banner_Freud.gif (4668 octets)

Léonard de Vinci était-il un homosexuel inhibé ?

(2° partie)

Une libido tout entière investie dans la recherche

Mais on objectera que Léonard ne peut avoir connu les hiéroglyphes, parce qu'ils ne furent déchiffrés que dans les années vingt du siècle dernier. On peut cependant démontrer que Léonard connaissait le vautour comme symbole de maternité par ses lectures des auteurs grecs, qui s'étaient occupés de très près de la civilisation égyptienne.

Un de ces auteurs grecs donne aussi la raison de ce symbolisme : les Anciens croyaient qu'il n'y avait que des femelles chez les vautours et que la fécondation se passait de la façon suivante : les femelles ouvraient le vagin pendant leur vol et se faisaient féconder par le vent. Cette fable fut popularisée par les Pères de l’Eglise, qui voulaient confirmer par là la possibilité d'une conception immaculée.

Nous pouvons donc imaginer qu'un jour, Léonard lut cette histoire des vautours et que le fantasme suivant lui vint alors à l'esprit : ma mère n'était-elle pas elle aussi un tel vautour, un pauvre oiseau sans mâle? Nous reconnaissons que son illégitimité n'était pas sans influence sur ce fantasme, qui représente un souvenir du fait que son père lui a manqué dans son enfance.

Le fait qu'un enfant grandit parmi les personnes d'un seul sexe est, nous le savons maintenant, l'une des causes qui contribue le plus à la formation de l'homosexualité. Nous sommes donc en droit de nous imaginer que, chez Léonard, cette fixation à la mère s'est produite et que, éveillée « sexuellement » à un très jeune âge par la tendresse de cette mère abandonnée, il vécut avec elle un amour bref mais très intense. Nous osons compléter ce que la tradition dit de lui en supposant qu'il a passé les premières quatre ou cinq années de sa vie chez sa mère et qu'il n'a été pris dans la maison de son père que lorsque le mariage de celui-ci s'est avéré définitivement stérile.

Mais les années de deux à quatre sont décisives; c'est durant cette période que les enfants forment leurs théories. Pour Léonard, la première chose, et la plus importante, qui le tracassa fut la question de savoir pourquoi il n'avait pas de père, comme les autres enfants. C'est de cette constellation que provient son besoin passionné de recherche et de rumination; avec l'énorme capacité qui était la sienne, il avait transposé sa libido en pulsion de recherche, et cela resta ainsi. Avec cela, la plus grande partie de son activité sexuelle fut épuisée pour toujours.

 

L'amour des jeunes garçons va souvent de pair avec l’art d’enseigner

Cette première recherche de l'enfant est, bien sûr, vouée à l'échec en raison de l'insuffisance de sa capacité cognitive. Le fait que cette première recherche reste inachevée laisse un effet paralysant pour toute la vie. Le caractère inachevé des œuvres ultérieures de Léonard est le stigmate infantile et rend probable, à nos yeux, le fait que ses recherches ont effectivement pour origine cette première fixation à la mère.

Ces traits de caractère, le besoin incoercible de faire de la recherche et l'incapacité de terminer, peuvent être encore démontrés dans d'autres traces de sa vie et de son œuvre. Cela s'accorde étonnamment bien avec sa vie sexuelle. Le développement de certains cas d'homosexualité montre que, durant la première période « de la vie », une intense fixation à la mère se produit; elle est ensuite refoulée, et c'est là qu'intervient le grand changement.

Les homosexuels se divisent en deux groupes, selon l'objet sexuel primaire qu'ils choisissent; ces deux objets primaires sont la femme (la mère, etc.) et le sujet lui-même. Les uns cherchent toute leur vie la femme au pénis, qu'ils peuvent naturellement trouver en l'homme; chez les autres, comme Léonard, une identification se produit en même temps que le refoulement : ils deviennent eux-mêmes féminins, ils deviennent comme la mère.

C'est leur façon de se débarrasser de leur mère; puis ils se cherchent eux-mêmes, aiment leur propre moi d'enfant. Ceci est la racine de l'amour des garçons des véritables homosexuels. Selon ses biographes, Léonard aussi se comporte comme une mère envers ses élèves : il enseigne, donne des conseils, les habille. Il les choisissait, comme le montre la rareté de ses succès, non pas pour leur talent, mais d'après sa sympathie personnelle.

000bilan.jpg (4492 octets)