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La névrose obsessionnelle
Des rituels dont les malades ne comprennent pas le sens
Un développement similaire se rencontre souvent â propos des « équivalents masturbatoires». Des compulsions du genre tappement cérémonial de mouvements musculaires, rituels du toucher de certains objets, sont dirigés en premier lieu contre la masturbation. mais peu vent s'être transformés secondairement en équivalents masturbatoires le patient est parfois averti de façon vague de cette connexion et doit alors se punir de ce comportement dégoûtant. D'autres fois le patient ne soupçonne pas la signification du symptôme.
Les rituels compulsifs sont en général des équivalents caricaturaux de la masturbation. Quelquefois, un symptôme apparemment sans rap port avec la masturbation révèle ce rapport a' l'analyse. Une patiente était obligée de compter jusqu 'a' cinq ou six chaque fois qu'elle tournait un robinet ou même quand elle passait devant un robinet. Elle était complètement dominée par l'envie d'un pénis, aussi pouvait-on s'attendre à ce qu'un symptôme en rapport avec un robinet d'eau fut aussi en rapport avec son envie d'un pénis.
Elle se rappela, en fait, qu'une fois un de ses doigts s 'étant infecté, sa mère l'avait effrayée, lui disant qu'il faudrait lui couper. Aussi le rituel peut être interprété comme suit: la vue du robinet (ou du pénis) forçait la patiente à se convaincre qu'elle n'avait pas quatre, mais cinq et même six doigts. Plus tard, il apparut que ce rituel avait un rapport étroit avec la masturbation. Elle avait eu l'habitude de se masturber avec un doigt et de laisser couler l'urine le long de ce doigt, comme s'il était un pénis.
Souvent, le complexe ddipe peut être le centre des impulsions refoulées ; cela apparaît quelquefois même lors d'un examen superficiel, ce qui, du fait du refoulement, serait impossible dans l'hystérie.
Un patient, malheureusement pas analysé, se plaignait de deux types d'impulsions obsessives. Chaque fois qu'il voyait une femme, il était obliger de penser : « Je pourrais tuer cette femme »; et chaque fois qu'il voyait des couteaux ou des ciseaux : « Je pourrais me couper le pénis. » La première de ces deux impulsions avait été exprimée à l'origine : « Je pourrais tuer ma mère »; son extension aux autres femmes était déjà une déformation par généralisation.
Le patient vivait une vie solitaire, et son unique issue sexuelle consistait en des rêves dans lesquels il se voyait étranglant ou tuant des femmes. Ainsi, son impulsion a tuer des femmes était une expression détournée de ses désirs incestueux. En éliminant cette déformation, on peut établir que ce patient souffrait de deux impulsions: attaquer sexuellement sa mère et se couper le pénis. Ces impulsions peuvent être comprises en tant que symptômes biphasiques: la première moitié présente la gratification du souhait oedipien, la deuxième la punition redoutée.
Des symptômes inintelligibles deviennent intelligibles lorsque leur histoire est étudiée. La forme originelle dans laquelle ils apparurent est plus près de la signification inconsciente. Un symptôme peut être une allusion à un événement du passé du patient ; cette allusion ne peut pas être comprise aussi longtemps que le contexte entier nest pas connu.
Avant d'aller au lit, un patient était obligé de passer un long moment à ouvrir et à fermer sa fenêtre. Ce symptôme était d'abord apparu quand, adolescent, lui et son compagnon de chambre se battirent pour savoir si la fenêtre serait ouverte ou non. Ainsi, cette compulsion signifiait: « Lequel de nous gagnera ? Lequel de nous est le plus fort ? »
Avec cette formule comme point de départ il devint clair, en dernière analyse, que le problème de ce patient était mobilisé par la tentation homosexuelle survenue du fait du partage de cette chambre avec son ami. La question réelle était de savoir s'il devait rentrer en compétition avec les hommes ou se résigner à subir leur loi d'une façon soumise et féministe. La névrose obsessionnelle de ce patient prenait racine dans ces faits.