Louvre_mini.gif (4669 octets)

Richard Parkes Bonington

Vue du parterre d'eau à Versailles

054.jpg (48622 octets)

Toile : 0,42 mx 0,52 m

A droite, au fond, l'architecture blanche du château royal. A gauche, les arbres du parc. Les silhouettes des personnages ne sont là que pour mettre des notes de couleur vive qui donnent toute leur valeur au grand ciel où roulent des nuages d'orage et aux reflets du bassin. Les statues de fleuves qui ornent le miroir d'eau font éclater leur ton de bronze noir sur cette symphonie claire.

Les anciens catalogues traitent ce tableau d'esquisse, à tort, semble-t-il, car Bonington n'a jamais une réalisation très achevée, très finie dans le détail. Il peint d'impression, rapidement, et Delacroix ne pouvait se "lasser d'admirer sa merveilleuse entente de l'effet et la facilité de son exécution".

Il faut penser combien devaient être étonnés devant de telles pochades, si simplement, si magistralement audacieuses, les contemporains habitués aux compositions classiques et davidiennes, sévèrement construites et froidement réalisées. Par sa justesse de vision, par la vitesse d'une technique légère et souple comme l'aquarelle, par l'importance donnée à l'arrière-plan animé de nuées, par son modernisme lumineux enfin, ce petit chef-d'œuvre annonce Corot et prévoit Boudin, Jongkind et l'impressionnisme.

Ainsi Bonington, Anglais de race, mais si mêlé au mouvement pictural français du premier quart du dix-neuvième siècle, est un des plus brillants initiateurs de la peinture romantique française.

precedent.gif (1427 octets)suivant.gif (1438 octets)

0bilan.jpg (2778 octets)