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Un état qui ne semble pas être congénital (homosexualité)

Dans la relation transférentielle au médecin, l’homoérotique d’objet répète la genèse de sa maladie. Si dés le début le transfert est positif, des « guérisons » inattendues peuvent se produire très rapidement; mais au moindre conflit le patient retombe dans son homoérotisme et c’est seulement alors, au moment où survient la résistance, que commence l’analyse proprement dite.

Si au début le transfert est négatif, ce qui est notamment le cas des malades qui viennent en traitement sur l’ordre de leurs parents et non de leur propre chef, il n’y a pas de travail analytique véritable pendant longtemps; le patient passe la séance à raconter, ironique et fanfaron, ses aventures homoérotiques.

Dans le fantasme inconscient de l’homoérotique d’objet le médecin peut - « dans le cadre du transfert » - représenter l’homme ou la femme, le père ou la mère, auquel cas des inversions de toutes sortes peuvent jouer un rôle très important. Il apparaît qu’un homoérotique d’objet s’arrange pour aimer inconsciemment la femme dans l’homme; la partie postérieure de l’homme peut signifier pour lui la femme de face, les omoplates ou les fesses représentant les seins de la femme.

Ce sont surtout ces cas qui m’ont montré que cette sorte d’homoérotisme n’est qu’un produit de substitution de la libido hétéroérotique. De plus, l’homoérotique actif satisfait en même temps ses pulsions sadiques et érotiques anales; cela n’est pas seulement valable pour le pédéraste effectif mais aussi pour les amateurs hyper-raffinés de jeunes garçons qui évitent anxieusement tout contact indécent avec eux; ils ne font que remplacer leur sadisme et leur érotisme anal par des formations réactionnelles.

A la lumière de la psychanalyse, l’acte homoérotique actif apparaît donc d’une part comme une (fausse) obéissance après coup; l’homoérotique, prenant l’interdiction parentale à la lettre, évite effectivement toute relation sexuelle avec les femmes mais s’adonne dans des fantasmes inconscients à ses désirs hétéroérotiques interdits; d’autre part l’acte pédérastique sert le fantasme œdipien primitif, avec la signification de blesser et de salir l’homme

Sur le plan intellectuel, l’homoérotisme compulsif s’avère de prime abord être la surcompensation du doute concernant l’amour porté à son propre sexe. La compulsion homoérotique unit dans un heureux compromis la fuite devant la femme et son substitut symbolique, ainsi que la haine de l’homme et sa compensation. La femme apparemment évincée de la vie amoureuse, consciemment il n’y a plus d’objet de conflit entre le père et le fils.

Il est intéressant de mentionner que la plupart des homoérotiques obsessionnels (comme on pourrait aussi désigner ce type) que j’ai analysés utilisent la théorie, actuellement si répandue, du penchant pour son propre sexe comme stade intermédiaire pour présenter leur état comme congénital et par conséquent irrémédiable et ininfluençable ou, pour parler comme Schreber dans ses « Mémoires », dans l’ordre de l’univers.

Ils se considèrent tous comme des invertis et sont contents d’avoir trouvé un support scientifique pour justifier leurs représentations obsessionnelles et leurs actes compulsifs.

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