
Velázquez
Portrait de la Reine Marie-Anne

Toile : 2,11 m x 1,26 m
Marie-Anne d'Autriche (1634-1696), fille de l'empereur Ferdinand III, devint en 1649 la seconde femme de Philippe IV. C'est vers 1652-1653, peu de temps après qu'elle eut accédé au trône d'Espagne, que Velázquez, rentrant de Venise et de Rome, fit ce portrait. La cour de Vienne ayant sollicité une réplique, Velázquez l'exécuta, mais Philippe IV la trouva si belle qu'il ne voulut pas s'en séparer et la garda pour l'Escurial. C'est Mazo, disciple de Velázquez, qui fut charger de la deuxième copie, aujourd'hui au Musée de Vienne.
Ce portrait est rentré au Louvre à la suite d'un échange avec le Musée du Prado, qui possédait les deux originaux de Velázquez. Dévoué à la famille royale d'Espagne, dont il a été nommé peintre, Velázquez prend ses modèles à la cour; même ses bouffons et ses chiens sont royaux. Seuls quelques tableaux religieux font exception. Beruete dit de cette image de la reine que c'est le meilleur portrait de femme du maître; c'est en tout cas un des plus typiques de l'art sobre et distingué de Velázquez.
L'harmonie dure, noire et blanche, soulignée d'argent et d'or, joue avec un rose raffiné et une note de vermillon. Le visage ingrat ne compte pas. Le peintre ne l'a pas flatté, il l'a adroitement escamoté en donnant une grande importance à la coiffure architecturale, à la robe, base de l'harmonie de couleurs. En revanche il s'est plu à la beauté de la main royale, qu'il souligne. Sous le pinceau de Velázquez, la réalité se transforme en poésie par la magie de la technique.