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Messaoud Haïne

Psychanalyste

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Nom de code : Manhattan


Au lecteur

(Charles Baudelaire)

La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent!
Aux objets répugnants nous trouvons des appas;
Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisé d'une antique catin,
Nous volons au passage un plaisir clandestin
Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes,
Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,
Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons,
Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
N'ont pas encore brodé de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins
C'est que notre âme, hélas! n'est pas assez hardie.

Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices,

Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!
Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde;

C'est l'Ennui!- l'œil chargé d'un pleur involontaire,
Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
- Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère!


Nouveaux symptômes pour la psychanalyse

Messaoud Haïne

Par un beau matin d’août 1945, sur la paisible ville d’Hiroshima, le B29 Enola Gay vient de larguer - en grandeur nature pourrait-on dire - la première bombe atomique de l’Histoire... Finis les chants d’oiseaux... Plus rien ne sera comme avant!

Il y a eu tant de morts sur ce morceau d’espace qu’on aurait pu croire qu’on expédiait en enfer toute la race des humains. Aucun aveu n’effacera jamais le crime.

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"Le sang gris coulait partout dans le monde - encore

entier.

Les arbres se hissaient dans la fenêtre - hiéroglyphes carbonisés.

Inutile de les déchiffrer. Les mots ne sont plus rien... "

Quel étonnement pour nous de faire présence encore sur cette terre fatiguée meurtrie de toutes parts.

Elle a cet air abandonné par la tristesse et la solitude de ceux qui y restent. Pas un bruit, si ce n’est la fureur mélancolique accompagnant les voeux nés des désoeuvrances.

Psychanalystes ! Préférons-nous parler du temps qu’il fait, pour ne pas voir le temps qui passe, ou regarder passer les batailles en haussant les épaules? Sommes-nous les lecteurs assidus des faits divers, dénonciateurs sartriens, choeur des pleureuses de la civilisation?

Ou alors, sommes-nous contraints de nous accommoder, de cette place du mort, à n’être que les témoins silencieux et impuissants de la décadence irrésistible vers une marche supplémentaire, dans l’échelle d’un délabrement planétaire entamé depuis toujours?

Si c’est vrai, c’est que nous avons abandonné le Ciel aux tempêtes de la division et du déchirement des chefs. La tricherie devenue loi alimente le défi de renoncer aux paris.

Pourtant tout est à dire de ce vécu pourrissant à force d’espoir déçu et de lettres sans destinataire.

Les journaux sont toujours des cimetières aussi quotidiens où la vie continue avec ou sans nous. Les jette-t-on chaque soir, pour que l’égout les charrie dans l’oubli?

Ghandi a déclaré: "La vérité est toujours la vérité, même si elle est dite par un seul homme! " On serait tenté de préciser surtout si elle est dite par un seul homme.

Et Lacan d’inaugurer son séminaire Télévision, par cet énoncé "Je dis toujours la vérité : pas toute, parce que toute la dire, on n’y arrive pas. La dire toute, c’est impossible, matériellement : les mots y manquent. C’est même par cet impossible que la vérité tient au réel. "

Pourtant, la vérité dit forcément "Je mens " car le mensonge est la seule manière de révéler la vérité d’un monde où l’inadaptation est la règle. Elle libère ou piège en donnant un but à tout, sauf à elle-même.

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Depuis des décennies, les Européens continuent à saccager allègrement des millions de tonnes de produits agricoles, appelés pudiquement surplus.

Et pendant ce temps, une Roumaine âgée de 83 ans détient le record mondial, avec une retraite de 0,0006 dollar par mois. A ce prix là, elle s’achètera sa première baguette de pain à 103 ans! Ce seront certainement les héritiers de ses héritiers qui en profiteront.

Et pendant ce temps, cent vingt-cinq enfants, de moins de dix ans, mourant de faim, sont découverts dans une forêt de Sierra Leone. Certains, les mains coupées, utilisent les herbes pour soigner leurs blessures infectées.

Et pendant ce temps, des cadavres de bébés, remplis de stupéfiants, servent de valises pour les narco-trafiquants.

Et pendant ce temps, en Arabie Saoudite, des Corans farcis de drogue, sont parfois saisis, et souvent... non.

Et pendant ce temps, dans un quartier misérable du Caire, les rats dévorent vivant un nouveau-né, abandonné par sa mère dans une poubelle.

Pendant ce temps .... Bras exténués qui se baissent, corps bouleversés, longue patience, désolation.. la liste en devient une litanie!

