
Hans Holbein
Portrait d'Anne de Clèves

Vélin collé sur toile : 0,65 m x 0,48 m
Après la disparition de Jane Seymour, troisième femme d'Henri VIII d'Angleterre, morte en donnant le jour au dauphin Edouard, Holbein accompagna sur le continent les ambassadeurs qui avaient mission de trouver une nouvelle épouse pour le roi. C'est ainsi qu'il fit successivement, pour les envoyer à Londres, les portraits de Christine de Danemark, de Louise de Guise, d'Anne de Lorraine et de Renée de Guise.
Il rentra à Londres par Paris, mais, en 1539, il lui fallut repartir pour l'Allemagne au château de Düren, afin d'y peindre la fille du duc de Clèves, la princesse Anne, car Henri VIII envisageait favorablement une alliance avec une maison protestante allemande. Le peintre dut à son réalisme sans flatterie de ne pas encourir la disgrâce du roi, qui fut séduit par le portrait, mais si déçu par le modèle vivant qu'il supporta à peine quelques mois sa compagne allemande, puis divorça.
Une miniature à l'aquarelle du South Kensington Museum de Londres représente Anne de Clèves dans la même robe rouge et or.
L'art d'Holbein est ici à son apogée : raffiné dans le détail orfévré de la somptueuse robe rouge et de la coiffure garnie de joyaux, mais si subtilement psychologue dans l'exactitude du regard vide et vague, des traits mous et inexpressifs, dans la précision du geste des mains croisées sans élégance. Le peintre s'est distrait en construisant la belle architecture du vêtement, rendant ainsi plus insignifiante, plus falote encore, la princesse au visage dénué de charme.