Les mécanismes de défense
Classification des défenses
Les défenses du Moi peuvent être divisées en défenses qui réussissent, qui font cesser toutes les pulsions refoulées, et en défenses qui échouent et qui exigent la répétition ou la continuation du processus de défense destiné à empêcher lémergence des pulsions refoulées. Les défenses pathogènes, qui sont à la base des névroses, appartiennent à la seconde catégorie : lorsque les pulsions refoulées ne peuvent se décharger, mais restent en suspens dans linconscient ou elles sont sans cesse renforcées par lactivité continue de leurs sources physiologiques, il sensuit un état de tension. Et une irruption (dans le champ de la conscience) de la pulsion refoulée peut se produire. Cest pourquoi les défenses victorieuses sont moins importantes dans la psychologie des névroses ; en fait on les comprend moins bien. Cependant les frontières entre les deux catégories ne sont pas toujours parfaitement définies, et il est parfois impossible de distinguer " une pulsion transformée par linfluence du Moi " d' "une pulsion qui arrive à percer de façon déformée contre la volonté du Moi et à son insu ". ce dernier type de pulsion produira des attitudes crispées, se répétera indéfiniment, ne permettra jamais une détente complète, et aboutira à de la fatigue :
Sublimation
Les défenses qui réussissent peuvent être placées sous la dénomination de " sublimation ". ce terme ne désigne pas un mécanisme spécifique ; différents mécanismes peuvent être employés dans les défenses qui réussissent, comme le passage de la passivité à lactivité, le renversement de la situation par rapport au sujet, léchange dun but pour un but opposé. Le facteur commun est que sous linfluence du Moi le but de la pulsion instinctuelle ou lobjet (ou les deux) est changé sans blocage de la décharge adéquate. ( Il vaut mieux omettre le jugement de valeur généralement impliqué dans la définition de la sublimation la sublimation ne doit pas être confondue avec les défenses qui font intervenir des contre investissements ; les pulsions sublimées trouvent leur issue, bien que canalisées via un itinéraire artificiel ; tandis quil en va différemment pour les autres. Dans la sublimation, la pulsion originelle disparaît parce que son énergie lui est retirée au profit de linvestissement de son substitut. Dans les autres défenses, la libido de la pulsion originelle est contenue par un important contre-investissement.
Les sublimations ont besoin dun courant ininterrompu de libido, exactement comme la roue dun moulin a besoin dun courant deau non ralenti et canalisée. Cest pourquoi les sublimations napparaissent quaprès quun refoulement a été supprimé. Métaphoriquement, les forces défensives du Moi nattaquent pas de front les pulsions originelles, comme dans le cas dun contre-investissement, mais les heurtent de biais, produisant une résultante qui conjugue lénergie instinctuelle et lénergie défensive et qui peut suivre son chemin librement. Les sublimations diffèrent des satisfactions névrotiques de substitution par leur désexualisation; autrement dit, la situation du Moi nest plus une satisfaction ouvertement instinctuelle.
Quelles tendances peuvent subir une telle vicissitude et quelles circonstances déterminent si la sublimation est oui ou non possible ?
Si les pulsions prégénitales et les attitudes agressives qui les accompagnent ne sont pas réprimées par la formation dun contre-investissement ( qui les exclurait du développement ultérieur de la personnalité), elles sont plus tard organisées sous le primat de la sphère génitale. La constitution plus ou moins complète de ce processus est la condition préalable dune sublimation réussie de la portion de la prégénitalité qui nest pas utilisée sexuellement dans les mécanismes du vorlust. Il est très improbable quil existe une sublimation de la sexualité génitale adulte. Les organes génitaux constituent un appareil préposé à la réalisation de la décharge orgastique entière, cest-à-dire non sublimée. Ce sont les tendances prégénitales qui peuvent être sublimées. Cependant si les tendances prégénitales ont été refoulées et restent dans linconscient, en rivalité avec le primat du génital, elles ne peuvent être sublimées. La possibilité dun orgasme génital rend possible la sublimation (désexualisation)des tendances prégénitales.
Il nest pas facile de dire ce qui détermine si oui ou non le Moi réussira à atteindre une solution aussi heureuse. La sublimation est caractérisée par une inhibition du but (de la réaction du but), une désexualisation (ou plutôt décharnalisation), une absorption complète dun instinct par ses dérivés, et par une modification au sein du Moi. Tous ces caractères peuvent également être retrouvés dans les résultats de certaines identifications, comme par exemple dans le processus de formation du Surmoi. Le fait empirique que les sublimations, particulièrement celles qui se produisent dans lenfance, sont fonction de la présence de modèles ; dincitations fournies directement ou indirectement par lentourage, corrobore lhypothèse de Freud que la sublimation peut être reliée intimement à lidentification.
De plus, létude des cas de troubles dans laptitude à sublimer montre que cette inaptitude correspond à une difficulté à réaliser des identifications. De même que certaines identifications, les sublimations peuvent, elles aussi, combattre et annuler certaines pulsions destructrices : dans un certain sens, toute fixation artistique dun processus naturel est un " meurtre " de ce processus. Des schèmes avant-coureurs de sublimations peuvent se voir dans certains jeux denfants dans lesquels les tendances sexuelles sont satisfaites de façon " désexualisée ", après une déformation du but ou de lobjet ; et les identifications sont également très nette dans ce genre de jeux.
La mesure dans laquelle le but est dévié dans la sublimation varie énormément. Dans certains cas la déviation est limitée à une inhibition vis-à-vis du but ; le sujet qui a réalisé la sublimation fait exactement ce que son instinct le pousse à faire, mais ne le fait quaprès que linstinct a été désexualisé et subordonné à lorganisation du Moi. Dans dautres types de sublimations, il se produit des transformations qui ont des effets beaucoup plus grands. Il peut même arriver quune activité dirigée à lopposé de linstinct originel, ait réellement remplacé ce dernier. Certaines réactions de dégoût courantes chez les peuples civilisés qui ne montrent aucune trace des pulsions instinctives infantiles contre lesquelles elles étaient formées à lorigine, appartiennent à cette catégorie. Ceci est identique à ce que Freud a décrit comme une " transformation en lopposé " ; après linstallation de ce mécanisme, lénergie totale dun instinct agit dans la direction opposée.
Défenses pathogènes
Les conflits entre les exigences instinctuelles et la peur ou les sentiments de culpabilité ne sont pas nécessairement pathologiques. Cest le mode de réaction aux conflits qui détermine si leur cours ultérieur sera normal ou pathologique. Tant que les exigences instinctuelles normales ont leur place dans la personnalité entière et peuvent être satisfaites périodiquement, les conflits résiduels ont relativement peu dintensité et peuvent être résolus sans conséquences pathologiques. La possibilité de décharger les tensions instinctuelles au moyen de satisfactions périodiques est la meilleure garantie de santé mentale et aussi la condition préalable dune sublimation réussie. Cependant, les éléments instinctuels qui, pendant lenfance, se sont heurtés à des défenses du type du contre-investissement sont privés de cette possibilité de décharge périodique. Les contre-investissements ne transforment pas les pulsions refoulées en autre chose ; elles les suppriment plutôt. Elles essaient simplement de bloquer leur décharge, leur faisant ainsi perdre toute connexion avec le reste de la personnalité et les obligeant à demeurer, inchangées, dans linconscient. la réside le danger dirruption dans la conscience de ces pulsions, qui est à la base des névroses.
Ce développement explique deux faits dimportance capitale :
- Les pulsions refoulées exercent une pression constante dans le sens dune mise en mouvement. Privées de leur possibilité de décharge directe, elles profitent de nimporte quelle occasion de décharge indirecte, déplaçant leur énergie sur nimporte quelle autre pulsion qui leur est associativement reliée, augmentant lintensité de cette pulsion de substitution, ou même changeant la qualité de laffect qui y est associé. Cette pulsion de substitution est dite dérivée ; la plupart des symptômes névrotiques sont des dérivés de ce genre
- Toutes les défenses pathogènes ont une racine dans lenfance ; et il ny a pas de névrose qui nait sa racine dans lenfance.
Leffet isolateur des défenses de lenfance explique pourquoi un malade, chez qui la psychanalyse a libéré de toute répression les pulsions sexuelles infantiles, nessaie pas simplement de satisfaire ces pulsions infantiles devenues maintenant conscientes. Après que les défenses infantiles ont été brisées, lisolations est détruite et les pulsions refoulées sont de nouveau intégrées à la personnalité tout entière. Elles participent, à présent, de la maturité de la personnalité ; les pulsions infantiles se transforment en pulsions adultes qui, elles, peuvent se décharger. après quoi les résidus peuvent être traités par la sublimation ou dautres types de suppression plus efficaces.
Lorsque nous avons parlé des névroses traumatiques, nous avons remarqué que le danger de submersion par lexcitation faisait naître le besoin de bloquer la perception de nouveaux stimuli ; la perception et dautres fonction du Moi étaient paralysées ou diminuées par des contre-investissement vigoureux. On peut considérer ces types de défense - surtout leur point culminant : lévanouissement comme le prototype sur lequel toutes les autres défense pathogènes sont formées : lévanouissement est un arrêt complet des fonctions du Moi ; les autres mécanismes de défense consistent en une cessation partielle de certaines fonctions du Moi.
En dernière analyse lévanouissement, comme mécanisme de défense qui paralyse les fonctions menacées, est la conséquence dun réflexe biologique profondément enraciné qui fait abandonner non seulement la fonctions menacée, mais aussi les organes menacés (autotomie). Ce réflexe, avec son but qui est de se débarrasser dun organe sous tension au bénéfice de lhoméostasis, peut être considéré comme la source commune et de lassouvissement des instincts et de la défense contre les instincts.