Mal d’amour, maux de toutes sortes! Lièvre traqué, se réfugiant dans un faux terrier, automate de l’illusion de vivre son ombilic en paix, l’homme s’habitue à ne plus rien entendre. Il ne peut vaincre cette lassitude à n’attendre plus rien de sa vie et mourra probablement sans connaître les raisons des berceaux et des tombes.

Les saints ont froid et les invalides montent la garde sur cette terre où chacun ment. Tout ce au nom de quoi les horreurs sont commises, basculera un jour dans l’univers des signes, entraîné dans les siècles, et seuls les morts face à face seront au rendez-vous.

Mais, l’homme préfère rivaliser avec l’Autre imaginaire qui le dépossède de sa jouissance, plutôt que d’affronter le vide mortel de son désir. A l’heure où le cynisme est roi à face grimaçante, ceux qui ont le privilège d’informer, de s’exprimer et de créer gèrent le monde comme un show. Les images de violence et de misère alimentent le fantasme de l’autre qui fait peur et qu’il faut éviter pour la sauvegarde de la Société.

Eaux usées se déversant à ciel ouvert, enfants malades, rues surpeuplées, souks désorganisés... Les images-spectacles de l'univers occidental rapprochent le tiers-monde du monde fictif des riches, tout en l’éloignant de son monde réel. Ces images nous apprennent chaque jour que les Mexicains sont des trafiquants de drogue, les Algériens des terroristes, les Hindous des adorateurs de vaches, les Egyptiens des habitants de cimetières et les Chinois des opprimés (...) Que le désir de l’homme soit le désir-du-désir  de l’autre signifie que chez l’homme le désir est perçu d’abord dans l’autre, mais sous la forme la plus évanescente.

Si tout le monde sait que la castration est au coeur même du raciste, l’homme connaît-il les démons qui l’emprisonnent? Le poète dirait "D’où vient l’écarlat de la longue blessure que porte la peur au travers de son flanc?"

Livré à l’incertitude de son logis singulier, l’homme y est mis par les concordances de sa propre histoire et laisse couler les jours. L’Homme est une patrie pour l’homme, dit-on. Mais il est des lieux où l’apparence n’est que masque d’harmonie, et les métropoles toujours prêtes à attirer l’errance des naufragés en désespérance, se démasquent bien vite.

Et c’est loin d’être fini ... Même s’il sait qu’il va rencontrer refus et mépris, le sujet porte toujours en lui l’espoir de la richesse de l’altérité. Au-delà de toute raison, le désir aspire à l’espérance. L’homme part vers des pays en conquérant ou en flâneur, mais son rêve toujours se déroute.

Le poète dit : "Il faut une longue cuiller pour souper avec le diable." Les racistes, aux coeurs blindés à l’appel de ce qu’ils évitent, pantins trébuchant dans l’égarement, vont-ils passer le reste de leur vie à calculer la longueur de la cuiller, pour se rendre compte à la fin qu’il n’y a pas de souper? Et jusqu’où peut-on faire un bout de chemin avec le diable?

Si pour Victor Hugo, le sang se lave avec les larmes, et non avec le sang, certains humains ne comprennent pas qu’on puisse les prendre pour nos semblables. Cela les vexe et ce n’est pas étonnant.

L’hystérique cherche le signifiant manquant qui ne peut le représenter. Comme l’hystérique, le raciste s’identifie au spectacle de son désir, en plaçant au rythme de la pulsation horizontale le trou de son ego dans le médium du tiers, par lequel il jouit.

Pour paraphraser Jacobsen, la vérité lui dit Cherche, chien que lu deviens à m’entendre. Entre en lice à mon appel, et hurle à ma voix.

Le rapport du désir humain au désir de l’autre, se rencontre plus particulièrement dans toute situation de concurrence. On le voit constamment à chaque étape de civilisation, dès qu’entre en jeu l’inqualifiable compétition du travail, dont la fin n’est ni pour demain, ni pour jamais. Pour Gérard Miller, tout sujet est confronté à cet insupportable statut de déchet par le biais de l’Autre. Indigne rejeton de l’abâtardissement narcissique du vingtième siècle, nébulosité indistincte prise dans le mouvement irrésistible vers l’inceste généralisé, le raciste déforme les immigrés en épouvantails aux formes tellement crapuleuses, qu’ils en ont peur eux-mêmes.

Tout visible qui se nécrose pousse vers le déni de ce que j’ai peur de voir dans un miroir où tout reflet va me démentir. Comment, dans ces conditions, une image pourrait-elle jamais se confondre avec l’assomption du désir? Bien au contraire, elle n’en sera que pure méconnaissance, déni et désaveu.

