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L’orientation des enfants par la psychanalyse

Nous savons que Freud appelait la névrose le négatif de la perversion. Sachs apporta une contribution importante à l’étude de la psychologie des perversions; il aboutit à la conclusion que le pervers ne se contente pas de se permettre, grâce à son manque de conscience morale, ce que le névrosé refoule à cause de ses inhibitions. Il découvrit que la conscience du pervers n’est pas moins stricte que celle du névrosé, mais qu’elle opère d’une manière différente.

Elle ne permet de retenir qu’une partie seulement des tendances interdites afin d’échapper à l’autre partie qui semble encore plus répréhensible au Surmoi. Ce qu’elle rejette, ce sont les désirs œdipiens. Le manque apparent d’inhibition chez le pervers n’est que l’effet d’un Surmoi, non pas moins strict, mais opérant d’une manière différente.

Il y a quelques années, je suis parvenue à une conclusion analogue au sujet du criminel, et j’en ai parlé dans le rapport mentionné au début de ce chapitre : j’y examinais l’analogie entre les actes des criminels et les fantasmes des enfants.

(...) J’ai constaté que la disposition criminelle n’était pas due à un Surmoi moins rigoureux, mais à un Surmoi opérant dans un sens différent. C’est justement l’angoisse et le sentiment de culpabilité qui poussent le criminel à commettre ses délits. Ceux-ci constituent en outre une tentative d’échapper à sa situation oedipienne. Dans le cas de mon jeune criminel, le fait de forcer les placards et de s’attaquer à de petites filles se substituait aux attaques contre sa mère.

Bien entendu, ces aperçus doivent être réexaminés et élaborés. A mon avis, tout semble indiquer que le facteur principal de la criminalité n’est pas l’absence de Surmoi, mais un développement différent du Surmoi probablement sa fixation à un stade très précoce.

On pourra m’objecter que, dans l’enfance, les tendances ne sont pas encore clairement définies, de telle sorte que bien souvent, on ne peut voir si un enfant prend le chemin qui fera de lui un criminel. Cela est incontestable, mais cette objection me conduit justement aux observations que je veux faire pour conclure.

Il est certainement difficile de savoir à quel résultat doivent aboutir les tendances d’un enfant, si son type psychologique doit être normal, névrotique, psychotique, pervers ou criminel. C’est précisément parce que nous ne le savons pas que nous devons chercher à le savoir. La psychanalyse nous en donne le moyen. Elle fait plus encore : elle peut non seulement informer sur le développement futur de l’enfant, mais le modifier et le diriger vers des voies meilleures.

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