoraphobie et de la claustrophobie assez connues, y a-t-il d’autres phobies?

Réponse : Il y deux grands types de phobies, des phobies simples qui sont par exemple la peur des animaux, la peur de certains phénomènes naturels, comme l’orage, le feu, le tremblement de terre, les étendues d’eau, la peur des blessures ou du sang. Généralement elles ne sont pas invalidantes.

Il y aussi ce qu’on appelle les phobies sociales qui peuvent être définies par une certaine anticipation.

On assiste à l’évitement d’un ensemble de situations où le sujet risque d’être observé par les autres et craint d’avoir un comportement qui lui donnerait un sentiment de honte.

Il peut s’agir de la peur de manger, de boire ou d’écrire en public. Par exemple, certains sujets n’aiment pas être observés quand il rédigent un document. Leur main tremble parce que cela est lié à un fantasme masturbatoire.

Ces phobies ne sont pas invalidantes, mais peuvent gêner le développement de certaines carrières.

Question : Que peut-on dire sur la peur de parler en public, par exemple faire un exposé ou se produire au cours d’une réunion professionnelle ?

Réponse : Le trac est un symptôme de doute intérieur quant à la véritable sincérité du discours prononcé.

Ces personnes loin d’être gênées par leur modestie ont au contraire un narcissisme trop exigeant vis-à-vis de leur performance.

En effet, ces personnes, soi-disant gênées par le trac, se trouvent en réalité plongées dans un état d'auto-observation et ce clivage de l'attention perturbe la réalisation automatique des gestes.

Elles savent que ce qu’elles racontent n’est pas sincère, et sont de ce fait pénalisées par leur surmoi.

Question : La peur de rougir, par exemple?

Réponse : La peur de rougir est une phobie sociale. S’il s’agit d’une peur de rougir camouflée derrière des maquillages, le sujet est constamment sur ses gardes. Elle peut avoir un caractère obsessionnel et sortirait du registre des phobies pour entrer dans celui des obsessions.

Vous avez aussi l’exemple des gens qui sont convaincus de dégager des mauvaises odeurs et qui utilisent de façon excessive les parfums, les dentifrices, les déodorants ...

Si cette peur est lié à une conviction réelle qu’on sent mauvais, cela devient du délire et entre dans un autre registre.

Donc à partir d’une phobie, on ne doit se précipiter à établir un diagnostic. Le plus important est de savoir comment elle est vécue.

Une phobie, non associée à d’autres troubles, reste dans le registre de la phobie. Accompagnée d’un certain nombres de manoeuvres d’évitement, de convictions permanentes d’un danger réel, elle entre dans le registre de l’obsession.

Mais il existe des phobies carrément invalidantes, la plus fréquente est l’agoraphobie. On y retrouve toute une série de peurs, telles que la peur de la foule, la peur de marcher dans la rue, la peur d’être agressé, la peur de voyager seul dans les transports collectifs.

Question: Elle a un rapport avec la claustrophobie ?

Réponse: C’est un peu son inverse, elles ont la même valeur puisque toutes deux invalidantes. Toutes ces peurs rencontrées dans l’agoraphobie sont sur le même registre que celles rencontrées dans la claustrophobie: peur de rester seul à la maison, peur de se retrouver isolé dans certains lieux. La peur peut être accentuée à ce moment là si on est dans un lieu dépourvu de toute possibilité de fuite par exemple un tunnel ou un ascenseur.

Question : Est-ce que la psychanalyse parvient à guérir les phobies?

Réponse : Il suffit d’une seule parole, d’une parole pleine pour que des destins changent en psychanalyse. Le meilleur traitement des phobies est de les affronter et de les dédramatiser.

L’analyste commence par dire au sujet : " affrontez la situation". Les premières victoires de l’analysant, dans l’application de cette injonction, vont l’amener à ressentir une sorte d’euphorie.

L’analyste évite de partager cet enthousiasme conjoncturel, sachant qu’il y a bien d’autres victoires à remporter.

