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Sadisme, masochisme et angoisse de castration

L’opposition et la jalousie infantiles durent concerner alternativement le père et la mère. Ces manifestations entretiennent des rapports bien connus avec des fantasmes de mort et de castration. Ces derniers sont tantôt actifs tantôt passifs. Les fantasmes actifs de castration ont pour objet la mère que l’imagination infantile munit d’un sexe masculin. Les fantasmes passifs répondent au désir des patients d’être une femme.

Ils tirent leur origine du temps où prévalait la conception que la femme a été privée du pénis qu’elle possédait, par castration. Toutes ces représentations jouent un grand rôle dans les rêves du patient. Il doit amputer le doigt d’une femme. Ou bien il doit réaliser une opération sur un homme (père) puis la mère l’aide à coudre la plaie. Dans d’autres rêves, un enfant doit être décapité. Enfin, parmi les rêves répétitifs, celui où le patient est poursuivi par un homme armé d’un couteau. Cette insistance sur le complexe de castration montre la puissance initiale des pulsions sado-masochiques.

La castration signifie non seulement l’émasculation, mais de plus une représentation particulière qui a toujours suscité l’intérêt du patient : c’est l’idée de ne plus pouvoir uriner à la suite de la castration. Cette idée conduit à un autre complexe de représentations.

Les névrosés dont les zones urétrale et anale sont plus spécialement érogènes ont une tendance à la rétention. Il en fut ainsi dans le cas que je présente. Ses souvenirs d’enfance tournaient surtout autour d’activités plaisantes de ce type. Le symptôme névrotique de la miction fractionnée est en relation avec de telles activités.

De tout temps, le patient a imaginé des situations où il faut se retenir. Ainsi, il s’imaginait ligoté par des Indiens, attaché au poteau du martyre et contraint de garder le contenu de sa vessie et de son intestin. Ici, on trouve de plus un élément masochique. De même, une de ses représentations privilégiées était celle d’une expédition polaire, où un froid effroyable empêchait, même pour un instant, d’écarter les vêtements pour se soulager.

Ces thèmes influençaient les essais de ligotage; précisément, ils étaient exécutés aux w.-c. D’ailleurs ces entraves, dont le rôle dans les représentations des sadiques et des masochistes est bien connu, accédaient à leur pleine signification par l’articulation associative avec les fonctions d’excrétion. Le laçage étroit du corps exerçait sur les intestins et la vessie une pression qui donnait au patient une sensation voluptueuse. La première fois qu’il porta un corset il eut des érections suivies de miction.

Certaines habitudes auto-érotiques comportant l’étranglement des organes génitaux jouèrent également un grand rôle dans ses pratiques d’enserrement (corset, chaussures).

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