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Lidentification à la mère, puis au père
Lexpérience permet de supposer que lintérêt pulsionnel initial sadressait à la zone génitale mais que dautres zones érogènes vinrent la concurrencer. Une telle prédilection pour dautres zones érogènes (bouche, anus, etc.) est courante dans les anomalies sexuelles; de même nous apparaît-elle dans lanalyse des névrosés et dans les rêves.
Effectivement, lanalyse montra que la zone anale concurrença précocement la zone génitale, que lintérêt sexuel proprement dit recula devant celui qui concernait les excrétions. Enfin, la puberté fut marquée dun refoulement de même direction (féminin). Le patient persista longtemps dans des contemplations infantiles qui conféraient au processus dexcrétion la valeur de fonction sexuelle.
Ses rêves montraient un symbolisme correspondant : pour autant quil ne se trouvait déplacé au pied, son plaisir de voir et de sentir concernait lélimination des urines et des selles et les produits excrétés.
Les premiers souvenirs infantiles du patient étaient des impressions olfactives et en second lieu seulement des visages. Je mentionnerai les idées obsédantes qui surgissaient lorsque je dirigeais le patient vers sa prime enfance.
Il se rappelait alors les odeurs diodoforme et dacide acétique dont sa mère faisait usage. Une association fréquente concerne une scène se déroulant dans une station balnéaire : le patient revoit sa mère avançant dans leau. Par la suite, la signification de cette scène séclaira. Le garçon sétait sali; la mère le conduisait au lac pour le laver.
Lenfance plus tardive fourmillait aussi de réminiscences olfactives par exemple lodeur agréable du paquet de cheveux trouvé dans la chambre de sa mère; lodeur des aisselles maternelles quil poursuivait à travers ses cajoleries. Citons enfin le souvenir précoce de la jeune sur allaitée par la mère; alors quil approche sa bouche de lautre sein, lodeur du corps de sa mère le remplit daise.
La tendresse du patient pour sa mère se prolongea jusque vers sa dixième année. Jusquà cet âge, il se glissait fréquemment dans son lit. Puis cet attrait fit place à une répulsion. Il éprouva péniblement lodeur des femmes. Par ce refoulement, son intérêt sexuel cessa de concerner le sexe féminin et sadressa à lobjet masculin le plus proche - à son père.
Lintérêt pour les excrétions s immisça de façon remarquable dans ce transfert. Il est vrai que certaines particularités du père provoquaient lintérêt du garçon pour ces processus. Le père avait coutume duriner devant les enfants. Limagination du garçon fit sien tout ce qui concernait ces fonctions chez lui et chez son père.
Cette évolution est étroitement liée au désir du patient dêtre une femme. Comme je lai dit, ce désir subsista jusquà la puberté. Mais, consciemment, ce nétait pas un désir dassumer les fonctions sexuelles de la femme. Le patient désirait bien plutôt « pouvoir porter des souliers à lacets, des corsets et contempler tranquillement les étalages ». Nous avons dit quà la puberté il porta effectivement quelquefois un corset sous ses vêtements. Inconsciemment, le désir dêtre une femme donna lieu à dautres manifestations.