Question : Que peuvent signifier les frissons provoqués par le crissement du verre, ou celui de la craie sur le tableau par exemple ?

Réponse : Les frissons sont dus à des perceptions infantiles liés à des fantasmes de castration. Chez un patient de Ferenczi dont le " sang se glaçait " à la vue de pommes de terre qu'on épluchait, il y avait une identification inconsciente de ces végétaux à quelque chose d'humain, de sorte que ce geste signifiait pour lui écorcher, retirer la peau et cela de manière aussi bien active (sadique) que passive (masochiste).

De la même manière, le son aigu produit par le verre qu’on raye évoque la plainte d'un objet maltraité.

Question: Qu’est-ce que la castration en psychanalyse?

Réponse: En pénétrant jusqu’aux couches psychiques les plus obscures, nous découvrons toute l’influence de l’angoisse de castration chez tout sujet parlant.

On ne peut dissocier le complexe de castration du complexe d’Oedipe. Le complexe d’Oedipe spécifie la relation père-mère-enfant, qui est la caractéristique de la famille humaine. Le complexe d’Oedipe et son corollaire le complexe de castration soulignent l’universalité de l’être humain

Comme tout le monde le sait, pendant la période oedipienne, qui va jusqu’à l’âge de cinq ans environ, le petit garçon désire sa mère, et considère son père comme un rival.

Le complexe de castration sera consécutif au fait que le phallus est placé au centre des fantasmes œdipiens. En effet, comme chez le petit garçon, la différence des sexes est perçue comme une opposition entre phallique et châtré, son désir de la mère va provoquer chez lui la croyance en une menace de châtiment par le père.

Par la suite, les conséquences du complexe de castration peuvent déboucher chez l’adulte névrosé au complexe d’infériorité, accompagné de son lot de sentiments de dévalorisation, de perte d’estime de soi, d’impuissance, de sentiments d’incapacité à réussir.

Alfred Adler, contemporain et dissident de Freud a développé en détail ce sujet, dans sa théorie de la volonté de puissance ou de protestation mâle.

Question : Que peut-on dire à propos des hommes qui affichent une attitude méprisante à l’égard des femmes ?

Réponse : Ceux-là même qui affichent, en même temps qu'une attitude pseudo virile, un mépris de la féminité sont ceux-là même qui révèlent une crainte profonde d'une mère, vécue comme phallique et toute-puissante.

Question : Pourquoi tant d’hommes insistent-ils tant pour faire prévaloir leur virilité ?

Réponse : La peur de l'homosexualité chez l'homme, considérée par Freud comme étant le "roc biologique" et qui serait à l'origine des délires paranoïaques, serait en réalité une crainte transsexuelle : le sujet aurait l'appréhension de retomber dans son état de fusion primitive avec la mère.

Question : Peut-on parler de complexe de castration chez la femme ?

Réponse : C’est Karl Abraham qui semble avoir le mieux développé le thème de la castration féminine. En 1920, il présente au Congrès de psychanalyse de La Haye une communication intitulée Les manifestations du complexe de castration chez la femme.

Il est l'un des premiers psychanalystes à montrer comment l'envie du pénis de la mère parvient à infléchir le développement psychosexuel de l'enfant.

Selon lui, la petite fille, au moment de la découverte de la différence des sexes, va se sentir désavantagée, en raison de ce qu’elle interprétera comme une infériorité des organes féminins.

Par la suite, elle va développer le fantasme soit d’acquérir, soit d’élaborer elle-même, soit de recevoir en cadeau un organe masculin. Le père se présente, selon l’expression d’Abraham, comme le beatus possidens, le grand dispenseur. 

Malheureusement, l’étape suivante va ébranler sérieusement le narcissisme de la fillette, car ses illusions de voir "pousser " un organe masculin vont rester aussi chimériques que ses désirs de l’obtenir par elle-même ou de le recevoir en cadeau. Cette déception va déclencher chez elle un vif et durable ressentiment à l’égard de son père.

