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Sir Joshua Reynolds

Portrait de Master Hare

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Toile : 0,76 m x 0,62 m

Francis George Hare était le fils adoptif de Anna-Maria, lady Jones, une tante de Reynolds. C'est pour elle que l'artiste fit cette charmante effigie enfantine, probablement entre mai 1788 et mars 1789, peu de temps avant de perdre la vue.

L'habileté de Reynolds utilise toutes les ressources d'un métier savant pour traduire l'éclat d'une carnation puérile, la finesse soyeuse des cheveux et la rondeur potelée du corps dans la blancheur mousseuse du vêtement. Cette fraîcheur saine, cette grâce de jeune animal évoquent le Rubens du portrait d'Hélène Fourment et de ses enfants.

En effet, c'est bien du grand Flamand, par l'intermédiaire de Van Dyck, que la peinture anglaise du dix-huitième siècle tient ce sens et ce goût de l'enfance dans son épanouissement radieux et heureux de vivre.

Pour Reynolds l'enfant n'est guère individualisé, il est bien peu Francis Hare, qui lève un doigt mutin, ou miss Bowless (Wallace Collection), serrant sur son cœur son chien favori, ou l'adorable lady Caroline Scott (En Hiver, collection du duc de Buccleugh), mais il figure plutôt l'image du charme attendrissant d'un petit être harmonieux. Ainsi le Portrait de Master Hare fut gravé en couleurs, en 1790, sous le simple titre : Infancy (Enfance).

Reynolds a éprouvé la même joie que tous les lyriques de la lumière, comme Fragonard ou Renoir, à peindre la carnation translucide des bébés, si bien qu'il a exécuté deux répliques de ce portrait, l'une est au Metropolitan de New York, l'autre dans une collection privée.

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