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" Si la psychanalyse est un remède contre l’ignorance, elle est sans effet sur la connerie "

(Jacques Lacan)

 On savait déjà combien l’image du psy en France était entachée des préjugés les plus négatifs et la grande diversité d’idées préconçues sur la psychanalyse dont se gaussent " ceux qui disent pouvoir s’en passer " ! Et, heureusement, tout le monde n’en a pas forcément besoin. N’empêche, on est toujours choqué d’entendre tourner en dérision ou railler avec une espèce de commisération condescendante " celui qui consulte ".

 Ce ne sont pas les réparties qui manquent à l’encontre de ces esprits étriqués. Je me souviens d’une grande écrivain, en thérapie depuis des années, qui avait cloué le bec de son interlocuteur en répondant à ses injures à peine voilées sur le sujet : " La psychanalyse, c’est le meilleur des placements que j’aie fait dans ma vie ! ".

On pourrait aussi citer Lacan lui-même : " La psychanalyse est un remède contre l’ignorance, elle est sans effet sur la connerie ! ". Sans parler de Woody Allen…

 Tout de même, pourquoi tant de haine à l’encontre des psys ? Car, au fond, qu’est-ce que ces hommes et femmes cherchent à faire la plupart du temps, sinon mettre un peu de baume au cœur des personnes que des individus tyranniques ont meurtri.  

Où est le crime sinon du côté du tyran ? Et puis, comment expliquer pareil mépris à l’égard de celui qui est en psychothérapie ou en analyse.  

Jamais un mot déplacé pour un individu qui va chez son kiné mais quel vacarme contre l’innocent (comprenez le faible d’esprit) qui va consulter un psy !

Celui qui " consulte " n’a pas ouvert la bouche que le voilà déjà affublé des qualificatifs les plus flatteurs : s’il n’est pas " un peu fêlé, carrément cinglé ", " il a un grain " ou " il est pas net ". Et quand on n’affirme pas de façon péremptoire "qu’il lui manque une case ", on le dit " mal baisé ".

 " Beaucoup de bruit pour rien", diraient nos voisins Anglo-Saxons.

 Avouons que toutes ces réactions à une médecine que je qualifierai de douce sont quelque peu démesurées. Face à un tel délire collectif, il est tentant d’affirmer que voilà un sujet qui s’avère décidément bien dérangeant pour le Français moyen.  

Notre patient, ne risque-t-il pas, avec la complicité de son psy, d’aller fouiner dans nos vies et nos travers et dénoncer ce qui ne va pas chez nous. Et si le patient émergeait de sa cure LI-BE-RE, contestataire ou subversif.

 S’il venait à remettre en cause l’ordre établi ? Vous savez, celui auquel " notre Français moyen " se cramponne par trouille de sortir de sa routine et de sa petite vie toute tracée.  

Mais non, par principe, le patient n’est qu’un pauvre type ou une misérable femme victime d’un charlatan.

 Et jamais, au grand jamais, mon Français moyen n’a envisagé que la psychanalyse pouvait se vivre comme un épanouissement personnel, voire une quête spirituelle et intellectuelle.  

D’ailleurs, jamais il n’a pas imaginé non plus qu’être libéré de ses phobies pouvait vous ouvrir l’esprit sur le monde, peut-être même vous rendre extraordinairement curieux, vif, intelligent et intrépide. 

Vous croyez que celui qui consulte a une case en moins, eh bien, moi je prétends qu’il a peut-être bien une case en plus ! 

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