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Théodore Rousseau

Les Chênes

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Toile : 0,64 m x 1,00 m

Les vénérables chênes des gorges d’Apremont, à l’abri desquels paissent les vaches, ont une majesté impressionnante. Ce ne sont plus des arbres, ornement d’un paysage et accessoires, mais des forces de la nature, et leur ombre semble écrasante. Les animaux, le berger, le lointain lui-même disparaissent devant la grandeur de l’abri roi.

Suivant les historiens de Théodore Rousseau, cette toile aurait été peinte en 1852. C’est bien en effet une œuvre de la maturité. Rousseau est parvenu à une sûreté technique absolue. La lumière du fond, doré, légère, est différente de celle du premier plan. Le voisinage du groupe d’arbres lui a communiqué une densité humide qui bleuit sous les branches. Ainsi chaque partie du tableau a sa plus subtile valeur.

D’instinct Rousseau reprend la traditionnelle composition classique en pyramide, dont l’axe médian se trouve à peu près partager la toile en deux. La masse centrale acquiert ainsi une solidité massive qui donne aux chênes leur importance expressive.

A force de soumission à la nature, mais soumission qui en connaît et saisit les structures intimes, Rousseau a atteint une sorte d’union profonde avec le paysage qui lui en fait découvrir une traduction sensible directe et spontanée.

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