La vérité est à entendre sur fond de menace qui touche à l’incertitude du lien social. Derrière la résistance à la reconnaissance du désir, se trouve ce mal imaginaire de la violence. Dès la question préliminaire, il nous est permis de comprendre la valeur de l’appel au père qui permet d’éviter le dégoût de soi-même.

Il n’y a de fait que d’être dit, affirmait Lacan. Les racistes ont une fâcheuse tendance à être les sujets qui se nomment ... se renomment, sans avoir rien à dire, ensemencés de ce qu’ils sont. Ils se présentent comme ces hommes pensant avec un cerveau en location, comédiens de l’Histoire, rejouant sans cesse ce qui fut vécu. Mais à ressasser inlassablement les gloires du passé, on ne fait qu’offrir aux peuples une hallucination collective destinée à tromper le parlêtre sur lui-même, en le faisant jouir d’un fantasme qui pérennise la domination des gouvernants et justifie à posteriori la violence et la tyrannie.

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L’expérience de la mort de l’autre les laisse en manque des grandes causes du passé et souvent la mémoire ne préserve les douleurs que pour s’en resservir, même si ce n’est pas l’oubli qui enfante l’offrande du pardon.

La dénonciation permanente revient à vivre dans le calcul stérile et les faux-semblants, fruits de la routine, font de l’inutile une contrainte. Toute spéculation sur l’humanitaire ne peut plus être qu’un leurre, car plus je m’identifierai à une image plus je m’éviterai moi-même dans le rien-du-désir-de-l’autre.

La critique n’est plus de mise, car les hommes partout se ressemblent, et il ne sert à rien de frotter des allumettes mouillées. Et si malgré tout la vie a l’air si quotidienne, c’est parce qu’elle tourne à ne broyer que des mythes, car le désir voilé qui devine est plus aigu que celui qui sait.

Pendant ce temps, dans l’inconnu des choses en attente, la terre tourne avec son cirque d’inconnus et d’oiseaux migrateurs, trop préoccupée pour ne penser qu’à eux.

Et l’univers calme tourne sa course, peu importent les siècles. L’histoire millénaire témoignera assurément du même déroulement des errances. Partout dans le monde, fanatisme et extrémisme décident à coups de Kalashnikov de la question du sens à jamais perdu en propageant efficacement terreur et abomination à l’ensemble du globe.Quand on veut pointer le poignard de la conscience qui se lamente, la culpabilisation est la meilleure comédienne à jouer son théâtre pour confondre les belles âmes qui lui offrent la scène idéale.

L’imaginaire qui, chez Freud, était le lieu de la réalisation du désir, se transforme chez Lacan en lieu de son inaccomplissement.

Il y a déjà plus de trente ans que Lacan a pronostiqué les méfaits de cette crise moderne de l’identification. Sa réflexion l’a amené à une vision désabusée concernant la société occidentale, où est programmé l’effondrement de l'imago paternalis.

A la vue du sujet se façonnant par petites touches en tag, barbouillage sitôt effacé, sitôt ressuscité, signature trouble dans la fresque colorée de la planète indifférente, on se rend bien compte que l’humanitairerie de commande s’avère toujours aussi incapable de résister à la mathématique implacable du plus-de-jouir aveugle et de la plus-value économique.

Le monde entier semble pris dans l’effervescence soudaine d’un tourbillon irrésistible et l’on entend chaque matin à la radio l’oraison funèbre chantée aux bornes des sorts.

Allez à New-York, Los Angeles, Londres, allez au Japon ou dans les pays de l’Est, vous constaterez combien le trouble est généralisé. Les grandes métropoles, monastères de solitude, voient se croiser indéfiniment ces foules de fantômes poignants.

Freud dans Malaise dans la Civilisation rêvait que la prochaine exigence culturelle soit celle de la Justice, l’assurance que l’ordre légal désormais établi ne sera jamais violé au profit d’un seul. Mais il ajoute par ailleurs : Nous voyons grâce au télescope les astres, nous entendons la musique de New York; nous avons donné des prothèses admirables à nos sens étroits. Toutefois, pourquoi ne nous sentons-nous pas bien et souffrons tant de malaises, et plus même que nos ancêtres? "

La vie elle-même est devenue un film de fiction, où acteurs et spectateurs applaudissent d’avance leur propre condamnation.

Dans la plupart des pays, la mondialisation, qui tend à effrayer ou influencer les décideurs, sert le plus souvent de prétexte à subjuguer les citoyens dans une uniformisation dont les conséquences les plus immédiates et visibles sont une résignation à la marginalisation et la discrimination croissantes de pans entiers de la société.

