Une attirance non pour le corps mais pour son enveloppe
Les causes accidentelles auxquelles la littérature prête une importance étiologique dans la constitution de penchants fétichistes ne peuvent pas être décelées dans ce cas. Il est impossible de considérer comme un traumatisme psychique le fait que le petit garçon put regarder sa mère lorsquelle revêtait son corset. Indiscutablement, lintérêt pour le corset maternel, plus tard pour les chaussures dun garçon, exprimait déjà la perversion. Aucune valeur étiologique ne peut revenir à ces événements.
L extraordinaire dépréciation de lactivité sexuelle est frappante dans ce cas et ceux qui en sont proches. Aucun acte sexuel, si lon exclut les essais de laçages et de ligotages entrepris auparavant. Le patient na jamais tenté de réaliser une convoitise sadique ou autre sur une autre personne; ses souhaits nont obtenu quune satisfaction strictement fantasmatique. Dans la pratique, il na jamais franchi les frontières de lauto-érotisme.
Lactivité génitale est aussi imperceptible que le voyeurisme sexuel est intense. Mais il est également dévié de son domaine véritable. Il ne sadresse pas à limpression reçue de lensemble du corps dautrui; ni aux caractères sexuels primaires ou secondaires, mais à certaines parties de leur vêtement. Non point au corps nu, mais à son enveloppe.
Là même il est limité au pied et au vêtement enserrant la partie supérieure du corps chez la femme. Le désir sexuel nexcède pas leur contemplation. Il sagit de la fixation â un but sexuel préalable (cf. Trois Essais sur la théorie de la sexualité). Cependant, la vue des chaussures féminines ne suscite de plaisir que si leur forme et leur finition sont élégantes; grossières, laides, elles néveillent que le dégoût.
On trouve donc, à côté de la tendance à la surestimation sexuelle du fétiche, une tendance au refus affectif comme chez le névrosé. Les exigences esthétiques dont le fétichiste de la chaussure est coutumier témoignent dun besoin intense didéalisation de lobjet.