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Des traits psychotiques chez l’enfant sont normaux

Nous savons déjà que, dans les psychoses, les points de fixation se situent aux tout premiers stades du développement, et que la ligne de démarcation entre la psychose et la névrose est celle qui sépare les deux périodes du stade anal.

Je suis portée à aller plus avant, et à considérer ces moments comme les sources non seulement des maladies plus tardives, mais aussi des perturbations qui marquent les débuts de la vie. Nous avons vu (...) qu'à la phase d'exacerbation du sadisme, les situations anxiogènes excessives constituent un facteur étiologique fondamental des psychoses.

Même les enfants normaux, d'après mon expérience, connaissent, dans les premiers stades de leur développement, des situations anxiogènes de caractère psychotique.

Si, pour des raisons extérieures ou intérieures, ces situations très précoces sont puissamment activées, l'enfant présentera des traits psychotiques, et, s'il est incapable de combattre, grâce à ses imagos secourables à ses objets réels, la pression exagérée de ses imagos terrifiantes, il sera exposé à des troubles qui seront à l'origine de maladies graves et de déviations du développement, ou qui ressembleront au comportement psychotique de l'adulte et, dans bien des cas, aboutiront avec le temps à une véritable psychose.

Des situations anxiogènes de ce type et d'une très grande intensité se produisent invariablement à une certaine période de l'enfance ; aussi tout enfant présente-t-il, à un moment ou à un autre, des symptômes psychotiques.

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