Réflexions psychanalytiques sur les tics
(2ème partie)
Je suis parfaitement conscient des insuffisances de la présente argumentation. Je n'aurais pas rendu publique cette hypothèse, élaborée de façon plutôt spéculative sur la base de maigres observations et réservée pour ainsi dire à mon usage personnel, si je navais trouvé un soutien d'un côte inattendu, qui vient la rendre bien plus plausible. Ce soutien m'a été fourni par la lecture d'un ouvrage sur les tics, ouvrage particulièrement riche et instructif, qui comprend en outre une revue critique de toute la littérature consacrée à ce sujet. Il s'agit du livre du Dr Henri Meige et du Dr E. Feindel, Le tic et son traitement (traduit du français par le Dr O. Giesel en 1903). Je voudrais rattacher les réflexions qui suivent au contenu de cet ouvrage.
Etant donné la nature particulière de la pratique analytique, le médecin qui s'y consacre a rarement l'occasion d'observer certains types de troubles nerveux, tels par exemple les névroses « organiques » (comme la maladie de Basedow) qui exigent avant tout un traitement physique, ou les psychoses dont le traitement n'est possible qu'en maison de santé, et toutes les variétés de « nervosité commune », qui en raison de leur caractère bénin ne font guère l'objet d'une psychothérapie aussi poussée.
Pour tes cas de ce genre, l'analyste est renvoyé aux observations et aux communications écrites par d'autres, et si rien ne vaut l'observation personnelle, celles-ci présentent au moins l'avantage de nous épargner le reproche si répandu de faire des observations partiales, de suggestionner le malade ou d'être suggestionné par lui. Meige et Feindel ignoraient pratiquement tout de la méthode cathartique selon Breuer et Freud en tout cas, leurs noms ne figurent pas dans l'index de l'ouvrage.
On trouve bien une référence aux « Etudes sur l'hystérie », mais il semble que ce soit une simple interpolation du traducteur, qui pensait « devoir faire mention de quelques auteurs allemands négligés par les auteurs français... » Au demeurant, cette traduction date des premiers temps de la psychanalyse et par conséquent la convergence profonde qui existe entre les idées émises dans cet ouvrage et les plus récentes découvertes de la psychanalyse peut en elle-même constituer un critère d'objectivité.
Je citerai en premier lieu la description courte mais classique que Trousseau donne des tics. « Le tic non douloureux consiste en des contractions instantanées, rapides, généralement limitées à un petit nombre de muscles, habituellement aux muscles de la face mais pouvant aussi en affecter d'autres, ceux des membres, du cou, du tronc, etc. Chez l'un, c'est un clignement des paupières, un tiraillement convulsif de la joue, de laile du nez, de la commissure des lèvres, qui donne au visage un air grimaçant chez un autre, c'est un hochement de tête, une contorsion. brusque et passagère du cou se répétant à chaque instant chez un troisième, c'est un soulèvement d'épaules, une agitation convulsive des muscles abdominaux ou du diaphragme c'est, en un mot, une variété infinie de mouvements bizarres qui échappent à toute description...
Ces tics sont en quelque sorte accompagnés d'un cri, d'un éclat de voix plus ou moins bruyant, caractéristique... Ce cri, ce jappement, cet éclat de voix, véritables chorées laryngées ou diaphragmatiques, peuvent constituer tout le tic... C'est encore une tendance singulière à répéter toujours le même mot, la même exclamation ; et le même individu profère à haute voix des mots quil voudrait bien retenir ».
Le compte rendu d'un cas rapporté par Grasset donne un tableau caractéristique de la manière dont le tic se déplace d'une partie du corps sur une autre : « Une jeune fille avait eu pendant son enfance des tics de la bouche et des yeux à l'âge de quinze ans, elle se mit pendant quelques mois à projeter en avant sa jambe droite, qui plus tard fut paralysée; puis durant quelques mois, un sifflement remplaça les troubles moteurs. Toute une année, elle lança par intermittence d'une voix puissante le cri « ah ». Enfin à dix-huit ans... apparurent des gestes de salut, des mouvements en arrière de la tête, un haussement de l'épaule droite ...