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Feux allumés par la main de l'Homme ... La fin du rêve américain ? (*)

Chacun veut se croire le maître chez soi, maître est bien entendu une illusion entretenue par tous les moyens. Elle sert à cacher le vrai Maître, ce grand Autre qui décide du sort et du cours de la vie de chacun.

Dans Le Dernier Empire, Paul-Marie de la Gorce parle de la fin de notre siècle, où est prédit l’établissement inéluctable de l’hégémonie exclusive des Etats-Unis. Considérant que l’ordre actuel est incontestablement américain, il répond à quelques questions concernant le futur : "y a-t-il quelque puissance rivale qui pourrait le remettre en cause ou n’y en a-t-il aucune? "

Les Américains ont toujours voulu occuper la place de Père symbolique mondial. Mais, princes ou empereurs, les chefs ne sont souverains et esclaves que d’eux-mêmes. Devant l’apparition de ce nouveau père planétaire, les analystes se demanderaient assurément comment ce nouveau un-père pourrait être appelé par le sujet justement à la seule place où i1 n’a jamais été. La forclusion ne conserve jamais ce qu’elle rejette, elle le raye ou le barre purement et simplement.

Pour Freud, l’individu dans ses rapports, "ne connaît jamais que l’influence d’une seule personne ou d’un très petit nombre de personnes, dont chacune a acquis pour lui une énorme significativité. "

Père et mère avancent côte à côte, et l’enfant entend l’écho de leur appel. En respectant la parole du père, la mère permet à l’enfant d’accepter la castration et de comprendre la place qu’il est destiné à occuper dans la famille, et plus tard dans la société.

Dans les formations de l’inconscient, Lacan dit: "Le père n’est présent que par sa loi qui est Parole, et ce n’est que dans la mesure où sa parole est reconnue par la mère qu’elle prend valeur de Loi."

Comme venues des profondeurs lointaines, les paroles de la mère dédaigneuse, déniant la fonction de Loi à la parole du père assujettissent l’enfant à l’abîme de la relation duelle.

" La conscience s’écrase sur son double sans distance à son égard. Il y a une opposition immédiate de la conscience à son autre où chaque terme passe l’un dans l’autre. "

Dans son identification narcissique à la mère, l’enfant perd tout accès à l’ordre symbolique qui le rive à l’imaginaire, sans distance par rapport aux choses de ce monde.

Car l’inconscient entend tout. Même lorsqu’on lui parle à mi-voix, il saisit le défaut de tout mot.

Lacan, dans son article sur les Fonctions de la psychanalyse en criminologie, pense que "les tensions criminelles incluses dans la situation familiale deviennent pathogènes dans les sociétés où cette situation même se désintègre". Pour Freud, "cette tendance à l’agression, que nous pouvons déceler en nous-mêmes et dont nous supposons à bon droit l’existence chez autrui, constitue le facteur principal de perturbation dans nos rapports avec notre prochain, c’est elle qui impose à la civilisation tant d’efforts. "

Dans cette civilisation du malaise, où la mondialisation semble ignorer la forclusion de la métaphore paternelle comme cause même du déclenchement des psychoses, il est indéniable que les états dépressifs vont aller se multipliant, à travers la planète. C’est le mensonge d’un système où non seulement la vie d’un homme, mais la vie de tous ne signifie absolument rien. Chaque jour voit grossir son lot de laissés-pour-compte de la course contre la montre à la compétitivité.

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La ville de Dresde (Allemagne) après les bombardements. Peu d'immeubles sont encore debout. Certaines sources avancent le chiffre de 250 000 morts en raison de la présence dans la ville de nombreux réfugiés.

En 1940, alors que les services secrets britanniques connaissaient parfaitement les intentions des Allemands de bombarder la ville de Coventry (Warwichshire dans les Midlands de l'Ouest), Churchill a préféré laisser ravager la ville - qui sera détruite à 95 % -  uniquement pour éviter que Hitler ne sache que les Anglais décryptaient déjà les codes allemands !

Pendant que continue la mimique de la surprise, l’exaspération des appétits recommence et s’insinue dans le tourbillon de la technique. Dans des calculs identiques depuis la nuit des temps, les vampires de la jouissance ne disparaissent pas : A Davos, en Suisse, les hommes les plus riches de la planète se sont inventés un petit réseau privé sur Internet, destiné à leur propre usage, pour se concerter en cas de crise aiguë. Ce système très hermétique, se soustrait même au contrôle des gouvernements.

