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Un déplacement d’intérêt pour les organes génitaux sur le pied

La réduction de l’activité sexuelle, la satisfaction de la pulsion par les plaisirs préliminaires ne permettent cependant pas de conclure à une faiblesse primaire de la libido. L’analyse des névrosés montre clairement la paralysie par refoulement d’une pulsion excessive à l’origine.

Il en est ainsi pour notre cas de fétichisme. Le matériel très riche, que nous ne rapporterons que partiellement, nous convainc de la force anormale des composantes pulsionnelles actives sadique et voyeuriste. Ces deux pulsions, intimement intriquées (Adler), succombèrent ensemble au refoulement.

Mais d’autres pulsions partielles furent touchées par le processus du refoulement. L’exigence d’une valeur esthétique de l’objet sexuel nous avertissait du fait que les buts originels de la libido devaient être de ceux qui paraissent particulièrement inesthétiques et répugnants à l’adulte normal. Mon attention avait été attirée par un aspect de la vie pulsionnelle avant que je n’entreprenne cette analyse.

Une communication privée du professeur Freud m’apprit que ses observations le faisaient conclure à un rôle spécifique du refoulement des plaisirs coprophiles dans la psychogenèse du fétichisme du pied. Mes investigations le confirmèrent. Il s’avéra que dans ce cas aussi, le plaisir aux odeurs corporelles « répugnantes » avait été d’une force inhabituelle. Le refoulement commun des plaisirs coprophiles (sentir), du voyeurisme et de l’activité sexuelle conduisit à des formations de substitution; celles-ci, justement, confèrent au fétichisme du pied ses particularités propres.

Il est des cas de fétichisme où l’anomalie sexuelle s’exprime par un plaisir non refoulé, c’est-à-dire parfaitement conscient, aux odeurs répugnantes. Ce fétichisme de l’odorat concerne fréquemment les émanations du pied; le voyeurisme y trouve également son compte. Dans le cas que j’analysais, j’appris que le patient avait parcouru ce stade de fétichisme de l’odeur. Puis il y eut cette étrange modification : le plaisir de sentir fut refoulé et la scoptophilie fut sublimée en plaisir à voir une chaussure esthétique.

Mais comment ces pulsions à voir et à sentir réussissent-elles à s’adresser au pied en place des organes sexuels et de leurs sécrétions?

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