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Des comportements qui trahissent un mépris caché

Nous avons pu constater que la dépréciation de l'organe masculin dans sa signification succombe au refoulement sexuel progressif, et ne se manifeste souvent que sous forme d'un ravalement de l'homme en général. Ce processus conduit les femmes névrosées à éviter instinctivement les hommes dotés de qualités masculines et actives éminentes.

Elles portent leur choix amoureux sur des hommes passifs et efféminés, occasion dans la vie commune de renouveler quotidiennement la preuve que leur propre activité est supérieure à celle de l'homme.

A l'instar des homosexuelles manifestes, elles aiment à réduire à l'insignifiance les différences intellectuelles et corporelles entre homme et femme. Une de mes patientes avait demandé à sa mère, alors qu'elle avait six ans, de l'envoyer à l'école des garçons, et en vêtements masculins, car ainsi personne ne saurait qu'elle était une fille.

La tendance à humilier l'homme va généralement de pair avec une sensibilité marquée du complexe de castration dans toute situation propre à éveiller, même de loin, un sentiment d'infériorité. Ces femmes évitent d'accepter l'aide de l'homme, et montrent le plus grand déplaisir à suivre ne serait-ce que l'exemple d'un homme.

Une jeune femme trahit ses revendications viriles, malaisément refoulées, en dédaignant de mettre ses pas dans ceux de son mari, sur une route recouverte d'une épaisse couche de neige. Encore une caractéristique de cette patiente dés l'enfance, elle avait témoigné de vifs désirs d'indépendance, et en grandissant, elle envia l'activité professionnelle de deux femmes surtout : la caissière du bureau de son père et la femme qui balayait les rues de sa ville natale. Les raisons de ces choix sont clairs pour le psychanalyste.

La caissière rassemble de l'argent et la balayeuse ramasse de la saleté, deux activités revêtant la même signification pour l'inconscient. L'abandon de la sexualité génitale en faveur de traits de caractère anaux est évident ; mais nous reviendrons sur ce processus.

Le comportement typique de bien des enfants permet déjà de saisir l'ampleur du refus de s'entendre rappeler leur féminité.

Il n'est pas exceptionnel que de petites filles renoncent aux connaissances déjà acquises sur la procréation et la naissance, en faveur de la fable de la cigogne. Le rôle que la nature leur a attribué est par trop contraire à leurs vœux, et la fable de la cigogne a l'avantage de faire naître les enfants sans accorder à l'homme un rôle actif privilégié.

Le degré extrême de sensibilité au complexe de castration est atteint dans les cas, plus rares, de dépression psychique chez la femme. Ici le sentiment d'infortune lié à l'appartenance sexuelle reste totalement exempt de refoulement; ces sujets n'arrivent même pas à l'élaborer sous une forme atténuée.

Une patiente que j'eus l'occasion d'observer se plaignait de l'inutilité radicale de son existence, du fait d'être née fille. Pour elle, la supériorité masculine en tous points allait de soi, ce qui la rendait d'autant plus pénible. La patiente excluait toute compétition avec l'homme, mais rejetait également toute réalisation féminine. En particulier, elle refusait le rôle féminin dans la vie érotique, tout autant que celui de l'homme. Ainsi, consciemment, tout élément érotique lui était totalement étranger, et elle disait même ne pouvoir imaginer la moindre notion de plaisir érotique.

La résistance contre la fonction sexuelle féminine revêtait chez cette malade des formes caricaturales. Elle reportait son aversion sur tout ce qui, en ce monde, rappelle ne fût-ce que de loin la reproduction, la naissance, etc. Elle haïssait les fleurs, les arbres verts ; les fruits ne lui inspiraient que dégoût. Elle commit à plusieurs reprises un lapsus à la lecture : pour le mot « fécond » elle lut «  affreux ».

De la nature, elle n'admettait que l'hiver en haute montagne ; là il n'y avait rien qui vînt lui rappeler les êtres vivants et leur reproduction, rien que rocs, neige et glace. Il est encore typique de cette patiente qu'elle estimait la femme comme parfaitement accessoire dans le mariage. Un mot de cette malade montre à quel point cette opinion dérive du complexe de castration.

Elle jugeait que l'anneau, qui à ses yeux était un symbole génital féminin haïssable, ne convenait pas comme symbole du mariage ; en lieu et place elle proposait un clou. La surestimation de la virilité se déduit aisément de l'envie du pénis de la fillette, qui à l'âge adulte se manifestait étonnamment à découvert.

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