G7...G8...., Dans le cortège utopique de la modernité, les vieux habits ne se démodent jamais sur celui qui veut y faire des retouches pour mieux duper son monde. Par peur de se taire, les gens prononcent les mêmes mots qui se fraient un chemin dans cette comique course du temps. C’est devenu un truisme que d’en référer en permanence au discours de la science et à la mondialisation du libéralisme sauvage.

Les pouvoirs dominants existent et toujours se maintiendront. Seulement leur stratégie a pris une allure plus raffinée, tapie sous des formes consensuelles. Tout le monde sait que c’est à la Bourse de Chicago que se décide la famine dans le monde, mais ce que le monde sait moins, ce sont les hormones qu’on injecte au bétail, les poisons qui érodent les sols qui n’en peuvent plus, les dos courbés des travailleurs saisonniers...qui eux aussi n’en peuvent plus !

Les morsures de l’injustice sont souvent dénoncées de mille façons, mais qui l’entend? Des millions de clandestins survivent dans les pays riches, des millions de miséreux! On veut qu’ils rentrent chez eux en silence, avec la soi-disant grâce et discrétion des invités.Est-ce seulement au plus semblable que devrait aller le secours?

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Larmes figées, paroles scellées par la recherche d’un gîte, rien ne parviendra à étancher la clameur du délaissement, dans ce monde fragile qui se contente d’être infirme aux prières. La tentation est grande pour les plus faibles de se réfugier dans l’extrémisme prôné par les prédicateurs du racisme, ou de chercher refuge dans la réfutation idéaliste.

A chaque jour qui se lève, l’ennui tombe et distille son brouillard.

Et, si la drogue a été exaltée, c’est qu’elle permet à ces promeneurs lassés de servitude d’oser croire au mirage d’un monde nouveau.

Ils partent pour faire durer l’oubli, s’adonnant à une alliance qui apprivoise l’abandon, avec au coeur la peur de l’anéantissement. A leurs angoisses qui les pétrifient, ils opposent les sensations colorées des paradis artificiels.

C’est ainsi que Beaudelaire écrivait, dans les Fleurs du Mal :

" L ‘opium agrandit ce qui n ‘a pas de bornes,

Allonge l’illimité,

Approfondit le temps, creuse la volupté,

Et de plaisirs noirs et mornes

Remplit l’âme au-delà de sa capacité. "

Le trafic est devenu planétaire. La demande accrue des pays industrialisés stimule les cartels, et des centres de production essaiment partout dans le monde. Le parlêtre rencontre sa solitude et sa division. Quand il renonce, vous le voyez vivre dans l’oubli, oubliant même qu’il s’oublie. Le besoin de combler le vide intérieur est lié au désir d’émanciper des vies d’existants non classés.

La croyance en un "paradis originel" s’explique par le fantasme de retour-au-sein-maternel. Dans sa quête permanente, l’humain veut savourer quelque chose de sublime, dans un ailleurs imaginaire.

La structure même du sujet comporte une béance jamais satisfaite, une faille jamais comblée. Fracture de la castration symbolique, propre à l’humain, source même du désir! Le sujet crée en permanence un frayage à son désir.

Des enfants sont utilisés à des fins de prostitution. Ils deviennent des loques humaines, jouets de la société perverse. Sur le pré sans témoin, et sans voix, ils sont les passagers des hasards sans loi. Leurs larmes muettes se mêlent aux concerts qui se dansent. On pleure un malheur, mais la chercheuse vérité ouvrira un jour la bouche.

Le problème du sujet, dans le discours contemporain, est de sortir de la pétrification universelle, où les sourires sont figés et les rires muets.

Si, comme Oedipe, l’histoire est aveugle, que l’on invente un nouveau braille qui arrache les mémoires au gel de l’oubli.

Le monde s’est toujours illustré par la compétition et la concurrence, mais aujourd’hui il se révèle par le retrait des grands ordres traditionnels, retrait marqué par l’abandon où s’égarent les questions chargées d’un discours de dérision, monde vivant dans le glissement inexorable vers la servitude collective.

Enfermé dans son univers chancelant, enveloppé dans sa fuite éperdue, répétant inlassablement les mêmes signes, le sujet n’est que langage clos, attente reniée, scories brûlées dans le désespoir envolé d’une vie immobile où parler devient renversant. Freud se demandait si le progrès de la civilisation saurait dominer les perturbations apportées à la vie en commun par les pulsions humaines d’agression et d’autodestruction.

