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Sigmund Freud, agé de 29 ans, 1885

"Trouves-tu vraiment mon apparence physique attirante ? Eh bien, personnellement, j'en doute beaucoup. J'ai l'impression que les gens remarquent quelque chose d'étranger chez moi, et la vraie raison de ce sentiment vient de ce que dans ma jeunesse, je n'ai jamais été réellement jeune, et maintenant que j'atteins une certaine maturité, je ne peux pas paraître mon âge réel.

Fut un temps où j'étais très ambitieux et désireux d'apprendre, quand jour après jour, je me suis senti chagriné de voir que la Nature, dans son humeur bienveillante, n'avait pas marqué mon visage du sceau du génie que de temps en temps elle accorde aux hommes.

Cela fait longtemps que je sais que je ne suis pas un génie et que je ne suis pas même très doué ; toute ma capacité de travail me vient probablement de mon caractère et de l'absence de graves faiblesses intellectuelles.

Je sais que cette combinaison de facteurs ne peut que ralentir le succès, mais si je bénéficie de conditions favorables, je pourrais réaliser plus de choses que Nothnagel, face auquel je me considère supérieur, et je pourrais peut-être atteindre le niveau de Charcot.

Ceci dit, je n'ai nullement l'intention d'affirmer que j'irai aussi loin que cela, parce que ces conditions favorables ne viennent plus à ma rencontre, et je ne possède ni le don, ni le pouvoir de les faire venir à moi."

À Martha Bernays, le 2 février 1886"

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Sigmund Freud, aged 29, 1885

"Do you really find my appearance so attractive? Well, this I very much doubt. I believe people see something alien in me and the real reason for this is that in my youth I was never young and now that I am entering the age of maturity I cannot age properly. There was a time when I was all ambition and eager to learn, when day after day I felt aggrieved that Nature in a benevolent mood hadn't stamped my face with that mark of genius which now and again she bestows on men. Now for a long time I have known that I am not a genius and am not even very gifted; my whole capacity for work probably springs from my character and from the absence of outstanding intellectual weaknesses. But I know that this combination is very conducive to slow success, and that given favourable conditions I could achieve more than Nothnagel, to whom I consider myself superior, and might possibly reach the level of Charcot. By which I don't mean to say that I will get as far as that, for these favourable conditions no longer come my way, and I don't possess the genius, the power, to bring them about."

To Martha Bernays, 2nd February 1886


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