Le complexe de castration chez la petite fille
Lidentification paternelle de la fillette, qui se manifeste si clairement au stade phallique avec tous les signes de lenvie du pénis et du complexe de castration, est laboutissement dun processus graduel dont nous examinerons les principales étapes. Nous verrons le rôle que tient dans cette identification langoisse émanant de la position féminine et linfluence quexerce sur chacune des positions masculines successives celle de la phase précédente du développement.
En renonçant au sein pour le pénis du père, la petite fille sidentifie à la mère. De nouveau frustrée dans cette situation, elle sidentifie promptement au père qui, dans limagination de lenfant, est comblé par le sein et tout le corps de la mère, par les sources mêmes de satisfaction quelle a dû si péniblement abandonner.
Ce sont des sentiments a la fois hostiles, envieux et libidinaux à légard de la mère qui déterminent cette première identification à un père sadique. Lénurésie joue ici un rôle important.
Pour les enfants des deux sexes, lurine, sous son aspect positif, est un équivalent du lait maternel : linconscient ne fait aucune distinction entre les substances du corps.
Au stade sadique, la fille croit surtout au pouvoir magique de ses excréments, alors que le garçon fait de son pénis linstrument principal de son sadisme. Mais elle est aussi amenée, en vertu de sa foi en la toute puissance de ses fonctions urinaires, à sidentifier, dans une plus faible mesure que le garçon, à un père sadique doué par elle, parce quil a un pénis, dun pouvoir sado-urétral supérieur.
Lincontinence durine perd ainsi sa signification féminine très tôt pour exprimer une position masculine chez les enfants des deux sexes. Par suite de sa première identification paternelle de type sadique, la fille se sert de ce moyen à la fois pour détruire la mère et pour semparer du pénis du père en le châtrant.