Par la ruse et le mirage, les sectes réduisent à l'état de limaces rampantes le troupeau hypnotisé des pauvres âmes tremblantes. Les voix mielleuses des gourous s’insinuent comme un doux murmure dans l’esprit des adeptes, apaisant l’angoisse nauséeuse d’existences inutiles. Dévoilées, elles démasquent leur face hideuse, immolant leurs victimes dans l'ivresse d'un cirque à l'horreur inégalée.

Klossowski écrivait fort justement "Si la ruse de la raison, si dédaigneuse qu’elle fût de vous, restait ouverte à votre foi, je serais, moi, la vérité, contre vous la grande trompeuse, puisque ce n’est pas seulement par la fausseté que passent mes voies, mais par la nuée sans accès du rêve, par la fascination sans motif du médiocre et l’impasse séduisante de l’absurdité."

Avec la planétarisation-de-tout, on rencontre l'émergence d'un nouveau discours où la déprime n'a jamais été autant en vogue qu'en ce vingtième siècle n'en finissant pas de durer.

On peut même commander ses antidépresseurs via Internet. La question est de savoir ce que le phénomène doit à la mode. La foule croissante des déprimés en vient comme une hémorragie sans limite à défier les tableaux pauvres et fragiles, statistiques où ne se décryptent point les destinées.

Par son approche pseudo-universelle, la psychiatrie aux prétentions modernes, hypnotisée par sa pharmacopée, ne cesse de nous balancer à la figure un empirisme des plus archaïques, court-circuitant sans sourciller la dimension du sujet. Dans le halètement de son insatisfaction, l'homme est prompt à appeler au secours.

La science ne veut - si tant est qu'elle le puisse - tirer au clair la détresse silencieuse de l'homme adossé à l'arbitraire de son quotidien. Au désert infini des solitudes criantes, les professionnels du prozac et de la mélatonine, s'empressent d'offrir le bâillon chimique.

Freud est parti de la pratique clinique pour élaborer tout le socle théorique qui soutient sa découverte. Les catégories utilisées en psychanalyse ont été nommées par la psychiatrie du début du siècle. Mais la psychanalyse ne parle plus le jargon des psychiatres. Fille devenue à son tour mère de la mère, la psychanalyse se comporte à l'égard de la psychiatrie comme cet enfant parricide. On sait que quelle que soit la cruauté du père ou de la mère envers son enfant, ce dernier en exercera toujours une pire encore.

Tant qu'elle n'avait pas eu la médaille du meilleur disciple, la psychanalyse a porté pendant un siècle les décorations parentales. On voit l'effet que cela a produit avec la SAMCDA (Société d'Assistance Mutuelle Contre le Discours Analytique).

Freud et Lacan représentent toute la culture du passé et l'impatience du futur. Ils étaient sûrement les plus proches de nous par la sincérité. On n'en finirait pas de les comparer, et quelquefois de les opposer. Ils se battaient sur le mêmes fronts, contre le même ennemi : la bêtise humaine!

Avec l'introduction de la psychanalyse aux Etats-Unis, Freud croyait avoir triomphé et pensait, se frottant déjà les mains, avoir introduit la Peste en Amérique. l'Histoire témoignera de quelle manière, aux US (United Syptoms), la peste freudienne a préféré tôt se coucher dans le lit de la psychothérapie.

Lacan a bien souligné la naïveté de Freud : "il avait cru que la psychanalyse serait une révolution pour l'Amérique, et c'est l'Amérique qui avait dévoré sa doctrine en lui retirant son esprit de subversion. "

Mais Lacan lui-même, malgré sa célébrité en France, va s'apercevoir que les pays anglo-saxons vont ravaler son oeuvre à un simple épisode local de la pensée philosophique française. Pourtant, il est le créateur d'une nouvelle source où la parole se lave, cette parole qui fraie une issue aux méandres du désir. Il a réinventé un savoir qui montre et démonte le désir.

Pour Jean-Luc Nancy, "ce qui distingue Jacques Lacan, c'est de penser ou de poser la psychanalyse en termes de vérité et non d'abord d inconscient, ni de pulsion, ni même.. de langage. C'est-à-dire, selon la manifestation de la chose"

Si Lacan se décidait à revenir parmi nous aujourd'hui, quittant le royaume des ombres, où il n'y avait ni odeur ni son, de là-haut la planète lui paraîtrait si tendre et minuscule. Penché sur le passé, il reverrait les images vieillies qui apprivoisent l'inconnu du devenir. La réalité n'a pas changé avec son lot d'anonymes écrasés, empêtrés dans les rêts inextricables de leurs liens. Cet homme, devant qui on a dressé tant d'obstacles, faisant le tour des tombes amies, va peut-être se demander ce qu'il a gagné sur le damier de la vie, et si les hommes sur terre obéissent encore à Dieu, au divertissement, ou que c'est la même chose.