Dénégation
La tendance à nier les impressions et les faits pénibles, est aussi vielle que la douleur elle-même. Chez les jeunes enfants, une dénégation des réalités, qui satisfaits leurs désirs, est chose très courantes, simple expression de lemprise du principe de plaisir.
Laptitude à nier les aspects désagréables de la réalité est la contre-partie de la " satisfaction hallucinatoire des désirs ". Anna Freud a appelé " préstades de défense " ce type de refus de reconnaître le déplaisir en général. Le développement progressif du sens du réel rend impossible cette falsification complète de réalité. Toute fois ces tendances à la dénégation cherchent à demeurer actives. Cest contre certaines perceptions internes douloureuses isolées quelles y réussissent le mieux. Freud a expliqué que la " négation " de telles perceptions peut être un compromis entre la prise de conscience des données fournies par la perception et la tendance à nier. Lorsquon dit, juste avant davoir mal à la tête ; " je suis content de navoir pas eu de maux de tête depuis si longtemps ", cela veut dire : " Je sens le mal de tête qui vient, mais pour linstant je puis encore le nier . "
" Je ne sais pas qui représente cette personne dans mon rêve, certainement pas ma mère " signifie : "Je sens que cette personne représente ma mère, mais je peux encore le nier ".
tout essai de dénégation dans les dernières phases du développement a, bien entendu, comme adversaires les fonctions de perception et de mémorisation du moi. Ces expériences pénibles qui, se reproduisant automatiquement dès que quoi que ce soit ressemble à lexpérience pénible originale, forcent lorganisme à abandonner la méthode de satisfaction hallucinatoire des désirs et la simple dénégation. Le développement progressif du Moi et du principe de réalité renforce la capacité de prise de conscience et de se souvenir et affaiblit lentement la tendance à nier. Tant que le Moi est faible, la tendance à nier peut rester relativement la plus forte ; la solution caractéristique chez les enfants plus grands est que la vérité que lon ne veut pas accepter est niée de fait dans les jeux et les rêveries, tandis que, simultanément, la partie raisonnable du Moi reconnaît la vérité et le caractère ludique ou fantaisiste de la dénégation. Une certaine partie de cette " dénégations dans la rêverie " subsiste chez ladulte normal qui, en présence dune vérité désagréable, peut malgré cela(ou plutôt à cause de cela) élaborer des rêves éveillés qui nient cette vérité. Toutefois, chez les adultes, ce genre de rêves éveillés a un caractère de " sans importance " et se borne à représenter un refuge qui les soulage un moment du fardeau de la réalité, tandis que les jeux et les dénégations chez les enfants sont dune grande importance. Cest seulement dans le cas de troubles graves de la fonction du réel (psychoses) que des dénégations sérieuses et importantes restent victorieuses chez les adultes. Dans une plus faible mesure on peut observer chez tous les névrosés, à titre dexemple de " dénégation imaginaire ", un dédoublement du Moi en une partie superficielle qui reconnaît la vérité et une partie plus profonde qui la nie. Bien quils connaissent la vérité, ils peuvent se comporter comme si elle nexistait pas . Freud décrivit ce phénomène pour la première fois chez le fétichiste, qui connaît consciemment lanatomie de lappareil génital féminin mais qui, dans ses symptômes névrotiques, se comporte comme si les femmes avaient des pénis.
On peut parfois observer directement la lutte entre la dénégation et le souvenir. Un fait désagréable peut être alternativement reconnu et nié. Si dans cette situation, on peut offrir à la perception ou à la mémoire une sorte dobjet de remplacement, qui soit inoffensif, bien que relié au fait que lon ne veut pas accepter le substitut sera accepté et le conflit sera résolu en faveur du refoulement. Le Moi, cependant que la répression lengage dans cette lutte contre la perception et la mémoire, cherche une idée ou une expérience à substituer à la réalité. Il contracte une " faim dexpériences écrans ".
Cela explique lexistence de " souvenirs écrans " rétroactifs. Le Moi fouille dans sa réserve de souvenirs pour trouver des images quil puisse offrir à sa conscience comme substituts. Mais même les perceptions qui se produisent au cours de la lutte sont immédiatement examinées par le Moi pour voir si elle conviendraient comme substituts. Le Moi a une " quantivalence libre " dexpériences écrans, et il est économiquement soulagé lorsquil les trouve. Les enfants ressentent souvent ce soulagement de façon caractéristique, qui pourrait être appelée lordre de se rappeler. Pendant une expérience plus ou moins inoffensive, mais qui pourrait être à la base, plus tard, dun souvenir écran, lenfant sent une sorte dordre intérieur : " Attention ! tu dois rappeler cette scène toute ta vie ! " ceci nest pas ressenti toujours exactement comme un ordre formel, mais quelquefois comme un désir de mettre à lépreuve sa propre mémoire.
Il y a une significative entre " ordre de se rappeler " et " déjà vu ". dans les deux phénomènes, la situation inconsciente est très semblable, en ce quune expérience réelle est reliée à une expérience refoulée et lui de substitut. Bien que les sentiments de " jai déjà éprouvé ceci auparavant " et " je me rappellerai ceci toute ma vie " soient fort différents, les sensations qui accompagnent ces deux genres dexpériences sont très semblables ; il arrive parfois quune expérience de " déjà vu " soit réellement reliée à un ordre de se rappeler. Toutefois, dans le " déjà vu ", la répression a déjà été opérée, le Moi ne veut pas se remémorer quelque chose qui a été refoulé, et le sentiment de " déjà vu " nest pas autre chose que le fait pour cette chose dêtre remise en mémoire contre sa volonté. Dans lordre de se rappeler, la répression est encore en conflit avec la mémoire. Le Moi appréhende activement lexpérience présente parce que, avec son aide, il peut achever la répression.
On ressent parfois un événement présent avec un sentiment analogue au " déjà vu "(paramnésie) : " cest donc réellement vrai que ? " cela peut signifier soit que lévénement présent est la réminiscence de quelque chose qui a été réprimé et cette répression est maintenant menacée par lévénement (ce qui est réprimé étant souvent un sentiment de culpabilité), qui donne limpression de surnaturel. Ou cela peut signifier que ce qui est " réellement vrai après tout " est une réalité dépouillée des conceptions inconscientes terrifiantes auxquelles on les associait en imagination ; cest-à-dire : " je nai plus besoin davoir peur de choses que javais par erreur associées à la réalité. " dans ce cas le sentiment analogue au " déjà vu " (paramnésie) est réconfortant et agréable.
Certains genres de comportements envers autrui peuvent quelquefois être considérés comme des tentatives de faciliter la dénégation des faits désagréables. Par exemple, le but évident du mensonge est de faire croire à lautre personne quelque chose qui nest pas vrai, ou de lempêcher de croire quelque chose de vrai ; cependant le but du mensonge habituel peut inconsciemment être de produire le même effet sur le menteur lui-même. La tentative de convaincre quelquun de la réalité dune chose qui nest pas réelle est faite pour prouver quil est possible que certaines données de la mémoire soient fausses aussi. La personne qui est trompée sert de témoin dans la discussion entre la mémoire du menteur et sa tendance à nier.
Projection
Le premier jugement du Moi fait la distinction entre objets comestibles et non-comestibles : la première acceptation est le fait davaler, le premier rejet le fait de recracher. La projection est un dérivé de la première négation ; elle doit être interprétée comme " je veux le recracher ", ou, du moins, comme " je veux mettre de la distance entre cet objet et moi ". la projection est essentielle à ce premier stade du développement du Moi que Freud a appelé " Moi-plaisir purifié " dans lequel toute chose agréable est ressentie comme appartenant au Moi (" quelque chose à avaler "), tandis que toute chose désagréable est considérée comme non-Moi (" quelque chose à recracher ").
Tant que la ligne de démarcation entre le Moi et le non-Moi nest pas encore nettement définie, ce qui est le cas dans les premières années de lenfance ainsi que dans les psychoses, le mécanisme de l' état de " Moi-plaisir purifié " peut être utilisé par le Moi dans un but défensif. Les émotions ou les excitations que le Moi essaie de repousser sont " recrachées " et ressenties alors comme étant en dehors du Moi. La pulsion agressive est perçue dans une autre personne au lieu dêtre perçu dans son propre Moi. Il en va donc de même pour la projection, mécanisme de défense, que pour le sentiment dangoisse et de culpabilité : des réactions archaïques, qui se produisent automatiquement aux premier stades du développement, sont ensuite domestiquées par le Moi qui les utilise dans un but défensif. Toutefois ce mécanisme primitif de défense ne peut être pleinement utilisé que si la fonction du réel du Moi est gravement endommagée par une régression narcissique qui rend à nouveau incertaine la délimitation entre le Moi et le non-Moi. Le fait que la projection est de la plus grande importance dans les cosmologies animistes primitives est en accord avec sa nature essentiellement archaïque.
Lorsque le développement de la libido amène un surinvestissement des fonctions excrétoires, ces fonctions, elles aussi, peuvent être utilisées comme modèles physiologiques de projection. On imagine très souvent quon se débarrasse dun objet ou dune pulsion dont on ne veut pas en léliminant du corps de la même façon que les matières fécales sont éliminées. Dans la paranoïa, maladie dans laquelle la projection est à son comble, cette illusion a son point culminant dans les délires de persécution dans lesquels le persécuteur, extérieur au patient, représente les sensations que ce dernier éprouve dans ses entrailles.
En général, lorganisme préfère sentir les dangers comme des menaces externes plutôt que comme des menaces internes, parce que certains mécanismes de défense contre les stimuli extérieurs. Beaucoup de projections donnent limpression que des tensions internes sont prises à tort pour des conflits extérieurs, dans le but dutiliser cette projection contre les stimuli intérieurs aussi.
