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Jean Clouet

Portrait de François Ier

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Bois : 0,96 m x 0,74 m

Le roi est peint ici dans tout l’éclat de la trentaine, vers 1524, non point aussi beau que le voyaient ses contemporains et ses courtisans administratifs, mais élégant, fin, l’œil ironique, malicieux et intelligent, souverain fier et de belle prestance, foncièrement aristocrate, la main sur l’épée, premier chevalier de son royaume et revendiquant cet ancien titre qu’il avait reçu de Bayard sur le champ de bataille. Grand seigneur, chef de guerre, preux comme au moyen âge, mais également mécène plein de magnificence et homme de la Renaissance, passionné d’art, intéressé par tout ce qui touche la pensée, c’est bien là l’ami et le protecteur de Vinci, l’amateur d’antiques, le bâtisseur de châteaux, l’initiateur des collections royales qui constituent le plus ancien fonds du Louvre, le créateur de l’école de Fontainebleau et du Collège de France, digne frère de la savante Marguerite de Navarre.

L’aîné des Clouet a su exprimer cette personnalité complète dans le visage au regard aigu et à la bouche moqueuse, placé sur un cou solide, massif et droit, dans la grâce des longues mains souples, dans la recherche du somptueux pourpoint brodé, dont l’effet ornemental ne nuit pas à la figure mais lui donne au contraire plus de majestueuse noblesse.

Longtemps à Fontainebleau, le tableau fut transporté à Versailles au dix-huitième siècle. Il dut être peint d’après l’étude au crayon du musée Condé de Chantilly.

Si le caractère composé, monumental et décoratif à la fois, montre l’apport italien considérable du début du seizième siècle, la richesse de la couleur, harmonie savoureuse de blanc, de noir et d’or sur fond de pourpre, évoque l’ascendance nordique de Clouet. L’ensemble , par la subtilité de la quête psychologique, est français.

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