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Georges Seurat

Le Cirque

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Toile : 1,80 m x 1,48 m

Dans l’arène blonde du cirque Fernando, devenu aujourd’hui le cirque Médrano, une écuyère danse sur un cheval blanc, un acrobate fait un saut périlleux tandis qu’un clown, au premier plan, tire une draperie. Les arabesques et les sinuosités des courbes de la piste où s’agitent les acteurs contrastent avec la rigidité horizontale des gradins, avec les spectateurs en alignement figé. Seurat a peint lui-même le cadre d’un bleu vif, en dégradé, montrant ainsi, dans cette œuvre que la mort l’empêchera d’achever, que ce qui lui importait surtout, c’était l’ensemble du tableau. Le Louvre possède l’esquisse, où les grandes lignes de la composition sont déjà trouvées.

Peint en 1891, le tableau fut donné en 1927 par le collectionneur américain John Quinn.

A l’impressionnisme, art du mouvant, du fugitif, du fluide, de l’instantané, Seurat oppose une volonté de synthèse et de rigueur. Il refuse l’impression, la sensation trop anarchiques pour chercher une méthode exacte et scientifique, qui sera le néo-impressionnisme, basé sur les lois de l’optique. Mais si sa touche obéit à un réalisme strictement conforme à la physique, son esthétique, tout intellectuelle, s’attache aux raffinements de la construction et à la perfection de la ligne. Le génie de Seurat est essentiellement de dépouillement et de pureté, tout comme celui de son ami Puvis, mais avec des moyens très différents. Notre époque est moins intéressée par son pointillisme un peu théorique que par sa plastique. Peut-être cette harmonie architecturale, aux rythmes savants, nous paraîtrait-elle froide si elle n’était édifiée à partir de cette ascèse de la technique.

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