Il est difficile de déterminer cliniquement si toute projection de certaines tendances ou dattitudes affectives représente toujours obligatoirement une expulsion dobjets auparavant intériorisés cest-à-dire, en dernière analyse, soit un recrachage ou une défécation.
Généralement les projections ne sont faites au hasard, mais sont dirigées vers un point à moitié chemin de la réalité. Le paranoïaque est comme sensibilisé à percevoir linconscient des autres, chaque fois que cette perception peut être employée pour rationaliser sa propre tendance à perception peut être employée pour rationaliser sa propre tendance à projeter. Il ressent de façon aiguë linconscient des autres lorsque cela lui permet doublier son propre inconscient. De même que les " monstres " quon voit en rêve représentent un " animalcule deau " de la vie réelle, de même le monstre du délire paranoïde peut être la déformation dun microbe de la réalité.
Lanimisme est lexemple général le plus important de la projection dans le développement normal du Moi. Les paranoïaques dont la fonction du réel est gravement déformée, font la plus fausse interprétation projective de la réalité. Les névrosés font la même chose à un degré moindre en déformant la véritable réalité dans le sens de leurs besoins inconscients.
Introjection
A lorigine, lidée davaler un objet est une affirmation. En tant que telle, elle est le prototype de la satisfaction instinctuelle, non de la défense contre les instincts. Au stade du " Moi-plaisir purifié " toute chose agréable est introjectée. En dernière analyse, tous les buts sexuels sont des dérivés daspirations à lincorporation. Lintrojection est en même temps le prototype de la réappropriation de la toute-puissance projetée jusque-là sur les adultes. Lincorporation cependant, bien quelle soit une expression d " amour ", détruit objectivement lobjet en tant que tel - comme chose indépendante appartenant au monde extérieur. Au moment ou il devient conscient de ce fait , le Moi apprend à utiliser lintrojection pour des buts agressifs comme agent des pulsions de destruction et aussi comme modèle dun mécanisme de défense particulier.
Lincorporation est la tendance la plus archaïque vers un objet. Lidentification, accomplie au moyen de lintrojection, est la forme la plus primitive de relation aux objets. Cest pourquoi toute forme plus récente de relation aux objets. Cest pourquoi toute forme plus récente de relation avec les objets, si elle rencontre des difficultés, peut régresser jusquà lidentification ; et toute tendance instinctuelle plus récente peut régresser jusquà lintrojection. lemploi de lintrojection comme mécanisme de défense nous montre de nouveau comment les mécanismes automatiques primitifs sont par la suite domestiqués et employés par le Moi à ses propres fins.
Refoulement
Relativement moins archaïque est le mécanisme du refoulement proprement dit, certainement dérivé de la " dénégation " dont nous avons parlé plus haut. Il consiste à oublier exprès inconsciemment ou à ne pas devenir conscient de pulsions internes ou dévénements extérieurs qui, dune façon générale, représentent des désirs ou leur punition, ou de simples allusions à des exigences instinctuelles considérées comme répréhensibles. Cest nettement dans lintention dempêcher leurs effets réels aussi bien que déchapper au déplaisir de les éprouver que ces données sont exclues exprès de la conscience. Toutefois, bien que le refoulé ne soit pas reçu consciemment, il reste agissant. Le Moi ne peut sen débarrasser complètement que dans les cas que nous avons appelés sublimation et quon appelle quelquefois des refoulements victorieux. Dans le refoulement proprement dit, fondé sur un incessant contre-investissement, le refoulé reste agissant du fond de linconscient.
Le meilleur exemple du mécanisme de refoulement est le cas ou un nom ou une intention sont simplement oubliés. Lanalyse révèle quun nom ou une intention sont oubliés quand un motif refoulé leur oppose une résistance, généralement parce que ce nom ou cette intention étaient associés à une exigence instinctuelle considérée comme répréhensible. Dans le cas de loubli tendancieux, le fait que lélément réprime subsiste dans linconscient est ressenti directement dans la sensation subjective quon devrait savoir ce qui a été oublié, quon le sait " un peu ", qu' "on la sur le bout de la langue ", bien quon ne le sache pas réellement.
Parfois, certains faits sont présents à la mémoire, mais leur contexte, leur signification, leur valeur émotionnelle sont refoulés.
Des conflits surgissent lorsque se produisent de nouvelles expériences, qui sont reliées à ce qui avait été antérieurement refoulé. Les éléments refoulés ont alors tendances à se servir du nouvel événement pour se libérer ; ils cherchent à déplacer sur lui leurs énergies, à transformer le nouvel événement en " dérivé ". la tendance à se servir dun tel déplacement comme moyen de décharge réussit parfois. Si on analyse les exagérations névrotiques qui consistent dans la surestimation émotionnelle dune chose relativement inoffensive le résultat prouve quelle sont des dérivés déléments qui avaient été refoulés ; la valeur émotionnelle apparemment absurde, devient compréhensible si on la considère comme le résultat dun déplacement.
Dans dautres cas les tentatives de la part des éléments refoulés de trouver une issue sous forme de dérivés échouent :il se développe alors une tendance à refouler tout événement relié associativement aux éléments refoulés, autrement dit une tendance à refouler les dérivés, tout comme lexigence originale avait dabord été refoulée. On appelle cela un refoulement secondaire (Nachdraengen). On a dès lors limpression que les éléments refoulés sont comme une force magnétique attirant tout ce qui leur est rattachable de telle sorte que cela devienne également refoulé ; en fait, il nattirent pas un élément qui leur est associativement relié dans le refoulé, mais essaient de le transformer en un dérivé sur quoi les mêmes forces qui lavaient à lorigine refoulé refoulent également les nouveaux matériels.
Les dérivés du refoulé sont parfois tantôt admis à se décharger tantôt refoulés à leur tour. Certaines formations de ce genre, comme les rêves éveillés, peuvent jusquà un certain point procurer une satisfaction hautement émotionnelle, mais ils sont entièrement et immédiatement oubliés aussitôt que ce point est dépassé. Cest également vrai des rêves, ou il ny a de la même façon quun pas des rêves hautement émotionnels, qui simposent de manière obsédante à la conscience, aux rêves qui sont complètement oubliés.
Les refoulements peuvent se trahir soit par des vides cest-à-dire par le fait que certaines idées, sensations, attitudes, auxquelles on sattendrait comme à des réactions appropriées à la réalité, sont en fait absentes soit par le caractère obsédant avec lequel on sattache à certaines idées, sensations, attitudes équivalentes qui représentent des dérivés. On trouve les premiers dans les refoulements secondaires ; les seconds dans les souvenirs écrans et les idées obsédantes.
Il existe de nombreuses relations entre le refoulement et la projection, comme entre le refoulement et lintrojection. les idées refoulées sont parfois inconsciemment ressenties comme des objets qui ont été enlevés au Moi ; ce qui rapproche le refoulement de la projection. Dans dautres cas les idées refoulées ressenties comme si elles avaient été avalées, similitude avec lintrojection fondée sur le fait que ce qui a été avalé cesse dêtre visible, mais continue à agir de lintérieur. les rêves qui se produisent au cours dune analyse montrent souvent que les éléments refoulés sont considérés inconsciemment comme de la nourriture avalée, ou même comme des matières fécales ou des vomissements.
Le refoulement type est le mécanisme principal de lhystérie. Il exprime une attitude dans laquelle la réalité indésirable est traitée simplement comme si elle nexistait pas. Peut-être le fait que les pulsions sexuelles sont très souvent lobjet dautres mécanismes de défense, est-il dû à ce que léducation traite le sujet " sexe " tout simplement en nen parlant pas, tandis que lexistence de lagressivité est reconnue quoique considérée comme une mauvaise chose. Plus les éducateurs agissent comme si les choses répréhensibles nexistaient pas, plus ils encouragent chez les enfants le refoulement type. Les contradictions de léducation actuelle, qui ne sait pas quelles sont les exigences instinctuelles quil faut permettre ou interdire, et qui a comme résultat de permettre dabord ce quon interdit par la suite de façon soudaine et inattendue(ce qui est souvent dautant plus cruel), favorise lappel à des mécanismes de défense autres que le refoulement type.
Le motif du refoulement est incontestablement de maintenir immobile ce qui a été refoulé. La preuve en est le fait que la répression devient superflue quand limpossibilité du passage à lacte est garantie dune autre façon. Les compulsionnels sont capables dêtre obsédés par lidée de meurtre puisque, grâce à lentrée en jeu du mécanisme disolation, ils sont sûr quils ne commettront pas réellement le crime.
Orgel a décrit un rêve dipien manifeste que le malade eut après une expérience qui lamena à détester réellement sa mère. Dans dautres circonstances, il aurait certainement réprimé ses désirs incestueux. La haine, qui lassurait quil ne ferait pas réellement de déclaration damour à sa mère, permit au refoulement dêtre momentanément levé.
Dès lors que le refoulé continue dexister dans linconscient et suscite des dérivés, le refoulement nest jamais accompli une fois pour toutes, mais il demande une dépense constante dénergie pour se maintenir tandis que le refoulé essaie constamment de trouer une issue. On peut observer cette dépense dénergie dans des phénomènes cliniques : par exemple, dans lappauvrissement général de la personnalité névrotique qui consume son énergie dans la réalisation de son refoulement et qui na donc pas assez dénergie à sa disposition pour dautres fins. Cela explique certaines formes de fatigue névrotique. Certains sentiments typiquement névrotiques dinfériorité correspondent à la conscience de cet appauvrissement ; il se développe des attitudes destinées à éviter des situations qui risquent de faire surgir à nouveau le refoulé (phobies) ; et on voit même se constituer des attitudes, qui pour assurer que le refoulé demeurera refoulé, sont contraires à celles des pulsions originales.
