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Alfred Adler (1870-1937) était un jeune médecin viennois lorsqu'il fut parmi les tout premiers disciples à se joindre à Freud et à participer aux soirées de discussion du mercredi soir. Il ne fut jamais toutefois un proche de Freud qui a souvent exprimé dans sa correspondance le peu d'estime qu'il avait pour "ses viennois" qui, dans l'ensemble n'ont pas produit d'uvre importante.
Adler s'est rapidement avéré être un collaborateur ambitieux et susceptible, peu enclin au rôle de disciple. Rapidement, Adler a élaboré ses divergences théoriques autour de l'idée du rapport dominant-dominé. À ses yeux, l'Oedipe n'est qu'une symbolisation d'une problématique bien plus fondamentale mettant en scène le faible petit garçon cherchant à compenser son infériorité physique face à son père dans son désir de dominer la mère.Pour Adler, c'est le sentiment d'infériorité, et non les pulsions sexuelles, qui joue un rôle déterminant dans les processus psychiques et dans le développement individuel. Selon Adler, les sentiments d'infériorité conscients ou inconscients, qu'il appelait «!complexe d'infériorité!», joints aux mécanismes de défense compensatoires, sont les causes premières du comportement psychopathologique. Aussi affirmait-il que le rôle du psychanalyste consiste à découvrir et à rationaliser de tels sentiments et à mettre en échec la volonté de puissance névrotique qu'ils engendrent chez le sujet. Au nombre des ouvrages d'Adler figurent la Théorie et Pratique de la psychologie individuelle (1918) et le Sens de la vie (1930).
Adler estimait que le poste de président de l'International Psycho-Analytic Association devait lui revenir et il prit ombrage de la nomination de Jung en 1910. Il ne fut pas satisfait que Freud lui offre la direction de la Société Viennoise de Psychanalyse, malgré son antipathie pour l'homme. Adler, qui dirigeait avec Stekel le Zentralblatt für Psychoanalyse, abandonna ses fonctions en 1911 pour créer, avec neuf des trente-cinq membres de la Société Viennoise une association qui allait devenir la Société pour la Psychologie Individuelle.
Après s'être éloigné de Freud, Adler a beaucoup uvré dans le domaine de la pédagogie. Les sources de sa pensée semblent plus du côté de Marx, Nietzsche et Leibniz que chez Freud.