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Des désirs sadiques chez les enfants

Je mentionnerai le cas d’une petite fille. La rivalité avec la mère, le désir de prendre la place de celle-ci dans l’amour du père, engendre également les fantasmes sadiques les plus divers. Dans le cas qui nous occupe, le désir de détruire la beauté de la mère, de mutiler son visage et son corps, de s’approprier celui-ci - fantasme très primitif de mordre, de couper et ainsi de suite - ce désir éveillait un intense sentiment de culpabilité, qui renforçait la fixation à la mère.

A cet âge, entre deux et cinq ans, nous voyons souvent les petites filles manifester beaucoup d’affection à leur mère, mais cet attachement se fonde en partie sur l’angoisse et sur le sentiment de culpabilité, et pousse l’enfant à s’éloigner de son père. Ainsi, cette situation psychique compliquée se complique encore: en se défendant contre des tendances que son Surmoi condamne, l’enfant fait appel à ses tendances homosexuelles et les renforce; c’est ce que nous appelons le complexe d’œdipe « inversé ».

Cette situation se manifeste par une très forte fixation, chez la petite fille, à sa mère, chez le petit garçon, à son père. Un pas de plus, et nous voilà à l’étape où cette relation à son tour devient inopérante, et l’enfant se détourne des deux parents à la fois. Là se trouve certainement le fondement d’une personnalité asociale, car la relation au père et à la mère détermine toutes les relations ultérieures. Il est une autre relation qui joue un rôle fondamental : c’est la relation aux frères et aux sœurs; les analyses prouvent toutes que les enfants souffrent d’une grande jalousie à l’égard de leurs frères et sœurs plus jeunes ou plus âgés.

Un petit enfant qui, apparemment, ne sait rien sur la naissance, a une connaissance inconsciente très précise du fait que les enfants poussent dans le sein de leur mère. La jalousie éveille une haine violente contre l’enfant dans le sein maternel, et suscite le désir - fantasme habituel chez un enfant pendant une nouvelle grossesse de sa mère - de mutiler le ventre de celle-ci et de défigurer l’enfant qui s’y trouve en le mordant et en le coupant.

L’enfant nouveau-né éveille lui aussi les désirs sadiques d’un frère ou d’une sœur. Ces désirs s’attaquent également aux frères et sœurs plus âgés, car l’enfant se sent dédaigné par rapport aux enfants plus âgés, même quand ce n’est pas effectivement le cas. D’autre part, cette haine et cette jalousie donnent à l’enfant un fort sentiment de culpabilité, qui peut avoir une action définitive sur ses rapports avec ses frères et sœurs.

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