Lorsquil décrivit le refoulement, Freud distingua dabord entre le destin de lidée refoulée, et le destin de la quantité dinvestissement émotionnel de lidée refoulée. Lidée, cest à-dire son contenu idéique est oublié ; linvestissement affectif toutefois peut parvenir à la conscience, par déplacement sur une autre idée. Il est certainement exact que parfois le déplacement de laffect vers un dérivé moins répréhensible, qui trouve à se décharger ou à accéder à la conscience, facilite le refoulement de lidée originale, comme dans les souvenirs écrans. Cependant il n est pas possible de séparer entièrement les concepts d' " idée " et d' " affect lié à lidée ". Si tout laffect était déplacé, lidée originale ne chercherait plus à se décharger, le combat défensif deviendrait inutile, et tout le processus devrait alors sappeler sublimation plutôt que refoulement. En fait, les " dérivés " typiques ne contiennent quune partie de laffect refoulé. Il ny a pas que de simples " idées " qui sont réprimées, mais aussi des " pulsions ", cest-à-dire des idées chargées daffect dactions futures, des décisions dactions ( pas seulement, bien entendu, des désirs primaires du Ca, mais aussi leurs élaborations ultérieures et les attitudes du Moi). Le transfert de laffect à un dérivé représente déjà une sorte déchec de la part des forces refoulantes qui nont pas pu atteindre leur but qui était de supprimer toute expansion de la pulsion refoulée. Toutefois cet échec peut faciliter la tâche de maintenir inconsciente lidée originale.
Formation réactionnelle
Beaucoup dattitudes névrotiques sont des essais manifestes de nier ou de refouler certaines pulsions, ou de défendre la personnalité contre un danger instinctuel. Ce sont des attitudes contraintes et rigides gênant lexpression de pulsions contraires qui, malgré tout, se font parfois jour de différentes façons. Dans ces cas, la psychanalyse, agissant en tant que psychologie " démasquante " peut prouver que lattitude contraire originelle subsiste toujours dans linconscient. ces attitudes antagonistes secondaires sont appelées des formations réactionnelles.
Les formations réactionnelles représentent-elles un mécanisme de défense séparé et indépendant ? elles semblent plutôt être une conséquence et une réassurances dun refoulement déjà établi. Mais elles représentent à tout le moins une certaines forme de refoulement dans laquelle le contre-investissement est manifeste et qui, en conséquence, évite les actes en permanence répétés de refoulement secondaire. Les formations réactionnelles ne développe pas certains mécanismes de défense à employer quand un danger instinctuel menace ; il a changé la structure de sa personnalité comme si ce danger était toujours présent, pour être prêt quel que soit le moment ou ce danger se présente. La propreté et le sens de lordre du compulsionnel qui lutte, par ces traits de caractère, contre ses exigences instinctuelles de saleté et de désordre, en sont un exemple. La rigidité dune telle propreté ou dun tel sens de lordre autan que léventuelle irruption du goût pour la saleté et le désordre trahissent le caractère réactionnel de ces traits de personnalité.
Les pulsions instinctuelles peuvent se faire jour tant dans les rêves quà létat de veille. Une action instinctuelle peut parfois devenir à nouveau possible et la formation réactionnelle devenir insuffisante dans certaines conditions économiques ou qualitatives. La plupart des traits de caractère pathologiques correspondent au type de la formation réactionnelle ; autrement dit, tandis que les traits normaux de caractère permettent la décharge, la plupart des traits pathologiques ont dabord pour but de maintenir toujours existantes les tendances antagonistes dans linconscient.
Certains mécanismes de défense représentent des formes intermédiaires entre le simple refoulement et la formation réactionnelle. Une mère hystérique qui hait inconsciemment son enfant peut développer une affection apparemment très grande pour cet enfant, pour assurer le refoulement de sa haine. Descriptivement, on peut appeler cela une formation réactionnelle. Mais cela nimplique pas une transformation de la personnalité toute entière dans le sens de lamabilité ou de lintérêt pour autrui en général. Lamabilité reste limitée au seul objet, et même là il doit être rétabli toutes les fois que loccasion lexige. au contraire un compulsionnel qui développe une véritable formation réactionnelle contre la haine, se transforme une fois pour toutes en une personnalité absolument et généralement aimable. Une formation réactionnelle peut utiliser des tendances dont les buts sont contraires à ceux de la tendance originelle. Elle peut augmenter la force de ces tendances pour mieux faire échec à la tendance originelle, et de cette façon un conflit entre une pulsion instinctuelle et un sentiment dangoisse ou de culpabilité peut être déguisé en un conflit entre des instincts rivaux.
Par exemple, un homme peut être réactionnellement prégénital dans le but de repousser la génitalité ; un autre peut être réactionnellement (pseudo) génital pour repousser la prégénitalité ; ou réactionnellement hétérosexuel pour repousser lhomosexualité ou vice-versa ; réactionnellement passif-réceptif pour repousser lagressivité, ou vice-versa.
La différence fondamentale entre une formation réactionnelle qui supprime une pulsion originelle et une sublimation dans laquelle la pulsion originelle trouve à se décharger, nest pas toujours reconnue dans la littérature psychanalytique. Cela est en partie une question de terminologie. La classification des attitudes selon quelles sont supplantées ou supprimées ne correspond pas toujours à la classification selon laquelle les attitudes sont subdivisées en celles qui agissent dans la même direction que la pulsion originelle ( ou dans une direction légèrement modifiée) et celles qui sont diamétralement opposées. Le tableau suivant peut rendre la chose plus claire :
Attitudes qui opèrent
A) Dans la même direction (ou modifiée) que la poussée originelle
B) Dans la direction opposée
Attitudes par lesquelles linstinct est :
- Supplanté I AI B
- Supprimé II AII B
Nous appelons I (qui comprend I A et I B) sublimation et II (qui comprend II A et II B) formation réactionnelle. La sublimation habituelle est représentée par IA ; mais il y a aussi la forme I B : par exemple, si chez une personne normale un intérêt anal originel est remplacé par un certain dégoût par trop intense pour les matières fécales sans quil subsiste un intense intérêt inconscient pour les matières fécales . la formation réactionnelle typique serait représentée par II B ; mais il y a aussi les attitudes contraphobiques de la catégorie II A dans lesquelles le fait de faire la chose même qui a été primitivement redoutée sert à tenir en échec lintense désir originel.
Pour rendre plus claires les relations entre la formation réactionnelle et la sublimation, comparons un enfant qui apprend bien à écrire et qui aime beaucoup cela, un enfant qui a une inhibition à écrire, un enfant qui écrit de façon très contrainte et méticuleuse, un enfant qui gribouille. Tous, ils ont transféré des envies instinctuelles anales à lécriture. chez le premier enfant, une sublimation s est produite ; il ne veut plus barbouiller, mais écrire. Les autres enfants nont pas réussi à canaliser cette pulsion. Ils sont forcés de linhiber au moyen dun contre-investissement, ou de se mécaniser dans des formations réactionnelles, ou même de conserver inchangée la pulsion originelle.
Tandis que la sublimation dune exigence instinctuelle en une fonction du Moi augmente lefficacité de cette fonction, une formation réactionnelle dirigée contre une fonction " sexualisée " diminue obligatoirement cette efficacité.
La sublimation est reliée à la formation réactionnelle de la même façon que la mise sur pied réussi du Surmoi est à un refoulement immuable du complexe ddipe.
On dit parfois que la sublimation est nécessairement une sorte de refoulement ; le peintre qui a sublimé sa pulsion à barbouiller ne sait rien consciemment de son érotisme anal. Ceci repose sur la définition même du refoulement. Si la disparition hors de la conscience du but originel est appelée refoulement, toute sublimation est un refoulement ( un refoulement " victorieux " : grâce à la nouvelle forme de décharge, lancienne est devenue inutile). Si cependant, la définition du refoulement implique la conception dun contre-investissement continu, refoulement et sublimation sexcluent mutuellement. Pour lhomme qui a refoulé ses pulsions au barbouillage grâce à un contre-investissement, lidée de peinture devrait être refoulée aussi, parce quelle est trop analogue au barbouillage originel. Il y a cependant des artistes névrosés dont les uvres sont des mélanges de sublimation et de symptômes névrotiques.
Annulation
Il ny a pas de ligne de démarcation nette les différentes formes de mécanisme de défense. La formation réactionnelle a été reliée au refoulement et lannulation est liée à la formation réactionnelle. Dans la formation réactionnelle, on prend une attitude contraire à lattitude originelle : dans lannulation, on fait un pas de plus. Il se fait quelque chose de positif qui, de façon réelle ou magique, est le contraire de quelque chose qui, encore une fois réellement ou imaginairement, sétait fait avant.
Cest dans certains symptômes compulsionnels composés de deux actions, dont la seconde est une inversion direct de la première, que ce mécanisme peut être le plus nettement observé. Par exemple, un malade allume dabord le gaz, puis léteint. tous les symptômes qui représentent une expiation appartiennent à cette catégorie, car cest dans la nature de lexpiation dannuler les actes antérieurs. Lidée dexpiation elle-même nest quune expression de confiance dans la possibilité dune annulation magique.
Paradoxalement, lannulation ne consiste parfois pas dans une obligation de faire le contraire de ce qui avait été fait antérieurement, mais en une obligation de répéter exactement le même acte. Lanalyse montre que ce fait est fondé sur lintention inconsciente suivante : le premier acte était accompli en liaison avec une certaines attitude instinctuelle inconsciente ; il est annulé quand ce même acte peut être de nouveau accompli dans des conditions intérieures différentes. Le but de lobligation de recommencer est daccomplir exactement le même acte libéré de sa signification secrète inconsciente, ou avec la signification inconsciente contraire. Si en raison de laction impossible à interrompre du refoulé, une partie des pulsions originelles sinsinue à nouveau dans la répétition qui devait représenter une expiation, une troisième, quatrième, ou cinquième répétition de lacte peuvent devenir nécessaires.
