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Le complexe de castration : une portée universelle

Ici on pourrait, même du côté psychanalytique, nous opposer une objection à laquelle il nous sera cependant facile de répondre. En présence de l'angoisse qu'inspire l'idée de castration, on peut notamment mettre en doute le caractère général de l'observation d'après laquelle toute angoisse correspondrait à l'angoisse de la naissance, tandis que tout plaisir tendrait au rétablissement du plaisir primitif, intra-utérin.

Mais je trouve tout naturel que l'angoisse infantile primitive se soit, au cours du développement, concentrée d'une façon toute particulière sur les organes génitaux, en raison d'une vague intuition (ou d'un vague souvenir) des rapports biologiques qu'ils présentent avec la naissance. Et je trouve non moins naturel que les organes génitaux de la femme, auxquels se rattache si étroitement le traumatisme de la naissance, redeviennent le principal objet du sentiment d'angoisse dont ils ont été la source.

C'est ainsi que l'angoisse de castration repose, comme l'avait déjà pensé Stärcke, sur un sentiment analogue, beaucoup plus primitif, puisqu'il remonte à la naissance et correspond à la séparation qui s'est opérée alors entre la mère et l'enfant et qui est conçue, elle aussi, coin me une « castration ».

Or je ne trouve pas tout à fait opportun de parler de « castration » lorsque le seul rapport qui existe entre l'angoisse et les organes génitaux est celui représenté par le fait de la naissance, c'est-à-dire de la séparation entre l'enfant et la mère, à travers les organes génitaux de celle-ci.

Cette conception reçoit un grand appui heuristique du fait qu'elle nous permet d'expliquer sans détours l'énigme de l'ubiquité du « complexe de castration », en le ramenant à un acte d'une généralité aussi incontestable que l'acte de la naissance, ce qui est de nature à nous faciliter la compréhension d'autres « phantasmes primitifs » de la plus grande importance.

Grâce à cette conception encore, nous comprenons mieux pourquoi la « menace de castration » exerce sur l'enfant une action aussi profonde et durable, et pourquoi l'angoisse infantile et le « sentiment de culpabilité », qui en découle et qui remonte au moment même de la naissance, résistent à tous les efforts éducatifs et aux procédés analytiques ordinaires.

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