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Jean-François Millet

Le Printemps

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Toile : 0,85 m x 1,10 m

Dans les derniers temps de sa vie, Millet a tendance à laisser de plus en plus de place au paysage, abandonnant les figures de paysans qui avaient rendu célèbres l’Angélus ou les Glaneuses.

En 1868 un industriel alsacien, M. Hartmann, lui avait commandé quatre compositions ornementales ayant pour thème les saisons. Ce n’est qu’en 1873 que Millet termina le premier tableau, le Printemps, qu’on a pu appeler quelquefois l’Arc-en-ciel. L’Eté ou les Meules et l’Automne ou les Batteurs de sarrasin furent achevés l’année suivante, mais l’artiste mourut sans avoir pu entreprendre l’Hiver.

Quelque douze ans plus tôt Millet avait déjà exécuté une décoration des Quatre Saisons, mais alors, grand lecteur de Virgile, de Théocrite et de Longus, il s’était inspiré d’une manière très personnelle de l’antiquité. Il avait choisi pour le printemps de représenter Daphnis et Chloé. Nous avons ainsi un témoignage de l’évolution de Millet.

Le printemps pour lui n’est plus l’évocation littéraire de deux adolescents purs s’émerveillent des charmes nouveaux de la nature, mais le symbole de l’arc-en-ciel. Le jour est rendu avec une audace et une puissance rares. L’éclat du soleil lutte contre les nuages plombés de l’orage, la lumière hésite tandis que l’annonciateur du beau temps met des tons d’aurore sur les champs et les arbres et fait de cette œuvre une des plus fantastiques de millet.

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