Un malade irréligieux, qui devait prier obsessionnellement pour la santé de sa mère malade, était également obligé de se frapper légèrement la bouche après la prière. Cela représentait une annulation du symptôme protecteur, un retour du désir refoulé de voir sa mère mourir, qui signifiait : " je fais rentrer les mots de la prière dans ma bouche. " le même mécanisme agit chez les enfants qui pensent quun faux serment est permis si, pendant quils font le geste du serment de la main droite, ils font secrètement le geste opposé de la main gauche. Un autre malade devait tendre le cou en lair. on découvrit que, peu de temps auparavant, il était descendu en ascenseur et avait pensé que le mouvement de descente rapide pouvait endommager son cerveau (angoisse de castration déguisée, avec déplacement vers le haut). Le symptôme dallonger son cou en lair était une " annulation " : le mouvement de la tête vers le haut était destiné à renvoyer le cerveau à la place dou il descendait et à annuler ainsi la castration antérieure.
Ce symptôme représente un cas spécial du type fréquent de symptômes compulsionnels qui sont fondés sur la magie de la symétrie et qui ont souvent la signification inconsciente dune annulation. Si quoi que ce soit a été touché du côté droit, un objet analogue doit être touché du côté gauche. La signification est que léquilibre entre linstinct et le contre-instinct ne doit pas être rompu. Sil a été rompu dun côté de la balance, cette rupture doit être annulée de lautre. la " magie des nombres " des obsédés leur fait préférer les nombres pairs, parce quils ne rompent pas léquilibre comme les nombres impaires le font .
Souvent une intention d' "annuler " échoue parce que ce qui a été repoussé revient dans la mesure dannulation elle-même ; " annuler " se transforme en " le refaire ". cest ce qui arrive quand lannulation consiste à faire exactement le même acte, mais avec une attitude ; au lieu de cela, il peut être répété avec la même attitude. Un exemple : un malade qui avait scrupule à dépenser de largent inutilement, acheta un journal pour 25 centimes ; inconsciemment, cela équivalait pour lui à une visite à une prostituée. Il le regretta et, désirant annuler lacte, décida de retourner au kiosque. Il ne savait pas quoi faire, parce quil aurait eu honte de rendre le journal au vendeur et de réclamer largent. il lui vint alors la pensée que lachat dun second journal pourrait soulager son esprit. Mais le kiosque était déjà fermé. Sur quoi il prit une autre pièce de 5 sous dans sa poche et la jeta.
Tout comme les formations réactionnelles, le mécanisme de défense de lannulation peut être produit par un accroissement réflexe de la force dune tendance contraire à la tendance originelle, condensant ainsi lattitude défensive avec une attitude instinctuelle dirigée vers le plaisir érogène. Lorsquun enfant ressent la défécation comme une perte de son intégrité narcistique et développe une tendance à une coprophagie de compensation ( ou plus tard, lorsque ladulte prend lhabitude de lire pendant quil est aux W.C ), cette coprophagie représente à la fois une annulation de la défécation et un plaisir oral-anal. Quand une personne qui fait de langoisse de castration retourne à un niveau anal et substitue lidée de perdre les matières fécales à lidée de perdre le pénis, la répétition fréquente de la défécation les rassure sur le fait que ce nest pas une perte définitive ; tandis que le Moi est occupé à annuler la castration, le Ca par le même processus, sabandonne à des pulsions anales. Cette possibilité de réassurance et de plaisir simultanés est probablement lexplication du fait que le mécanisme dannulation est si souvent employé dans les conflits autour de lérotisme anal.
Une signification spéciale est attachée aux actions et aux attitudes visant à annuler des destructions imaginaires. Les besoins de réparation peuvent réussir ou ne pas réussir à contenir les poussées sadiques. Ils peuvent être le principal motif tant sublimations artistiques ou scientifiquement que de pénibles rites obsessionnels..
Un échec du mécanisme dannulation du à linvasion de la défense par les pulsions refoulées, explique plusieurs phénomènes dans les névroses obsessionnelles :
- Laugmentation du nombre des répétitions nécessaires parce quaucune répétition ne donne lassurance absolue que lacte est cette fois accompli sans lintention instinctuelle
- Certaines formes dobligation de compter dont la signification inconsciente est de compter le nombre de répétitions nécessaires
- Lextension croissante des rites de réassurance
- Des doutes obsédants qui sont quelquefois des doutes sur la réussite de lannulation, et enfin, dans certains cas
- La futilité de toutes ces mesures.
Isolation
Un autre mécanisme de défense qui prévaut dans les névroses obsessionnelles et qui a une signification très générale pour la psychopathologie, est lisolation. ici, le malade na pas oublié ses traumatismes pathogènes mais a perdu la trace de leurs connections et de leur signification émotionnelle. Il est aussi réfractaire à une démonstration des vraies corrélations quun hystérique au réveil de ses souvenirs refoulés. Ici encore, un contre- investissement agit donc ; son action consiste à maintenir séparé ce qui, en fait, est uni.
Parfois le malade intercale des intervalles spatiaux ou temporels réels entre les deux domaines qui sont censés être maintenus séparés. Les intervalles spatiaux sont arrangés de façon que certaines choses ( représentant les idées qui doivent être maintenues séparées) ne puissent se toucher, ou bien un certain ordre leur est assigné qui maintient une certaines distances entre eux. Les intervalles temporels sont intercalés de telle sorte que, après une action, il y ait un intermède empêchant lacte dempiéter sur un autre. la mesure de ces intervalles de temps est parfois ce qui détermine les obsédés à compter.
Un malade qui entrave tout thérapeutique de son analyse en poursuivant toute lanalyse " en isolation " a une importance pratique. Lanalyse nest acceptée que tant que le malade est étendu sur la couche, mais reste isolée du reste de sa vie. Ces malades doivent parfois commencer et terminer lheure danalyse par certains rites qui servent à isoler les séances danalyse de ce qui se passe et après.
Le cas le plus important de ce mécanisme de défense est lisolation dune idée de linvestissement émotionnel qui y était originalement lié. Le malade peut rester calme en parlant des événements les plus émouvants, mais peut ensuite monter une émotion incompréhensible à un tout autre point de son récit, sans avoir conscience du fait que lémotion a été déplacée. Des contenus idéatifs extrêmement " censurables " comme des désirs de meurtre ou dinceste, peuvent devenir conscients sous forme dobsessions, parce que le névrosé obsédé est capable de ressentir ces idées comme de simples pensées, isolées de façon sûr du passage à l'acte. le vide émotionnel, si caractéristique chez certains obsédés et qui crée un sérieux obstacle à leur traitement, est fondé sur une isolation de ce genre. Certains malades sont même capables de ressentir pleinement leurs émotions, mais seulement tant quils peuvent en quelque sorte faire semblant de jouer simplement ou de faire des expériences mentales, ou quelque chose de similaire, cest-à-dire tant que les émotions restent isolées du " sérieux ".
Les malades obsédés fuient les expériences terrifiantes des pulsions émotionnelles, dans le monde " isolé " des mots et des idées. Dans la rumination obsédante, les éléments refoulés reviennent : des idées philosophiques tarabiscotées, qui représentaient une protection contre les pulsions instinctuelles, deviennent émotionnellement aussi importantes que le sont les pulsions instinctuelles pour la personnalité normale.
Une isolation qui se produit très fréquemment dans notre culture est celui des éléments sensuels et tendres de la sexualité. Cest par une conséquence du refoulement du complexe ddipe que beaucoup dhommes (et aussi un grand nombre de femmes) narrivent pas à une pleine satisfaction sexuelle parce quils ne peuvent jouir de leur sensualité quavec des personnes pour qui ils nont pas de sentiments de tendresse ou, même, pour qui ils ont des sentiments de mépris ou pas de sentiments du tout. " ils ne peuvent désirer ou ils aiment, et ils ne peuvent aimer ou ils désirent ". linstitution de la prostitution donne aux hommes de cette catégorie la possibilité disoler du reste de leur vie sensualité inacceptée, et les délire ainsi de la nécessité de la réprimer.
Beaucoup denfants essaient de résoudre des conflits en isolant lune de lautre certaines sphères de leur vie, comme lécole de la maison, ou leur vie sociale des secret de leur solitude ; une des sphères isolées représente la liberté instinctuelle et lautre la bonne conduite. Ils dédoublent même leur personnalité et jouent à être deux enfants de noms différents dont lun est un enfant sage et lautre un vilain et ils nient que lenfant sage soit responsable des actes du vilain.
Le point de savoir si les fameux cas de " dédoublement de la personnalité " devraient
être appelés isolations ou refoulements, dépend de si la personne, lorsquelle est dans un état, connaît ou non lexistence de lautre état. Ces cas montrent que lisolation et le refoulement sont fondamentalement liés.
Egalement dans le cas que Freud a appelé " morcellement du Moi ", une connaissance déplaisante est isolées du reste de la personnalité.
Un autre genre disolation est représenté par les tentatives de résoudre les conflits de lambivalence, cest-à-dire les conflits entre lamour et la haine de la même personne en clivant les sentiments contradictoires, de sorte quune personne est seulement aimée, lautre seulement détestée ; un contre-investissement empêchant les deux sentiments dentrer en contact. Le contraste de la bonne mère et de la méchante belle-mère des contes de fées en est un exemple.
On peut voir dans les fréquents blasphèmes obsédants léchec dune tentative disolation. en vue disoler lattitude positive ( inspirée par la crainte) à légard de limage paternelle de toute idée agressive ou sexuelle, une attitude religieuse a dabord été adoptée. Chez les obsédés blasphémateurs. Ce mécanisme a échoué.