Ces déplacements se produisent souvent à la manière des actes compulsifs, qui généralement se déplacent de l'élément originel et véritable sur un autre plus éloigné, pour en fin de compte revenir par un détour au refoulé. Un patient cité par Meige et Feindel appelait ces tics secondaires des « para-tics » et reconnaissait franchement leur caractère de défense contre les tics primaires jusqu'à ce quils deviennent à leur tour des tics.
Le point de départ d'un tic peut être une observation hypocondriaque de soi. Un jour... je ressentis un craquement dans la nuque », raconte un patient de Meige et Feindel. « Immédiatement j'en ai conclu que j'avais dû me décrocher quelque chose ; pour le vérifier, j'ai recommencé le mouvement une fois, deux fois, trois fois, sans que le craquement se reproduise, je l'ai varié de mille façons, je l'ai répété de plus en plus fort ; finalement j'ai retrouvé mon craquement, et ce fut pour moi un réel plaisir... plaisir bientôt mitigé par la crainte d'avoir provoqué une lésion quelconque... Aujourd'hui encore je ne peux résister à l'envie de reproduire ce craquement et je ne puis vaincre un sentiment d'inquiétude dès que je suis parvenu à mes fins. »
Le Caractère tantôt voluptueux tantôt anxiogène de ces sensations nous permet de les considérer sans hésitation comme une manifestation pathologique de la sexualité du patient, notamment de son narcissisme hypocondriaque de plus, nous avons là le cas relativement rare d'un patient qui continue à percevoir les motifs sensoriels de ses mouvements stéréotypés. Dans la majorité des cas, les motifs ne sont pas, comme nous le verrons, des sensations actuelles mais des réminiscences devenues inconscientes en tant que telles.
Charcot, Brissaud, Meige et Feindel sont parmi les rares neurologues à navoir pas refusé d'écouter le patient quand celui-ci racontait la genèse de son trouble. « Seul le tiqueur » , lit-on dans Meige et Feindel, « peut répondre à la question concernant la genèse de sa maladie, sil remonte dans le passé aux premiers événements qui ont mis en train la réaction motrice. » Dans cette perspective, nos auteurs ont permis à leurs patients de reproduire (mais uniquement à l'aide du souvent conscient) les circonstances qui étaient responsables de la première apparition de leurs contractions.
Nous voyons qu'il y avait là un point de départ possible vers la découverte de l'inconscient et son investigation par la psychanalyse. Pour les auteurs, ce sont souvent des traumatismes physiques qui constituent l'explication dernière un abcès à la gencive, cause d'une grimace invétérée, une opération du nez, motif d'un froncement nasal, etc. Ils mentionnent également les vues de Charcot sur le tic qui selon lui « n'est qu'en apparence une affection physique ; il s'agit en réalité d'un trouble psychique... le produit direct d'une psychose - une sorte de psychose héréditaire ».
Meige et Feindel ne manquent pas non plus de signaler des traits de caractère propres aux tiqueurs, que l'on pourrait qualifier de narcissiques. Ils citent entre antres les confidences d'un patient : « Il faut bien l'avouer, je suis rempli d'amour-propre, et extrêmement sensible aux compliments comme aux blâmes. Je recherche les louanges, je souffre cruellement de l'indifférence et de la raillerie..., le plus insupportable, c'est la pensée que je suis profondément ridicule et que tout le monde se moque de moi. Aux gens que je croise dans la rue, à ceux que je rencontre dans un omnibus, je trouve toujours un regard singulier, railleur, apitoyé, qui m'humilie ou m'irrite. »
Autre exemple : « Il y a en moi deux hommes : le tiqueur et le non tiqueur. Le premier est fils du second, c'est un enfant terrible qui cause de grands soucis à son père. Celui-ci devrait sévir, mais le plus souvent il n'y parvient pas et reste l'esclave des caprices de sa progéniture. » Ces confessions montrent chez le tiqueur l'être narcissique, resté infantile sur le plan psychique, contre lequel la partie normalement développée de la personnalité a du mal à lutter. Nous constatons la prédominance du principe de plaisir, conforme au narcissisme, dans la déclaration suivante : «Je ne fais bien que ce qui mamuse ; ce qui m'ennuie, je le fais mal... ou je ne le fais pas ».
