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L’inverti présente une anomalie du développement (homosexualité)

Lorsqu’on est en mesure de fouiller très profondément dans l’histoire de l’homoérotique d’objet, on trouve partout les indices de son inversion, c’est-à-dire de sa nature anormalement efféminée. Dès sa plus tendre enfance, il s’imagine dans la situation de sa mère et non dans celle de son père; il développe bientôt un complexe d’œdipe inversé; il souhaite la mort de sa mère pour prendre sa place auprès du père et jouir de ses droits; il désire ardemment ses robes, ses bijoux et, bien entendu, sa beauté et toute la tendresse qu’on lui témoigne; il rêve d’avoir des enfants, joue à la poupée et aime à s’habiller en femme.

Il est jaloux de sa mère, réclame toute l’affection du père pour lui, admirant plutôt sa mère comme une belle chose dont il est jaloux. Dans certains cas il est évident que cette tendance à l’inversion, qui est probablement toujours conditionnée par la constitution, se trouve renforcée par des influences extérieures.

Des « enfants uniques» gâtés, des petits chouchous qui grandissent dans un milieu exclusivement féminin, des garçons élevés en filles parce qu’ils sont nés à la place d’une fille très désirée, ont plus de chances d’être invertis en ce qui concerne leur caractère sexuel s’ils présentent une prédisposition correspondante.

D’autre part, la nature narcissique du garçon peut amener ses parents à le choyer outre mesure et créer ainsi un cercle vicieux. Des particularités physiques telles que des traits et un corps de fillette, une chevelure abondante, etc., peuvent contribuer à faire traiter un garçon en fille.

La préférence que manifeste le père et la réponse à celle-ci peuvent être étayées, en général secondairement, par la nature narcissique de l’enfant; je connais des cas où le garçon narcissique provoquait l’homoérotisme latent du père sous la forme d’une tendresse excessive, ce qui contribuait largement à fixer sa propre inversion.

La psychanalyse ne peut rien nous apprendre de nouveau sur le destin ultérieur de ces garçons; ils restent fixés à ce stade précoce de développement et deviennent finalement ces personnalités que nous connaissons bien par les autobiographies des Uranistes. Je ne peux que souligner quelques points en ce qui concerne ces cas.

La coprophilie et le plaisir olfactif sont profondément refoulés chez ces sujets et souvent sublimés sous forme d’esthétisme, de prédilection pour les parfums et d’enthousiasme pour les arts.

Autre caractéristique : leur idiosyncrasie à l’égard du sang et de tout ce qui est sanglant. Ils sont en général très accessibles à la suggestion et faciles à hypnotiser; ils mettent de préférence la première séduction dont ils ont été l’objet sur le compte de la « suggestion » pratiquée par un homme qui les aurait regardés fixement ou poursuivis d’une manière quelconque. Naturellement, derrière cette suggestion se dissimule leur propre traumatophilie.

L’analyse de l’inverti ne révélant en fait aucun affect qui puisse modifier fondamentalement son attitude actuelle à l’égard du sexe masculin, il faut considérer 1 inversion (l’homoérotisme de sujet) comme un état impossible à guérir par la psychanalyse (ou, de façon générale, par toute forme de psychothérapie). Cependant, la psychanalyse ne reste pas sans influence sur le comportement du patient; elle supprime les symptômes névrotiques qui accompagnent parfois l’inversion, en particulier l’angoisse, souvent considérable. L’inverti s’avoue plus franchement son homoérotisme après une analyse. Signalons par ailleurs que beaucoup d’invertis ne sont nullement insensibles aux preuves de tendresse que leur donnent des personnes du sexe féminin. Ils vont réaliser en quelque sorte dans leurs relations avec les femmes (leurs pareilles par conséquent) la composante homosexuelle de leur sexualité.

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