Bien que lisolation se produise dans tous les cas dobsessions, il y a des personnes chez qui ce procédé domine à tel point le tableau quelles offrent une excellente démonstration du mécanisme. Cest ce quillustre le cas suivant :
Un jeune homme de 17 ans devint névrosé à la suite de son conflit au sujet de la masturbation. Pendant un certain temps il se masturba sans aucun sentiment de culpabilité et il regarda aussi ses camarades de classes se masturber mutuellement. Il entendit alors un sermon de son pasteur conseillant de sécarter des gens qui se masturbent. Comme, dans son enfance, la génialité du garçon avait été inhibée par une peur excessive de castration, il prit à cur le sermon du pasteur et décida de suivre son conseil et de ne plus parler aux garçons qui se masturbaient. Cela visait particulièrement un garçon qui, il le savait, se masturbait beaucoup. Il réussit pendant un certain temps à suivre sa résolution. Mais bientôt, pour éviter tout contact avec le garçon, il dut recourir à certaines phobies et rites obsessionnels pour continuer à léviter. au début, toutes les fois quil le rencontrait, il devait cracher ; un décret obsédant sur le nombre de fois quil fallait cracher ne fut jamais tiré au clair par lanalyse. la phobie sétendit, il sabstint de tout contact avec la famille et les amis de l " Intouchable " (le malade appelait ainsi le garçon pour éviter de prononcer son nom). Puis , parce que le garçon était fils dun coiffeur, le malade nalla plus chez le coiffeur. Plus tard il évita les gens qui se faisaient raser chez le coiffeur et trouva obligatoire de ne pas approcher le quartier de la ville ou était le salon de coiffure du père du garçon.
Puis la névrose tout entière prit vite la forme dune " névrose disolation ". il voulut obliger les membres de sa famille, surtout les femmes, cest-à-dire sa grand-mère, sa mère et sa sur, à ne jamais sapprocher du quartier défendu. Il souffrait énormément parce que sa famille ne voulut pas accepter cette restriction de sa liberté. Lui-même obéissait implicitement à ses défenses ; mais plus il limitait strictement ses actions, plus il était forcé de penser de façon obsédante au quartier défendu de la ville. Il est facile de comprendre que cela lui était pénible. Il lexpliqua de façon inattendue : cétait pénibles, dit-il, parce quà la maison il voyait sa mère et sa grand-mère et il naurait donc pas dû en leur présence penser aux gens et endroits défendus. Bien quil se rendît compte de sa maladie et fût conscient de sa masturbation, il ne faisait pas de rapport entre les deux. Il avait cessé de se masturber sans grand effort apparent. Mais, à la place de la masturbation, leffort névrotique de maintenir lidée de " membre de la famille " séparée de " personnes et endroits inconvenants " et de les isoler lune de lautre devint de plus en plus définie.
Lisolation devint le sujet principal de la névrose. Le malade " sautorisait à penser à des choses inconcevables " en même temps. Il faisait ainsi la démonstration du fait que cétait le complexe ddipe que représentait sa masturbation. Lélaboration de cet effort de la part du Moi pour se défendre mois à une obsession de la forme la plus grave.
Le malade était comme lhomme de la pièce de Wedekind, qui ne devait pas penser à un ours. Toutes les fois que le malade pensait à l' " Intouchable ", il pensait immédiatement à sa grand-mère. Il appelait ce symptôme torturant une " connexion ". Il lui était possible demployer pour le combattre une défense quil appelait " déconnexion ", qui est un bon exemple de mécanisme dannulation. si, après avoir pensé simultanément à un endroit défendu et à une personne convenable, il pouvait se faire une image mentale de la chose inconvenante complètement isolée et libérée de tout corollaire convenable tout rentrait dans lordre, et il était apaisé. Avant longtemps, le malade fut absorbé du matin au soir par lélaboration de " déconnexions ".
Deux autres composantes qui ont tendance à augmenter la gravité dune névrose obsessionnelle en voie dextension apparurent alors : un immense accroissement du champ de la symptomatologie et un envahissement des symptômes par les pulsions refoulées.
La distinction des objets en convenables et inconvenants sétendit graduellement à toutes les personnes et à tous les endroits. Cest ainsi que les " camarades décole " devinrent " inconvenants ", la " famille " devint " convenable " mais aussi que toutes les autres personnes, par une association superficielle, furent classées dans lune ou lautre catégorie et devinrent ainsi sujettes à connexions et déconnexions.
Après avoir entrepris une connexion, il ne pouvait pas quitter lendroit ou il se trouvait, ni interrompre lactivité dans laquelle il était engagé avant davoir accompli la déconnexion. Cétait affreusement pénible pour lui. Il ne savait jamais sil pourrait quitter le divan après son heure danalyse, et pendant toute lheure, il était torturé par la peur quelle se terminât juste entre une connexion et une déconnexion. Finalement, la défense elle-même arriva à exprimer les pulsions rejetées. Lobligation de déconnecter força le malade à tenir toujours prêt un nombre suffisant de personnes, endroits et choses convenables. Le désir de faire cesser rapidement la tension torturante provoquait un retour du refoulé hors du refoulement. Le malade commença à fréquenter les endroits peu convenables et à observer attentivement les personnes pas convenables de façon à les avoir prêts sil en avait besoin. Il ne pouvait cependant pas le faire avec tous les objets inconvenants. Il continua par exemple à éviter " lintouchable ". il se produisit ensuite une série progressive de différenciations. Il y avait des objets qui étaient évités comme complètement inconvenants ; puis, à côté deux, il y en avait de moins inconvenants à tenir en réserve ; puis des plus ou moins indifférents, dautres légèrement convenables et enfin dautres complètement convenables. Il sépuisait finalement de façon consciente à ne penser quà des objets inconvenants, espérant provoquer ainsi plus facilement la déconnexion. Comme la pensée des " objets inconvenants " signifiait " masturbation ", il se masturbait continuellement inconsciemment. Et, en fait, lorsque sa tension était très grande et quil ne pouvait faire une déconnexion en dépit de tous ses efforts, il lui arrivait davoir, à son grand étonnement, une éjaculation.
Freud a attiré lattention sur un prototype normal disolation et sur un point se rapportant à son origine.
Le prototype normal est le processus de penser logique, qui se ramène en fait à éliminer continuellement les associations affectives en faveur de lobjectivité. les obsédés, dans leur travail disolation, se comportent comme des caricatures des penseurs normaux. Ce fait jette une lumière sur un facteur important en thérapie analytique. La libre association semble être essentiellement un arrêt des contre-investissements isolants normaux. Les isolations qui caractérisent la pensée normale sont censées être arrêtées par linjonction dexprimer tout ce qui vient à lesprit. comme les obsédés engagent une partie considérable de leurs contre-investissements dans le mécanisme particulier de lisolation, il leur est difficile dassocier librement. En fait, certains obsédés napprennent jamais à le faire. Ils désirent toujours de lordre, de la routine, un système. Du point de vue psychologique, cela signifie quils ne désirent pas se passer de leurs isolements.
Du point de vue génétique, le mécanisme de lisolation est lié à lancienne interdiction de toucher. Les cérémoniaux du seuil et les obsessions du pavé sont lexpression dun conflit entre obéir ou ne pas obéir à cette interdiction. Linterdiction de toucher, comme prototype du mécanisme disolation, peut être dirigée contre nimporte quelle pulsion instinctuelle. Il ny a pas de pulsions interdites, quelles soient de nature sensuelle, agressive ou tendre, dont le but ne présuppose le contact de lobjet.
Régression
Lidée de régression a été discutée plus haut. Lorsquune personne se trouve en face dune frustration, il naît en elle une tendance à avoir la nostalgie de périodes antérieures de sa vie ou ses expériences étaient plus agréables, et de modes antérieurs de satisfaction qui étaient plus complets. Lintensité de cette tendance croît avec deux facteurs qui sont étroitement liés entre eux : le degré dhésitation avec lequel lindividu accepte des modes plus nouveaux de satisfaction et le degré auquel il est fixé à des types plus anciens. La régression, dans ce sens, peut-elle être appelée un mécanisme de défense ?
Lobsédé type, lorsquil vit un conflit entre ses désirs dipiens phalliques et sa peur de castration, substitue des désirs anal-sadiques à ses exigences dipiennes. Donc, la régression est réellement un moyen de défense. On doit cependant admettre que le rôle joué par le Moi dans la régression est différent du rôle quil joue dans tous les autres mécanismes de défense. Ces derniers sont mis en mouvement par une activité du Moi (bien que, dans cette activité, le Moi puisse recourir à des mécanismes plus archaïques et plus automatiques) ; dans la régression, le Moi est beaucoup plus passif. La régression arrive au Moi; en général, la régression semble être mise en mouvement par les instincts qui, ne pouvant être directement satisfaits, cherchent un substitut. La condition nécessaire à lemploi de la régression comme mécanisme de défense est donc une faiblesse particulière de lorganisme du Moi.
Nous avons dit y a une relation complémentaire entre la fixation et la régression ; il est facile de renoncer à quelque chose qui nest pas très important. Plus les fixations prégénitales sont intenses, plus lorganisation phallique ultérieure est faible . un individu fixé au niveau anal navancera quà contre-cur jusquau stade phallique, et sera toujours prêt à abandonner sa nouvelle acquisition à la moindre déception ou menace. Cependant, des déceptions et des dangers très intenses et soudains peuvent provoquer des régressions mêmes chez des individus ne présentant pas de fortes fixations.
