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Gustave Courbet

La Remise des Chevreuils

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Toile : 1,75 m x 2,07 m

Courbet aimait les bords de ce cours d’eau de Plaisirs-Fontaine. « C’est, dit-il, un encaissement de ruisseaux dans des rochers et des grands arbres; tout est blond... Il y a au milieu une petite chevrette qui reçoit; c’est comme dans un salon. A côté d’elle est son mâle. » Chaque jour, précautionneusement, le maître venait saisir les jolies bêtes, si facilement effarouchées, dans la liberté de leurs ébats. La séance finie, il cachait sa toile dans une anfractuosité parmi les pierres, où il allait le rechercher le lendemain.

Le tableau eut un très vif succès au Salon de 1866. Les ennemis même de Courbet reconnurent la beauté de cette œuvre où est réunie toute sa science de la nature. Nul artiste, en effet, n’a su égaler son rendu de la fraîcheur de l’eau et de sa transparence, de la matière dure, figée, de la roche, des pelages soyeux des chevreuils, dont la robe change sous l’ombre épaisse de la végétation. C’est par une sorte de communion primitive, presque animale, que Courbet atteint à cette suggestion. Rien n’est dû à l’imagination : « Les anges, disait-il, je ne les peins pas, je n’en ai jamais vu », ni à l’intelligence lucide, dans cet art d’infaillibilité de l’instinct qui part de la perception pour aboutir à la poésie sensuelle.

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