Quand il a une pensée, il faut absolument qu'il l'exprime ; aussi a-t-il du mal à écouter les autres. Autres remarques de Meige et Feindel sur le caractère infantile des tiqueurs : « Petits ou grands, les tiqueurs présentent l'état mental d'un âge inférieur à celui qu'ils ont en réalité... Le tic est un infantilisme mental... Tous les tiqueurs ont une âme d'enfant... Les tiqueurs sont de grands enfants mal élevés, accoutumés à céder à tous leurs caprices, n'ayant jamais appris à discipliner leurs actes volontaires... Un vieux tiqueur de dix-neuf ans devait être mis au lit et habillé comme un bébé par sa maman.
Il montrait en outre des signes physiques d'infantilisme ». L'incapacité de retenir une pensée est l'équivalent purement psychique de l'incapacité de supporter une excitation sensorielle sans une réaction immédiate de défense ; parler est précisément la réaction motrice qui sert à décharger la tension psychique préconsciente (idéative). Dans ce sens nous pouvons suivre Charcot qui parle de « tics purement psychiques ». Ainsi s'accumulent les preuves en faveur de l'hypothèse que c'est l'hypersensibilité narcissique du tiqueur qui est la cause de son capacité de se dominer sur le plan moteur et psychique.
Cette conception du tic permet en outre d'expliquer la présence dans un même tableau clinique de symptômes aussi hétérogènes que la contraction motrice et la coprolalie. Les autres traits de caractère relevés par les auteurs de l'ouvrage, qui s'expliquent bien vus sous cet angle, sont les suivants : une certaine excitabilité, une légère fatigabilité, l'aprosexie, la distraction et la fuite des idées, la tendance à la toxicomanie (alcoolisme), l'incapacité de supporter des souffrances ou des efforts.
Tous ces traits peuvent à notre avis s'expliquer facilement si, suivant la bipartition des fonctions psychiques en activités de décharge et de liaison telle que Breuer l'a formulée, nous considérons que les tiqueurs, du fait même de leur fort narcissisme ou d'une fixation à ce stade, ont une tendance accrue à la décharge mais une capacité réduite de liaison psychique. La décharge est une manière plus archaïque de liquider l'accroissement de l'excitation, elle est bien plus proche du réflexe physiologique que toute forme de maîtrise, aussi primitive soit-elle (par exemple le refoulement) ; elle est le propre des animaux et des enfants.
Ce n'est pas un hasard si les auteurs, sans soupçonner l'existence de relations plus profondes et se fondant simplement sur les propos tenus par leurs malades et sur leurs observations personnelles, constatent que les tiqueurs sont souvent « comme des enfants », qu'ils se sentent « jeunes intérieurement », qu'ils sont incapables de dominer leurs affects, que ces traits de caractère qui sont si fréquents chez les enfants mal élevés, dont la réflexion et la raison arrivent à triompher avec l'âge chez les sujets normaux... persistent au contraire chez les tiqueurs malgré la marche des années. Si bien que par certains côtés de leur caractère, ils semblent n'être que de grands »
Leur « besoin de contradiction et d'opposition » mérite une attention particulière ; non seulement en raison de son analogie sur le plan psychique avec les mouvements de défense motrice des tiqueurs, mais parce qu'il est propre à jeter quelque lumière sur le sens du négativisme dans La schizophrénie. La psychanalyse nous apprend que le paraphrène a détourné sa libido du monde extérieur pour la reporter sur lui-même ; toute excitation externe, qu'elle soit physiologique ou psychique, perturbe sa nouvelle position et il est donc d'autant plus enclin à échapper à toute perturbation de cet ordre par la fuite motrice ou à la repousser par la négation et la défense motrice. Mais nous allons examiner encore plus en détail la question des phénomènes moteurs.