Deux formes de régression méritent dêtre particulièrement mentionnées. La première est la régression de forme adultes de la sexualité à des formes infantiles. Cette régression est la condition préalable aux névroses. Toute déception ou menaces à la sexualité adulte peut amener une personne à revenir aux niveaux de sa sexualité infantile ou elle est inconsciemment fixée ; autrement dit à des niveaux qui ont été refoulés et sont restés inchangés dans linconscient. toutefois une névrose ne se produit que si la réapparition de la sexualité infantile fait à son tour resurgir les conflits anciens qui, à un moment de lenfance, se déchaînaient autour de la sexualité infantile. La régression à la sexualité infantile peut toutefois se limiter à la zone érogène principale, de sorte que, par exemple, un sujet hystérique, fixé oralement, peut exprimer ses désirs génitaux dipiens par des fantasmes de fellation ou par des symptômes oraux. Ou bien il peut y avoir une régression complète dans laquelle non seulement la consommation des désirs génitaux peut être exprimée de façon prégénitale, mais ou tout le complexe de prégénitalité, comprenant des caractéristique telle que lambivalence et la bisexualité, remplace la génitalité. Dans ce sens, lobsédé typique a abandonné sa génitalité et est redevenu sadique anal.
Le second cas spécial de régression est la régression au narcissisme primaire ou au stade de développement antérieur à la différenciation finale du Moi et du Ca. Lorsque cette régression la plus profonde se produit, cest le plus ancien mode de défense qui est repris le blocage du Moi.
Ce qui détermine le choix des types des mécanismes de défense sera discuté plus loin.
Défenses contre les affects
Jusquà maintenant nous navons parlé que des mécanismes de défense contre les poussées instinctuelles. Cependant les poussées instinctuelles sont rejetées à cause dun sentiment dangoisse ou de culpabilité, cest-à-dire, pour éviter le déplaisir de la panique traumatique ou de la perte de lestime de soi-même. En dernière analyse, toute défense est donc une défense contre les affects " Je ne veux pas ressentir de sensation pénible " est le premier et le dernier motif de défense. Bien que les défenses les plus organisées contre les poussées instinctuelles soient de la plus grande importance dans la psychogenèse des névroses, on ne doit pas oublier que les défenses archaïques, moins systématisées, contre les affects sont également agissantes. Le sentiment dangoisse ou de culpabilité, qui motive la défense contre les poussées instinctuelles, est lui-même pénible et il y a en fait des défenses qui nont pas pour but déviter les actions ou situations instinctuelles de tentations ou de punition, mais qui tendent directement à éviter le sentiment même dangoisse ou de culpabilité. Ceci est particulièrement visible dans certaines formations caractérielles archaïques ou on peut observer des défenses contre langoisse sur une grande échelle.
Blocage (refoulement) des affects
Il semble que le Moi, après avoir été submergé une fois par les émotions, peut recouvrer ses forces à un point tel que, au retour de situations semblables, il soit en mesure de disposer des contre-investissements propres à le protéger contre une nouvelle mise en jeu totale de laffect. on peut parler aussi bien daffect. inconscients que de sensations inconscientes ; dans les deux cas il existe certains états de tension (tendances inconscientes au développement des affects, contre-nues par les forces de répression ) qui, si des contre-investissements nempêchaient pas leur extension et ne les déchargeraient finiraient par éclore respectivement en émotions et sensations. " lexcitation sexuelle inconsciente " ou " langoisse inconsciente " peuvent être observées cliniquement exactement comme les autres éléments inconscients peuvent être observés en général ; les dispositions inconscientes aux émotions réprimées, créent des dérivés, se trahissent par des rêves, des symptômes et dautres formations de substitution ; elles se manifestent tout simplement par une faiblesse générale provoquée par une consommation excessive dénergies. " la frigidité émotionnelle " et certaines formes de dépersonnalisation sont des exemples dun blocage émotionnel général. On a dit quune disproportion entre la stimulation et la réaction émotionnelle est un indice de lexistence de répressions ; on peut ajouter que, grâce à la formation de dérivés, une instabilité affective générale est la première conséquence de la défense contre les affects par le moyen du blocage de la décharge. La personnalité peut avoir appris à se défendre secondairement contre cette instabilité par des contre-investissement renforcés. Si linstabilité affective est le premier résultat des défenses contre les émotions, une rigidité affective générale est le second.
Affects différés
Les dérivés les plus simples sont les explosions différées des émotions. Le déplacement temporel, avec pour simple résultat lapparition plus tardive de la réaction émotionnelle empêchant par là lidentification de la relation motivante, est le cas le plus fréquent de déplacement daffect. cest contre les émotions de rage (ou colère) et de douleur morale que ce mécanisme de défense est utilisé le plus souvent. On peut évidemment supporter la fureur sans décharge pendant une courte période, mais seulement pendant une courte période ; elle doit ensuite être libérée, peu importe contre qui. Dans lémotion douloureuse, le différemment semble être un élément essentiel. Ce qui se produit dans le deuil nest autre que la " liquidation " graduelle dune émotion qui, si elle était libérée avec toute sa force, cest-à-dire la quantité dinvestissement libérée par la perte de lobjet, submergerait le Moi.
Ce que nous appelons de nos jours la douleur nest manifestement quune neutralisation différée et segmentée dune sauvage et auto-destructrice de lémotion quil est encore possible dobserver dans la panique dun enfant au moment ou sa mère disparaît, ou dans les réactions non inhibées de deuil chez les peuples primitifs. On comprend donc facilement que le mécanisme de laffect différé ait été étudié spécialement dans ses relations avec le phénomène de la douleur. Lhomme aux loup de Freud, ne manifesta aucune réaction à la mort de sa sur, mais il éclata en sanglots devant la tombe de poutchkine, Hélène Deutsch a consacré un article à cette question.
Le mécanisme de laffect différé nest cependant en aucune façon limité à la fureur et à la douleur. Pfister a étudié la réaction du Moi à un danger mortel et a toujours trouvé une absence de peur pendant le moment de danger le plus aigu, mais lapparition ultérieure dune peur intense, une fois le danger passé. Un tel différemment de la peur sauver une vie, car il rend possible une action adaptée, qui, sans cela, aurait pu être paralysée par la peur. De même, les symptômes dangoisse des névrosés traumatiques sont en partie lexpression de cette peur différée. Une " peur retardée " peut sembler une contradiction, car la peur est une réaction soudaine et immédiate. Et pourtant elle existe. Une personne peut accepter calmement des épreuves terrifiantes et pourtant, quelques moments plus tard, sombrer dans la terreur. Pendant ces instants, le Moi a eu le temps de se préparer, de se protéger contre une submersion totale.
La peur différée est tellement comme des scénaristes que, non seulement ils servent, mais ils la désignent même par un terme spécial : double take, qui se trouve illustré par lanecdote suivante : un homme rentre chez lui après une journée de travail épuisant et trouve un télégramme lui annonçant la mort dun parent, le lit en se couchant et sécrie alors : " Oh, quel choc terrible ce sera demain matin ! "
On peut observer assez souvent des réactions différées de honte et de dégoût.
Un malade avait, au cours de son analyse, repris lhabitude infantile de la masturbation anale. Dans son analyse, il expliqua que, ce faisant, il avait sali ses doigts. Il était frappant de voir quil ne manifestait aucune réaction de dégoût, alors que son caractère en aurait fait attendre une. Quelques jours plus tard, il réagit à une provocation relativement légère par une explosion tout à fait disproportionnée de dégoût intense.
Le retard de la réaction de fatigue, lorsquon est en pleine crise, jusquà ce que le danger soit passé, repose apparemment sur le même mécanisme.
Quelquefois, lorsquon a subi une grande douleur ou fait un gros effort, on peut observer une sorte dapathie, dinsensibilité à la douleur et de frigidité émotionnelle. Ceci, encore, doit relever dun mécanisme similaire, destiné à protéger le Moi contre des affects ou des sensations qui risqueraient de le submerger.
Déplacement des affects
Le différemment nest quun cas spécial de nombreuses formes de déplacement daffects. un autre type est le déplacement quant à lobjet. lémotion, qui avait été supprimée vis-à-vis dun objet, explose vis-à-vis dun autre objet. Ce type de déplacement peut être combiné avec le retardement comme dans le cas de la réaction de lhomme aux loups devant la tombe de Poutchkine. Le déplacement de lobjet redouté est connu depuis létude des phobies danimaux.
Equivalents émotionnels
La défense est plus réussi si la personne peut se tromper elle-même sur le caractère de sa propre émotion. Les processus nerveux typiques de la décharge peuvent se produire, totalement ou partiellement mais leur signification psychique reste inconsciente. Cest de cette façon que naissent ce quon appelle les équivalents émotionnels. Freud a décrit des équivalents de langoisse dans son premier ouvrage sur les névroses dangoisse. Landauer étudia des équivalents du deuil. Il est indéniable que toutes les autres émotions peuvent également être remplacées de la même façon par des équivalents de sensations somatiques. Cest une caractéristique de certaines personnalités obsessionnelles que, quand lanalyse a attaqué victorieusement le blocage de leurs émotions, elles commencent à se plaindre de certains changements dans les sensations de leur corps, sans réaliser leur signification psychique. Avant quelles puissent de nouveau ressentir pleinement leurs émotions, elles trouvent dabord le chemin des équivalents émotionnels. Le " langage fondamental " somatique de Shreber consiste en des émotions réduites à des sensations somatiques.
Formations réactionnelles contre les affects
La négation de la vraie signification dun affect peut être accrue jusquà lattachement obsessionnel à lattitude émotionnelle opposée. Limpudence peut être développée comme une défense contre les sentiments de culpabilité, le courage comme défense contre la peur.
