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Des inhibitions qui révèlent leur origine

La simple récapitulation du déroulement de l'acte sexuel depuis l'intromission du pénis jusqu'à l'éjaculation semble appuyer cette hypothèse. La phase finale du coït, l'écoulement du sperme, est indiscutablement un processus urétral ; non seulement le canal d'écoulement est commun avec l'urine, mais encore, pour l'un comme pour l'autre, c'est une augmentation de la pression qui provoque l'expulsion du liquide.

Par contre, pendant la friction, il semble que ce soient des influences «freinatrices », très probablement sphinctériennes, qui se manifestent, et c'est précisément leur accroissement excessif et malencontreux qui est à la base de l'absence totale d'éjaculation.

Mais tout porte à penser que la tendance urétrale (ou éjaculatrice) est présente dès le début, pendant la période de friction, et qu'il y a donc lutte permanente entre la tendance à l'évacuation et celle à la rétention, lutte où la tendance urétrale remporte la victoire finale.

Cette double finalité de l'innervation est peut-être le reflet de la double direction de la friction car l'alternance intromission-retrait pourrait correspondre à l'alternance de la volonté d'éjaculation et de l'inhibition qui vient s'y opposer à chaque fois. Naturellement nous devons aussi accorder de l'importance à l'accroissement d'excitation due à la friction prolongée, et supposer que c'est le dépassement d'un certain seuil d'excitation qui vient enfin à bout de la crampe sphinctérienne.

Cette hypothèse laisse supposer l'existence d'une interaction complexe et minutieusement accordée ; sa perturbation pourrait être à l’origine de ces modes de stimulation nerveuse ataxiques, subnormaux, que nous connaissons sous le nom d'éjaculation précoce et d'éjaculation retardée.

Une certaine ressemblance se révèle frappante entre les anomalies de l'éjaculation que nous venons de signaler et le trouble de la parole que l'on désigne par le terme de bégaiement. La parole normale est rendue possible par la coordination judicieuse des réflexes nécessaires à l’articulation des voyelles et des consonnes.

Lorsque la parole devient par moments impossible par une répétition incoercible des voyelles ou d'une crampe s'installant lors de la prononciation des consonnes, il se produit le genre de bégaiement que les spécialistes appellent, selon le cas, bégaiement clonique ou bégaiement tonique.

Il n'est pas difficile de deviner que je voudrais comparer les stimuli nerveux nécessaires à l’articulation des voyelles à l'urétralité, et les coupures qui séparent les voyelles des consonnes (à bien des égards semblables à certains effets sphinctériens), à l'inhibition anale.

Et peut-être même ne s'agit-il pas ici d'une simple comparaison, mais d'une référence à une parenté plus étroite entre ces deux états morbides ; pour preuve nous citerons ce fait curieux que les désordres susmentionnés de la stimulation nerveuse des bègues ont effectivement dû être ramenés, avec l'aide de la psychanalyse, à une source érotique-anale ou érotique-urétrale. Donc, à mon avis, le mécanisme pathologique des troubles de l'éjaculation peut être considéré en quelque sorte comme un bégaiement génital.

Il me faut rappeler ici une donnée de l'embryologie, à savoir que le pénis, instrument de la dernière phase du coït (l'éjaculation), est, de par son origine, propre à unir des tendances anales et urétrales. En effet, le pénis - acquisition fort tardive dans l'histoire du développement individuel - provient de l'intestin et, chez les mammifères inférieurs, du cloaque uro-génital.

Après cette digression physiologique, revenons aux connaissances psychanalytiques solidement fondées que nous possédons et efforçons-nous d'établir une relation entre l'état de faits que nous venons de décrire et la théorie de la sexualité de Freud.

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