L’étape suivante va voir la petite fille se consoler de l’espérance d’avoir de son père l’enfant cadeau, en échange de l’organe qui ne lui a pas été accordé. On assiste donc à une réconciliation avec la réalité, puisque le désir d’enfant est réalisable, même s’il faut pour cela accepter qu’il soit retardé, et concrétisé avec son futur partenaire.

Pour résumer, on peut dire qu’il y a trois orientations du développement qui peuvent découler du complexe de castration :

Question : Comment peut-on expliquer que le mot "féministe " soit si péjorativement chargé ? On constate cela même chez les militantes féministes les plus acharnées !

Réponse : Quand la petite fille fait l'expérience de sa propre déficience, à la vue de l'organe masculin, ce n'est pas sans révolte. Au début, elle comprend cela comme un malheur individuel et ce n'est que plus tard qu'elle développe cela à d'autres enfants individuellement, puis enfin à d'autres adultes individuellement.

Ce n’est que lorsqu’elle a l'idée de la généralité de ce caractère négatif, qu’elle va dévaloriser grandement sa mère et également toutes les femmes. Certaines femmes, aiment à faire état de leur virilité dans leur tenue vestimentaire, leur coiffure, leur façon de se présenter, etc.

Elles ne renient pas consciemment leur féminité, elles ont au contraire l'habitude de proclamer que leurs intérêts ainsi cultivés n'ont rien de typiquement masculins, mais sont tout aussi bien féminins. Le désir refoulé d'être un homme se rencontre ici sous une forme sublimée.

Question : Beaucoup de femmes ont une certaine aversion pour la condition féminine et pour l’expliquer elles reprennent certains arguments tels que : la fille est défavorisée par rapport au garçon, on accorde à celui-ci plus de liberté ; l'homme a le droit de faire des choix dans sa vie sexuelle en particulier.

Réponse : Ces arguments conscients naissent d'une rationalisation, qui cherche à voiler des motivations plus profondes. Beaucoup de femmes refoulent le désir d'être un homme ; ce désir se rencontre en particulier dans les rêves et les symptômes névrotiques.

L’estime en laquelle l'enfant tient son propre corps est liée à son narcissisme. La fillette forgera inconsciemment la théorie : "J'avais autrefois un pénis comme les garçons, mais on me l'a pris. " Pour la fillette cette perte est une blessure secondaire qui résulterait d'une castration.

Les analyses montrent qu'un grand nombre de femmes n'ont pas surmonté ce désavantage. Cela va engendrer des symptômes névrotiques et des images oniriques, qui témoignent de la lutte du matériel refoulé avec la censure.

Question : Donc certains symptômes sont l’expression de l'idée d'un préjudice. Est-ce que cela n’engendre pas l’envie de se venger de l’homme ?

Réponse : Le complexe de castration peut provoquer des impulsions ou des fantasmes de castration actifs ou passifs de l'homme. Au stade narcissique, si l’enfant s’aperçoit qu’un autre possède un avantage sur lui, il aura deux réactions : un sentiment d'hostilité pour le privilégié et un désir de prendre cet objet.

L'intrication de ces deux réactions se déclare par l'envie, expression de la phase sadique-anale de la libido. Karl Abraham cite des cas où des femmes, après la défloration, eurent une explosion affective et frappèrent ou cherchèrent à étrangler leur mari.

Il cite le cas d’une de ses patientes qui s'endormit aux côtés de son mari après leur nuit de noces. Au sortir du sommeil, elle se livra sur lui à des voies de fait, et ne retrouva que graduellement ses esprits.

Par un tel comportement, la femme se venge de ce qu’elle considère comme une atteinte portée à son intégrité corporelle.

La psychanalyse permet de distinguer un élément historique dans la motivation de ces pulsions de vengeance. Les représailles se rapportent, pour leur cause récente, à la défloration ; car cette expérience apporte à la femme une image incontestable de l'activité de l'homme, et met fin à toutes ses tentatives d'annuler les différences fonctionnelles entre la sexualité masculine et féminine.

