
Jean-Baptiste-Camille Corot
Le Pont de Mantes

Toile : 0,38 m x 0,56 m
Carot avait en 1840 fait la connaissance dun magistrat de Mantes, Louis Robert. Rapidement une amitié solide se noua entre les deux hommes, et lartiste prit lhabitude, à partir de 1855, de venir presque chaque année dans laccueillant pavillon Louis XVI des Robert. Le bon, le tendre Carot était attiré à Mantes par laffection, mais aussi par la beauté du pont médiéval, quil représenta plus dune douzaine de fois à des heures et sous des angles différents, et par la cathédrale, dont il laissa six tableaux.
Il est difficile de pratiquer un choix dans les richesses de notre musée en uvres de Corot : plus dune centaine, dont la majorité - comme celle-ci - ont fait partie de la grande collection Moreau-Nélaton.
Cette vue du Pont de Mantes fut peinte à la fin de la vie de lartiste, vers 1868-1870. Dans cette dernière manière, Corot, abandonnant un peu le flou, les feuillages diffus et les modulations lyriques de la lumière, retrouve la construction plus ferme de sa jeunesse. Cest pourquoi il préfère traiter des motifs architecturaux.
Mais les éléments presque géométriques dun monument de pierre nempêchent pas Carot de traduire avec son ingénuité naturelle - cette naïveté et cette « originalité » unique qui touchaient Baudelaire en 1845 - la beauté de la lumière, dont son il, peut-être le plus juste et le plus subtile de la peinture, a su rendre la qualité particulière à chaque endroit.