Louvre_mini.gif (4669 octets)

Jean-Auguste-Dominique Ingres

La grande Odalisque

082.jpg (42612 octets)

Toile : 0,91 m x 1,62 m

Elle n’est guère exotique, cette longue et blanche femme nue, malgré les accessoires, le turban, l’éventail de plumes, le narguilé, le brûle-parfums. Peu importe l’Orient, d’ailleurs, peu importe quel modèle français ou romain a posé pour ce corps trop onduleux, aux bras trop longs. Ingres, dédaignant le réalisme anatomique, sacré pour son maître David, qui ne peignait même pas un personnage habillé sans l’avoir préalablement dessiné nu, ne pense qu’à la plastique, à l’arabesque.

Le nu féminin, thème traditionnel, est cher à Ingres, qu’il soit Vénus, baigneuse, odalisque, source ou nymphe ; depuis la Grande Baigneuse de 1808 jusqu’au Bain turc des dernières années, le peintre est hanté sans cesse par la ligne élégante du corps féminin. Il la déforme, l’adoucit, l’assouplit et l’épure jusqu'à la rendre presque invraisemblable, idéalisée et stylisée jusqu'à l’impossible.

Le dessin, en effet, est la base de sa peinture ; il est l’aboutissement de la pensée qui conçoit, la quintessence si décantée des apparences du réel qu’il dépasse la pureté raphaélesque pour atteindre un maniérisme très subtil. Ce prétendu classique est par là l’ancêtre de l’abstraction moderne, précurseur de Modigliani et de certains aspects de Picasso.

precedent.gif (1427 octets)suivant.gif (1438 octets)

0bilan.jpg (2778 octets)