Qu'il se promène à son Ecole, et c'est non sans émotion qu'il écouterait un orchestre liturgique dans ce lieu jadis de rébellion, devenu orthodoxe, où son icône est sur le mur. Si vous vous demandez quelle musique il entend, ce sont les mots des messes qu'il avait composées et répétées si souvent lui-même, quand il interprétait le rôle de l'Innocent. Il contemplerait ses amis s'appliquant scrupuleusement à rendre vaine sa recommandation faites comme moi, ne m'imitez pas! Il est le mieux placé pour savoir que c'est le style qui juge et non l'auteur.

On peut faire une supposition probablement fausse: dans son enfance, Lacan était croyant. Par la suite, il a basculé d'une religion vers une autre. Et comme cela arrive très souvent, il a cru aux nouveaux idéaux, aux nouvelles idées avec plus de ferveur que quelqu'un qui n'a jamais cru en rien.

En jetant un pavé dans la mare ronronnante d'un freudisme neutre, il a rénové Freud, dans le sens d'un retour avéré à Freud.

Ils donne au sujet la faculté de refuser de se placer du côté du déchet, et de conquérir le droit, au moins, de croire qu'il est parfois son propre maître. Son indiscipline enracinée va lui coûter, en même temps d'ailleurs que cette chère Dolto, sa radiation par l'IPA.

Cela va le légitimer dans sa critique permanente des valeurs périmées des membres de la SAMCDA, partisans de la soi-disant légalité psychanalytique. A l'en croire, ce comité de bureaucrates indétrônables ne sait faire que des réunions, comme ces fonctionnaires qui à force d'être assis ont des trous dans les pantalons. Mais nous savons bien que durer est un infinitif si proche de l'illusoire.

Mais, comme dirait Brassens, foin des délices de cachou!

Ne cédons pas à la mode contagieuse de l'homme abattu, compassion toujours prête à se dévouer. Quand Lacan situe la tristesse comme une lâcheté morale, il coupe court avec le discours courant, car il sait bien que le propre du saint est de dé-chariter, et l'analyste selon lui n'a pas à se coltiner la misère du monde. Il dit d'ailleurs : "plus on est de saints, plus on rit ".

La mission des analystes est d'ouvrir et prospecter des champs de force, pour que partout puisse se soutenir le désir de liberté du sujet face à la maladie qui le bâillonne.

Ce qui est dit et déplaît peut redresser les mémoires courbées.

Témoin avisé, l'analyste en offrant son écoute aux dires du sujet, va créer chez ce dernier un remaniement, où les paroles vont faire écho à la trame inlassable des aperçus que le répertoire de la vie a détournés.

Ce qui se dit dans un silence sécateur fait ce qui change.

L'analyste reste celui qui ne cherche pas, mais trouve par haute fidélité à ce qui ne se dit pas. Sa patience ne se lasse pas de l'écho de son attente. Il écoute le secret des mots qui ricochent sur le silence. Il fait parler le symptôme à travers le langage, seule voie permettant l'accès au sujet de l'inconscient.

L’inconscient, trésor des signifiants qui ne paraissent pas, lieu où tout ce qui ne fut se réclame comme une dette qui ne s'efface pas, a mille mots pour chaque image.

Tout sujet est pris dans le réseau du langage, et n'est accessible que par le signifiant, par ce qui se dit, mais ce qui se dit n'est pas le sujet réel, car le réel du sujet est inaccessible, et resurgit sur le mode de la jouissance.

Pendant la cure, dans les balbutiements des discontinuités de son discours, le sujet s'emparant de ses fables, comme un linge essoré, esquisse d'une esquive, pris sur le fait, croyant un instant à l’incertitude de sa voix et aux mots qui le déconcertent, ne soutient l'anxiété de son récit que grâce au transfert.

L'espoir soutient le parlêtre qui s'entend dire des mots d'autrefois qui l'ont retranché dans le simulacre, où l'enfant inavoué ne survivait que par permission fictive. A force de croire à autre-chose, je sais plus si c'est moi qui l'ai voulu ou quelqu'un d'autre qui m'a choisi pour cible.

