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Wilhelm Claesz Héda

Un dessert

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Bois : 0,44 m x 0,56 m

L'homme du Nord, attentif à la matérialité du réel, est le meilleur interprète de la nature morte, connue déjà dans l'antiquité hellénistique et romaine, reprise par la mosaïque dans la décoration byzantine, mais négligée durant tout le moyen-âge. Dès le quinzième siècle, cependant, les primitifs nordiques, qui aiment placer dans leurs tableaux religieux des objets de la vie quotidienne, commencent à choisir, pour orner le revers d'un diptyque ou d'un triptyque, certaines choses inanimées chargées de sens symbolique. Mais Sterling a découvert que ce sont les Italiens, et plus précisément les ateliers de marqueterie d'Urbin, qui devaient, vers 1450, rendre à la nature morte le sens décoratif qu'elle avait dans l'antiquité et en faire un sujet indépendant et souvent allégorique, empruntant seulement à l'art septentrional le goût du trompe-l'œil.

Ce sont les Flamands, les Hollandais et les Rhénans qui vont, en opposition avec les somptueux et décoratifs amoncellements de victuailles où se complairont un Bruckelaer ou Snyders, inventer à la fin du seizième siècle les natures mortes de tables sobrement servies, où chaque objet, vaisselle ou nourriture, prend une individualité presque étrange à force de réalisme.

Héda a un sens personnel de la pureté de la construction; il ajoute une poésie particulière, celle des choses qui passent. La composition, avec un arrière-plan stable de verticales et d'horizontales et un premier plan garni d'objets renversés, dont le désordre est accentué par les gâteaux entamés, les noisettes cassées, "c'est un arrangement qui est en train de se désagréger ... quelque chose en proie à la durés", comme dit Claudel, définissant l'essence de la nature morte hollandaise.

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