La "vengeance " renvoie en dernier ressort à l’injustice subie de la part du père. L'inconscient de la fille devenue adulte prend tardivement sa revanche du père qui a omis de lui accorder un pénis ; pourtant ces représailles ne s'appliquent pas à la personne du père, mais à l'homme qui, en raison d'un transfert de la libido, tient le rôle de celui-ci.

La revanche appropriée et adéquate au tort imaginairement subi - la castration - ne peut être que la castration. Il est vrai qu'elle peut être symboliquement remplacée par d'autres manifestations agressives. Parmi elles, la strangulation est une action substitutive typique.

Question : Comment peut-on éviter cela dans l’éducation de la fille ?

Réponse : Fréquemment, la réaction hostile et envieuse de l'enfant à toute possession surpassant la sienne s'atténue de manière simple. On lui donne la perspective de combler son aspiration dans un avenir proche ou lointain. On peut faire à la petite fille des promesses apaisantes touchant son corps.

A ses questions inquiètes, on peut répondre qu'elle deviendra aussi grande que sa mère. Mais on ne peut lui promettre qu'un organe masculin finira par lui pousser.

La petite fille applique spontanément la méthode qui a souvent porté ses fruits : pour un temps elle semble s'agripper à cette attente comme à une évidence, comme si l’idée d'un manque permanent lui était complètement étrangère.

Question : Comment peut-on comprendre le désir de maternité si puissant chez la plupart des femmes ?

Réponse : En érigeant son père en objet d'amour, la fillette aborde le stade de son développement libidinal marqué par la prédominance du complexe d’œdipe féminin.

Parallèlement, ses tendances maternelles peuvent se développer par identification à sa mère. Son espoir d'un enfant est donc destiné à dédommager la femme de son "défaut " physique.

L'identification à sa mère permet de remplacer dans un premier temps l'originelle "envie du pénis " de la fille par l'envie qu'elle porte à sa mère d'avoir des enfants.

Ces impulsions hostiles requièrent une sublimation, tout comme les aspirations libidinales orientées vers le père. Une période de latence va s'instaurer comme chez le garçon ; et de même, la puberté ranimera les désirs pour le premier objet d'amour.

Le désir d'un cadeau (enfant) doit alors se détacher de la personne du père, et la libido ainsi libérée se porter sur un nouvel objet.

Si le développement suit un cours favorable, la libido féminine adoptera une attitude d’attente à l'égard de l'homme.

La femme adulte normale se réconcilie avec son rôle sexuel, avec celui de l'homme, et surtout avec les données de la génitalité dans les deux sexes ; elle souhaite la satisfaction dans une situation passive, et réclame un enfant. Son complexe de castration n'engendre à ce moment-là aucune perturbation.

Question : Si la femme ne résout pas son  complexe de castration, quelles peuvent être les conséquences dans sa vie adulte ?

Réponse : La femme équilibrée se réconcilie avec sa position féminine, elle assume sa sexualité de façon harmonieuse, et va aspirer à la réalisation de son désir de maternité.

Par contre, selon Karl Abraham, souvent cet aboutissement normal du développement n’est pas atteint. L’idée primitive de blessure est ravivée par l’impression due aux premières règles et à leur répétition, puis une nouvelle fois par la défloration ; ces deux processus liés à une perte de sang sont ainsi ressentis comme une blessure.

Comme la plupart du temps, cette blessure reste incicatrisée, au niveau de l’inconscient, on va assister à des comportements soit de révolte anti masculine, soit de soumission excessive.

Question : Souvent, les femmes choisissent leur mari selon l’image de leur père. N’est ce pas une fixation au complexe d’Œdipe ?

Réponse : Dans la phase du complexe d’Œdipe, l’enfant est attaché au parent du sexe opposé tandis qu’avec le parent du même sexe, il est hostile. La fillette n’atteint l’Œdipe que lorsqu’elle aura surmonté une période antérieure dominée par l’attachement à sa mère. Son amour pour son père succédera à un lien très fort à sa mère.