On a des raisons de supposer que la fonction secondaire, sinon principale, de toute une série de tics et de stéréotypies est de permettre au sujet de sentir ou d'observer par instants certaines parties de son corps ainsi dans les exemples déjà mentionnés se lisser la taille, tirer et arranger ses vêtements, allonger le cou, tendre la poitrine (chez les femmes), se lécher ou se mordre les lèvres, et dans une certaine mesure déformer son visage par des grimaces, suçoter ses dents, etc. Il pourrait s'agir en l'occurrence de cas où le tic provient du narcissisme constitutionnel et où des excitations banales et inévitables suffisent à provoquer le symptôme moteur.
A l'opposé, il y aurait des cas où nous pourrions parler de tics névropathiques, d'un investissement libidinal anormal sur des organes ayant subi une altération pathologique ou traumatique. Notre source nous fournit à cet égard quelques bons exemples : « Une jeune fille inclinait la tête sur l'épaule dans le but de calmer les douleurs d'un abcès dentaire. Acte provoqué par une cause réelle, réponse musculaire parfaitement voulue, réfléchie, incontestablement dérivée d'une intervention de l'écorce. La malade voulait calmer sa douleur en comprimant et en réchauffant sa joue... L'abcès persistant, le geste se répète, de moins en moins voulu, de plus en plus habituel, à la fin automatiquement. Mais il avait encore et sa cause et son but. Jusque-là, rien d'anormal. Or, l'abcès a guéri, la douleur a cessé. Cependant la jeune fille continue à incliner par moments sa tête sur son épaule.
Quelle est maintenant la cause de son geste ? Quel est son but ? disparus l'un et l'autre. Qu'est-ce donc que cet acte primitivement voulu, coordonné, systématique, lequel aujourd'hui se répète encore automatiquement, mais sans cause et sans but ? C'est un tic.» Evidemment l'explication donnée par les auteurs est en partie discutable. Ignorant tout du psychisme inconscient, ils croient que les tics - à l'opposé d'un acte volontaire conscient - se produisent sans participation du psychisme, et comme la fixation du souvenir un traumatisme ainsi que la tendance de l'inconscient à la reproduction sont des notions qui leur échappent, ils considèrent les mouvements des tiqueurs comme dépourvus de sens et de but.
Pour un psychanalyste, l'analogie entre la formation d'un tic de ce genre et celle dun symptôme de conversion hystérique au sens de Breuer et de Freud saute aux yeux. Ils ont pour point commun la possibilité de régresser à un traumatisme, le plus souvent oublié, dont l'affect a été' imparfaitement déchargé au moment de l'événement traumatique lui-même. Et il n'y a pas non plus de différence essentielle entre les deux phénomènes: dans l'hystérie, le symptôme physique n'est que le symbole d'un choc psychique dont l'affect a été réprimé et le souvenir refoulé.
Dans le tic véritable, le seul traumatisme est constitué par la lésion organique mais il peut semble-t-il - tout autant que le conflit psychique de l'hystérique, laisser des souvenirs pathogènes. (Quoi qu'il en soit, la relative indépendance des tics par rapports à des modifications pathologiques actuelles et leur dépendance à l'égard des souvenirs liés à celles-ci tendrait à prouver que « laltération durable » qui subsiste après le traumatisme se déplace non dans la périphérie, sur l'organe lui-même, mais sur le représentant psychique de cet organe).
