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Eugène Delacroix

La Liberté guidant le Peuple

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Toile : 2,60 m x 3,25 m

Delacroix ne fit jamais de politique, contrairement à la plupart des grands écrivains ou peintres du début dix-neuvième siècle, et le terme de révolutionnaire lui déplaisait fort, même et peut-être surtout dans le domaine de l’art. Mais il est, comme tous les esprits généreux, épris de liberté. C’est pourquoi en 1830, après les Trois Glorieuses, il campa cet admirable symbole de la Liberté s’élevant sur la barricade, dans la fumée de la bataille qui se déroule devant Notre-Dame ; blanche et droite, elle brandit le drapeau tricolore, entraînant derrière elle tout le peuple de Paris, du bourgeois (qui ressemble à Delacroix) au gamin des rues. Le tableau, exposé au Salon de 1831, fut acheté par le roi Louis-Philippe.

Il fallait une audace géniale pour mêler ainsi le réel et l’allégorie, pour jeter ces cadavres livides et raidis sous les pieds de cette belle figure à l’élan de flamme, apparition née de la religion des hommes prêts à mourir pour elle. L’opposition du costume moderne et du nu classique crée un choc de grandeur familière qui trouve les chemins secrets de l’âme et qui émeut.

Cette vision atteint le sublime par la tension du magnifique geste de la Liberté et par la tension du magnifique geste de la Liberté et par le drame des morts accumulés en un désordre figé qui s’oppose à l’énergie farouche des combattants avançant et dressant un mur vivant.

Delacroix a un sens si naturel de l’épopée qu’il dépasse l’épisode historique, qu’il dépasse l’allégorie, qui serait littéraire, pour traduire le dynamisme violent de la passion.

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