La relation de la fillette avec sa mère, en cette phase, est ambivalente. Tantôt elle aime sa mère, tantôt elle la déteste. Si elle reste fixée à ce stade, elle ne parviendra pas à se tourner véritablement vers l’homme.

Adulte, elle donnera à son mari la place du père et répétera sur lui sa relation avec sa mère. Que cette relation soit positive ou négative, le mari héritera de la relation à la mère.

Dans ce cas, la projection peut ne pas être la conséquence du complexe d’Œdipe, mais celle de la phase précédente.

Question : Il y a une auditrice qui se plaint d’énurésie nocturne. Malgré toutes les consultations chez les médecins et les psychologues, aucune solution n’a été satisfaisante. Que pourrait-on lui répondre ?

Réponse : Nous connaissons la tentative des petites filles d'adopter la position masculine dans la miction. Leur narcissisme ne peut tolérer l'incapacité à faire ce qu'un autre fait, aussi s'efforcent-elles de se donner au moins l'apparence de pouvoir agir comme les garçons, sans être gênées par leur conformation physique.

L'énurésie nocturne chez les femmes est un symptôme qui doit l'une de ses motivations capitales au complexe de castration. L'énurésie chez la femme tient fréquemment au fantasme d'uriner debout à la manière masculine.

Dans " Quelques Types de caractères dégagés par la psychanalyse ", Freud écrit : " Comme nous l'apprend notre travail psychanalytique, toutes les femmes ont l'impression d'avoir été blessées lorsqu'elles étaient petites, et d'avoir été amputées, privées d'une partie de leur corps, bien qu’elles n'aient commis aucune faute. L'amertume que la plupart des filles ressentent envers leur mère provient de ce qu’elles lui reprochent de les avoir fait naître femmes plutôt qu'hommes. "

Question : Nous avons reçu une lettre d’une jeune femme, nouvellement mariée qui se plaint de souffrir de ce que son médecin appelle " le vaginisme ". Elle dit : " Malgré tous les traitements médicaux, je ne peux avoir aucune relation sexuelle avec mon mari, tout rapport est un supplice et cela depuis sept mois." Pouvez-vous lui expliquer l’origine de cette affection? 

Réponse : Chez beaucoup de femmes, comme nous l’avons vu à propos du complexe de castration, la croyance en un préjudice subi, engendre le désir inconscient de revanche à l’égard des hommes.

Selon Karl Abraham, le vaginisme est un symptôme névrotique qui fait partie des tendances anti-masculines. Il serait inconsciemment utilisé par la femme pour satisfaire ses désirs refoulés de castration de l’homme.

Le but du vaginisme n’est pas uniquement d’empêcher la réalisation de l’acte sexuel, mais comporte aussi le fantasme de dépossession de l’homme de son organe, avec pour objectif inconscient de se l’approprier. 

L’équivalent du vaginisme, chez l’homme, est l’éjaculation précoce, dont le but inconscient serait de priver la femme du plaisir sexuel.

Question : Les femmes qui n’ont pas surmonté leur complexe de castration peuvent-elles influencer d’une manière ou d’une autre l’éducation de leurs enfants?

Réponse : Le danger est que ces femmes communiquent ce complexe à leurs enfants. Elles risquent d’influencer l’évolution sexuelle de leur fille, soit en discréditant la féminité, soit en manifestant leur rejet de l’homme.

Elles peuvent exercer aussi une action négative sur leur fils, dans la mesure où, en montrant une attitude de refus si catégorique du sexe masculin, elles blessent, sans le savoir, le narcissisme de leurs garçons.

Question : Est-ce que cette attitude de la mère ne risque pas de porter préjudice plus tard à l’enfant?

Réponse : Cela dépend des cas. On peut dire non, si la mère reconnaît l’autorité du père. Si, en respectant la parole du père, elle reconnaît à celui-ci la fonction de faire régner la Loi, l’enfant peut accepter sa castration et comprendre la position qu’il est appelé à occuper plus tard dans la société.

Par contre, les risques pour l’enfant peuvent être incalculables, en cas de forclusion de la métaphore paternelle.

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