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La base de toutes les perversions

Les théories sexuelles constituent la base d’une série de fixations extrêmement primitives et sadiques. Nous savons par Freud que l’enfant reçoit, apparemment de façon phylogénétique, un certain savoir inconscient. La connaissance des rapports sexuels des parents, de la naissance des enfants, etc., fait partie de ce savoir; mais elle est d’une nature assez vague et confuse. Selon la nature du stade, sadique-oral ou sadique-anal, que l’enfant traverse, le coït en vient à signifier pour lui un acte consistant essentiellement à manger, faire cuire, échanger les fèces et exécuter toutes sortes d’actes sadiques (battre, couper, etc.).

Je voudrais mettre l’accent sur l’importance que prendra, dans la vie ultérieure, le rapport entre ces fantasmes et la sexualité. Tous ces fantasmes auront alors apparemment disparu, mais leur effet inconscient sera décisif dans la frigidité, l’impuissance, et dans d’autres troubles sexuels. L’analyse des jeunes enfants permet à cet égard des observations très précises. Le petit garçon qui a manifesté ses désirs pour sa mère et exprimé à ce sujet les fantasmes les plus sadiques, essaye de fuir en remplaçant l’objet maternel par l’image paternelle, pour se détourner de celle-ci à son tour s’il découvre un lien entre cet autre objet d’amour et ses fantasmes sadiques-oraux.

Nous nous trouvons ici devant la base de toutes les perversions dont Freud a découvert l’origine dans le développement de la première enfance. Les fantasmes dans lesquels le père, ou l’enfant lui-même, éventre la mère, la bat, la griffe, la coupe en morceaux, représentent la conception enfantine des rapports sexuels. Notons en passant que les fantasmes de cette espèce sont effectivement traduits en actes par les criminels : contentons-nous de citer l’exemple de Jack l’Eventreur.

Dans la relation homosexuelle, ces fantasmes subissent une transformation; il s’agit alors de châtrer le père, de lui arracher le pénis en le coupant ou en le mordant, et de toutes sortes d’autres actions violentes. La naissance se rattache souvent à des fantasmes où le corps est ouvert au couteau, à tel ou tel endroit, pour que les bébés en soient retirés. Ce ne sont là que des exemples; les fantasmes sexuels que l’on trouve chez tout enfant normal - c’est là un point sur lequel j’insiste tout particulièrement - sont d’une abondance et d’une variété extrêmes. Je puis l’affirmer, car j’ai eu la chance d’avoir plusieurs enfants normaux en analyse, amenés pour des raisons prophylactiques.

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