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Francisco Goya

La Femme à l'éventail

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Toile : 1,03 m x 0,83 m

Nous ignorons l'identité de cette jeune espagnole au teint frais et rose. Elle n'est qu'un prétexte à moduler des valeurs à peine teintées. Le Louvre, qui possède deux très beaux portraits d'homme, dont celui de l'ambassadeur Guillemardet, parrain d'Eugène Delacroix, n'a pas de meilleur exemple du raffinement coloré de Goya que cette harmonie de gris animé de vert céladon très pâle et de rose léger, sur un noir dur.

La technique souple, rapide, est d'une aisance toute moderne; le pinceau, effleurant à peine la toile, donne à chaque touche une perfection géniale qui évoque Manet ou Degas. C'est bien en effet à l'impressionnisme et aux audaces techniques de l'art contemporain que conduit l'art de Goya, disciple novateur de Titien, de Rembrandt et de Velázquez.

Le talent de portraitiste de Goya éclate surtout à partir de 1785-1786. A l'acuité réaliste et raffinée de Velázquez, qui est son modèle, il joint le sens de la vérité psychologique. Si Velázquez est froidement impartial, Goya, lui, juge. Il ira même jusqu'à la limite de la caricature dans le terrible portrait de la Famille de Charles IV (Musée du Prado). Mais ici Goya n'est plus que peintre, on peut presque lui appliquer la définition de l'impressionniste : " un œil ", un œil en effet, mais si créateur qu'il transforme une chair féminine, une mousseline, un tissu de soie en une matière merveilleuse qui enchante et fait rêver. Et cependant cette matière picturale, si évocatrice, si riche de nuances, joue presque exclusivement sur des valeurs.

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