Nous sommes habitué à voir la honte et le dégoût utilisés comme défenses sexuelles. Nous sommes donc enclins à considérer une conduite particulièrement impudique ou le recours ostentatoire au dégoûtant comme une explosion dinstincts sexuels infantiles, plutôt que comme une formation réactionnelle contre les affects. Mais cette " éruption dinstincts " nest pas obligatoirement construite de façon simple. Lanalyse par Editha Sterba dune " fille impudique " montrait que, dans ce cas au moins, il ny avait pas un véritable manque de honte, mais une formation réactionnelle compliquée dirigée contre une période précédente fortement caractérisée par une honte intense. Les attitudes contraphobiques sont des formations réactionnelle contre langoisse.
Modification qualitative des affects
On peut également concevoir que leffet des mécanismes de défense du Moi puisse spécifiquement modifier la qualité des expériences émotionnelles. Lancienne conception de Freud que, dans certaines conditions, lexcitation sexuelle est transformée en angoisse na pas encore réfutée.
Isolation des affects
Les affects peuvent être isolés de tout leur contexte psychique par une dépense spéciale de contre-investissement. Lanalyse des troubles des affects consiste en gros dans le rétablissement des connexions qui ont été perdues par des déformations de ce genre. Par exemple certaines excitations émotionnelles (aussi longtemps toutefois quon ne leur prête pas un caractère réel ou sérieux) sont quelquefois tolérées dans certaines conditions qui, inconsciemment représentent une réassurance contre le danger, mais pas dans dautres.
Projection et introjection des affects
Les émotions peuvent être projetées, cest-à-dire perçues dans quelquun dautre, pour éviter de les percevoir chez soi-même. Lidée de lintrojection dune émotion semble être dénuée de sens. On devrait pourtant prendre en considération lexpression " ravaler ses émotions ". Il existe sans aucun doute une défense contre laffect qui consiste à introjeter lobjet contre lequel laffect était dirigé, comme, par exemple, le mécanisme de l' "identification avec lagresseur " lorsquun objet est redouté.
Comme toutes les défenses, contre les affects peuvent échouer. Les sujets qui nient leurs émotions peuvent, dans certaines conditions, être complètement submergés par le retour de leurs affects. Cest pourquoi les défenses contre les émotions sont souvent à double tranchant ; labsence démotion peut être transformée en un raptus émotif ; une attitude émotionnelle de la nature dune formation réactionnelle peut être changée en lémotion originelle contraire.
Défenses contre les sentiments de culpabilité
Il y a un groupe de défenses contre laffect qui mérite une attention spéciale par son importance clinique : les défenses contre les sentiments de culpabilité. Elles sont caractéristiques de certaines formes de névroses dans lesquelles le Moi est obligé détablir un double contre-investissement et de lutter simultanément contre les désirs répréhensibles du Ca et les exigences du Surmoi.
Les sentiments de culpabilité peuvent être refoulés. Il arrive souvent que des rationalisations quant à la nécessité de commettre un acte interdit assurent le refoulement des sentiments de culpabilité.
La fois de Macbeth dans les prophéties des sorcières est un essai de se convaincre que le meurtre était nécessaire, et quil na pas lieu de sen sentir coupable. Le fait quil réalise, lorsquil est trop tard, quil na pas compris la prophétie, est une manifestation du retour des sentiments de culpabilité refoulés hors du refoulement.
Il arrive souvent quon essaie de projeter ses sentiments de culpabilité. " quelquun dautre la fait, pas moi ", est le leitmotiv de nombreux névrosés.
Il y a différents types de quasi-projection de sentiments de culpabilité. On supporte plus aisément nimporte quelle culpabilité si quelquun dautre a fait la même chose. Pour essayer dobtenir cette sensation de soulagement, les personnes qui ont fait une chose, cherchent une autre personne dans la même situation ; elles se sentent très soulagées si elles réussissent à trouver quelquun qui fait ou a fait la même chose. Elles peuvent même engager dautres personnes à faire les choses au sujet desquelles elles se sentent coupables. La fonction réconforte du partage de la culpabilité est un des facteurs de base de la psychologie de lart. lartiste soulage son sentiment de culpabilité en engageant laudience à participer imaginairement à son acte, et le spectateur soulage en sentiment de culpabilité en sapercevant que lartiste ose exprimer les pulsions interdites. De même le but de raconter une bonne histoire est toujours un essai dobtenir lapprobation du public pour la culpabilité relative aux pulsions agressives cachées dans lhistoire. le partage de la culpabilité est aussi dune importance fondamentale dans la formation du groupe.
Même si le sentiment de culpabilité est trop grand pour être surmonté en partageant la culpabilité, une projection peut toujours intervenir sous forme dune tendance à dénoncer chez les autres les tendances que la personne essaie de nier elle-même. Cest la vieille histoire de la paille dans lil du prochain.
Parfois le Surmoi, dont lorigine a été lintrojection dun objet extérieur, est reprojeté sur des objets extérieurs dans le but de se débarrasser des sentiments de culpabilité. Les obsédés essaient souvent déviter un sentiments de culpabilité. Les obsédés essaient souvent déviter un sentiment de culpabilité en implorant le pardon dautrui.
Un obsédé avait lhabitude de raconter ses scrupules obsédants au début de lheure danalyse ; il nassociait pas ensuite sur eux. Il expliqua un jour que ses scrupules avait disparu aussitôt quil avait exprimés. Comme le médecin ne sétait pas mis en fureur et quil navait pas été terrifié au point de tomber de son fauteuil, mais avait écouté, le malade sétait senti libre de considérer ses scrupules comme sans importance.
Des phénomènes semblables sont très fréquents dans la vie sociale courante. Lindividu a besoin de la confirmation dun public, comme signes de pardon.
Un pardon extérieur a le même résultat que dinciter une autre personne à partager la culpabilité.
Le malade dont nous venons de parler avait un besoin obsédant de lire le journal à voix haute. Il se sentait indigné des nombreux exemples dinjustice dans le monde, mais il avait besoin de la compagnie dune autre personne qui partageât son indignation. En lisant tout haut il voulait atténuer son sentiment intérieur de culpabilité, laccord de celui qui lécoutait justifiant ses propres tendances agressives.
De nombreuses formes de besoin exagéré de communiquer avec les autres ou de loquacité compulsionnelle sont des variations de la même tendance. Elles ont leur source dans un besoin dobtenir lapprobation dautres personnes pour quelque chose qui est intérieurement ressenti comme défendu.
En séduisant, engageant, provoquant et confessant, on attire lentourage dans le conflit entre le Moi et le Surmoi , dans lespoir dobtenir un réconfort. Beaucoup de ce qui est appelé relation objectale nest en réalité que relation pseudo-objectale dans laquelle le sujet ne contracte aucun sentiment envers lobjet comme personne, mais se sert de lobjet comme dun instrument pour obtenir un soulagement dans un conflit comme dun instrument pour obtenir un soulagement dans un conflit avec son Surmoi.
Lintrojection dun sentiment de culpabilité peut-elle exister ?
A première vue cela paraît impossible. Cependant le sentiment de culpabilité " emprunté " créé par lidentification avec une autre personne quon suppose également se sentir coupable, peut être utilisé pour apaiser son propre sentiments de culpabilité.
Il y a certainement de nombreuses formations réactionnelles aux sentiments de culpabilité. Certains peuvent se comporter de façon nonchalante et insouciante, peuvent même être fiers " de navoir pas de scrupules de conscience ", pour apprendre à lanalyse que leur attitude demande une grande quantité de contre-investissements pour contenir de graves sentiments de culpabilité. Certaines personnalités impulsives, par leur conduite sans scrupules, protestent contre la pression intense quils sentent de leur Surmoi très strict. De façon moins évidente, ce peut être la signification inconsciente de certains symptômes compulsionnels dont le sens est une révolte contre le Surmoi et lacquisition de preuves dinnocence.
Lisolation dun sentiment de culpabilité se produit souvent chez les obsédés ; ils font certaines choses sans aucun sentiment de culpabilité à dautres occasions, sans se rendre compte du lien. De même, les psychopathes impulsifs, quon considère souvent comme nayant pas de Surmoi du tout montrent à lanalyse quils ont momentanément isolé les exigences de leur Surmoi, pour que ces exigences nagissent pas quand le " psychopathe " cède à ses impulsions .
La régression comme défense contre les sentiments de culpabilité peut être observée dans le cas de masochisme moral, ou la conscience qui a sa source dans le complexe ddipe, est sexualisée à nouveau et employée comme occasion de satisfaction déformée des désirs dipiens. On constate aussi une certaine forme de régression dans des cas moins extrêmes, ou la réaction au Surmoi est de reprendre, par une action de transfert, le type de comportement qui avait été auparavant adopté envers les parents pour avoir compliqués que ne lindique cette description. Un conflit isolé entre une poussée particulière et une angoisse antagoniste particulière se produit rarement en réalité. Il y a plus souvent des interactions complexes et puissante entre de nombreuses pulsions et de nombreuse angoisse. Il est rare quun combat défensif soit mené à bonne fin par une activité défensive particulière. Les défenses peuvent être plus ou moins victorieuses. Elles peuvent réussir dans certaines conditions et être insuffisantes dans dautres. tous les détails de la vie de tous les jours peuvent être perçus comme des tentations de céder aux pulsions refoulées, ou comme des avertissement de punition possible, et peuvent ainsi de nouveau rompre léquilibre. certaines expériences peuvent provoquer le retour de ce qui été repoussé dans la défense, et qui peut à son tour nécessiter des défenses contre les défenses. Il existe des formations réactionnelle dirigées contre des formations réactionnelles. Il se constitue des conditions favorables et défavorables aux pulsions considérées comme indésirables, de sorte que de nombreuses couches contradictoires se forment ; toutefois ces couches ne se superposent pas de façon régulière mais sont pleines de fissures. Tout au long du développement de lindividu il se produit des progressions comme des régressions. Limage obtenue est extrêmement confuse jusquà ce que lanalyse puisse séparer les couches chronologiquement grâce auxquels les différentes couches se construisent.