Lhystérie est une névrose de transfert dans laquelle la relation libidinale à lobjet (la personne) de symbolisation auto-érotique du corps propre. Dans le tic, par contre, il ne semble pas exister de relation d'objet dissimulée derrière le symptôme, par conséquent c'est le souvenir du traumatisme. organique lui-même qui dans ce cas a un effet pathogène. Cette différence nous oblige par ailleurs à introduire une complication dans le schéma de la structure « du système psychique » établi par Freud.
Le psychique s'insère dans les arcs réflexes simples, sous la forme des systèmes mnésiques inconscient, préconscient et conscient entre les appareils afférent (sensoriel) et efférent (moteur). Donc Freud suppose déjà une pluralité de systèmes mnésiques orientés selon les différents principes dassociation temporelle, formelle, affective ou de contenu.
Ce que je voudrais ajouter ici, c'est l'hypothèse d'un système mnésique particulier qu'on appellerait le « système mnésique du Moi » et auquel reviendrait la tâche d'enregistrer constamment les processus psychiques ou somatiques du sujet lui-même. Ce système serait, bien entendu, beaucoup plus développé chez le narcissique constitutionnel que chez le sujet parvenu à l'amour objectal mature, et un traumatisme particulièrement puissant pourrait provoquer dans le tic comme dans les névroses traumatiques, une fixation mnésique excessive à l'attitude qu'avait le corps au moment précis du traumatisme, fixation qui pourrait être assez forte pour provoquer la reproduction permanente ou paroxystique de cette attitude.
La tendance marquée des tiqueurs à l'auto-observation, l'attention qu'ils portent à leurs sensations endosomatiques et endopsychiques, font également partie des traits relevés par Meige et Feindel. De même que les systèmes mnésiques de choses, le « système mnésique du moi » d'une part appartiendrait à l'inconscient, d'autre part déborderait dans le préconscient et le conscient. Pour expliquer la formation du symbole dans le tic, il faudrait supposer l'existence d'un conflit à l'intérieur du Moi (entre le noyau du Moi et le narcissisme) et celle d'un processus analogue au refoulement.
Les névroses traumatiques, dont les symptômes se sont avérés être un mélange de phénomènes narcissiques et de phénomènes de conversion hystérique et dont la nature nous semble, comme à Freud, résider dans un affect de peur imparfaitement maîtrisé, réprimé et « abréagi » progressivement après coup » offrent en fin de compte une grande ressemblance avec les tics « pathonévrotiques ». Et il y a encore entre eux une autre coïncidence étonnante que je voudrais mettre plus particulièrement en évidence. Presque tous ceux qui ont étudié les névroses de guerre font remarquer que ces névroses surgissent souvent uniquement après des chocs sans lésions physiques graves (sans blessure).
Une blessure conjointement au choc émotionnel constitue pour l'affect de peur une possibilité de décharge appropriée et un terrain plus favorable à la répartition de la libido dans l'organisme. C'est d'ailleurs ce qui a conduit Freud à formuler l'hypothèse qu'une lésion physique grave (par exemple une fracture) survenue ultérieurement pouvait provoquer l'amélioration des symptômes névrotiques d'origine traumatique.
Rapprochons cette conception du cas clinique suivant : « Chez le jeune M., qui souffrait de tics du visage et de la tête, les tics cessèrent quand il se cassa la jambe, pendant toute la période où sa jambe fut immobilisée. » Les auteurs pensent que ce phénomène s'explique par le retrait de l'attention, mais selon notre hypothèse, aussi par le retrait de la libido. Les deux explications sont également permises en ce qui concerne l'arrêt éventuel des tics au cours « daffaires importantes » de « discussions dont le sujet sintéresse vivement ».
On comprend aisément que les tics cessent complètement pendant le sommeil étant donné la victoire totale du désir narcissique de dormir et le désinvestissement total de tous les systèmes, mais cela ne nous aide guère à résoudre la question de savoir ailes tics sont d'origine purement psychique ou somatique. Certaines maladies organiques intercurrentes, la grossesse et l'accouchement, augmentent les tics ce qui ne constitue nullement un argument contre leur genèse narcissique.