Moi, qui attends je ne sais quoi, qui suis en alerte de rien, je me refuse à traverser le miroir. Avec l'analyse, le savoir vient à la place de la vérité. Le sujet entre dans le savoir où les noms comblent le vide de sa trame, il affronte désormais les peurs qui le rongeaient et n'a plus à fuir les absences et les séparations. Les mots vont recouvrer les significations des figures consumées. Par le passage du manque-à-être à l’être-rencontré, toute haine vient à tomber au réveil, en pansant les blessures du passé.

Lacan, Dolto, on espère aujourd'hui que c'en est fini de votre mise à l'index. A deux ambigus, vous regardiez la même chose qui n'existe pas et comme à votre accoutumée, vous ne pouvez vous empêcher de laisser ici et là vos signes.

Derrière votre idéal, il y avait le sentiment d'un certain bonheur pour l'humanité qui ne serait ni pour aujourd'hui, ni pour demain. Mais vous étiez loin de prendre la vie au tragique. Vous saviez comment communiquer l'enthousiasme qui vous habite, et comment vivre recommence.

Freud nous a bien aidé à remettre en cause l’optimisme béat hérité du Siècle des Lumières, en mettant en évidence combien le parlêtre ne se connaît pas, et se laisse berner par ses capacités illimitées d’illusion sur lui-même.

Quand Lacan dit : " J’estime qu’il m’est permis d’avancer ici d’un socle de charrue un peu rude pour bien exprimer ma pensée... Je déchois à faire comme si j’en avais eu une, alors que, précisément, ce n’est pas de cela qu’il s’agit, mais, comme chacun sait, c’est la pensée qui se communique, par le malentendu, bien entendu... ", il ne fait que nous dire que nous ne savons pas jusqu'à quel point chacun de nous est d’abord déterminé comme simple objet a.

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Nagasaki fume encore !

Ce qui émerge c’est la propre perte du sujet, puisque l’Autre n’est pas consistant !

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(*) La fin du rêve américain ?

C'était un rêve, utopique. Il s'est brisé dans le sang et la terreur lorsque les Etats-Unis, mardi 11 septembre 2001, ont été victimes d'une gigantesque opération terroriste. Un acte de guerre qui traumatise l'Amérique; un festival de barbarie. Le rêve était celui de George W. Bush. Il entendait protéger les Etats-Unis de la scène internationale; les voir moins exposés parce que moins impliqués dans le règlement des conflits en cours. Il ignorait la guerre israélo-palestinienne; enfin, il jurait de sanctuariser le territoire national en le plaçant à l'abri d'un bouclier antimissile. Le réveil est terrible.

La réalité du monde volatil de l'après-guerre froide, celle d'une scène internationale où il n'y a plus de règles et où les Etats ne sont plus les seuls acteurs, cette réalité-là l'a rattrapé avec la violence d'une agression comme les Etats-Unis en avaient rarement subi depuis l'attaque japonaise de Pearl Harbour, en 1941. C'est un nouveau monde qui s'annonce, dans lequel l'hyperpuissance vient d'afficher sa vulnérabilité à l'hyperterrorisme.

Le défi est infiniment supérieur à celui que dut relever George Bush père, lorsqu'il décida, en 1991, de chasser les troupes irakiennes du Koweït. L'épreuve survient alors que les grandes lignes de la politique étrangère et de défense du nouveau président sont encore floues et les équipes qui en ont la charge occupées à de surréalistes batailles bureaucratiques.

Le détournement d'avions de ligne par des pirates de l'air qui les ont dirigés vers les symboles de la puissance économique américaine à New York – les tours jumelles du World Trade Center – puis vers le cœur de leur puissance militaire en Virginie, près de Washington – le Pentagone –, a fait des milliers de morts. Dans le drame, les Américains vont se rassembler derrière leur président.

Mais, passé le deuil, viendra le temps des questions. Elles porteront sur la pertinence des choix de M. Bush. Elles viseront son obstination à ne poursuivre qu'un seul objectif stratégique : doter les Etats-Unis d'un système de défense antimissile. Nombreux étaient les experts et responsables politiques qui l'avaient mis en garde : la véritable menace n'était pas celle d'un improbable Etat voyou lançant un missile sur le territoire des Etats-Unis, mais bien celle d'une agression terroriste. Les questions concerneront la politique républicaine au Proche-Orient, même si les attentats de mardi ont sans doute été préparés bien avant l'arrivée de M. Bush à la Maison Blanche. Elles mettront en relief la haine que suscite l'Amérique dans une bonne partie du monde arabo-musulman. Elles souligneront le défi que lancent les terroristes en général et la nécessité d'une lutte commune.

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