Louvre_mini.gif (4669 octets)

Frans Hals

La Bohémienne

036.jpg (49976 octets)

Bois : 0,58 m x 0,52 m

Bohémienne ou servante d'une quelconque taverne de Harleem fréquentée par Hals, cette truculente effigie féminine indique l'adolescence flamande de Hals, fortement touché de caravagisme. C'est en effet du Caravage, à travers Honthorst et les peintres de l'école d'Utrecht, que procèdent ces figures plébéiennes campées en buste avec autorité.

Par goût, Hals préfère aux riches bourgeois hollandais, dont il fit pourtant de si imposants portraits, ces types populaires où l'appétit de vivre transparaît visiblement. La Bohémienne sourit; cette joie un peu canaille qui épanouit la fille aux joues et au corsage rebondis, au visage dont la dissymétrie animée est accentuée par la lumière latérale, il faut l'art rapide, la touche nerveuse de Hals pour en exprimer l'instantanéité. Hals est le premier des peintres du Nord qui traduit la durée et le mouvement dans un tableau par l'infaillibilité foudroyante du coup de pinceau.

Les caravagistes animaient leurs œuvres par le dynamisme d'un rayon lumineux projeté sur des ombres; le Hollandais, lui, le remplace par un graphisme pictural qui évoque la promptitude du geste de l'artiste. Mais là où le brio technique pourrait à la longue sembler superficiel Hals ajoute l'expression de son humeur joyeuse. Le rire en peinture est si rare qu'il faut apprécier chez ce bon vivant la gaîté saine et facile d'une vitalité sans complication dans les années de maturité, vers 1630. Plus tard, touché par les tristesses de la ruine et de la vieillesse, le style de Hals s'épure, se fait plus elliptique, plus moderne encore.

precedent.gif (1427 octets)suivant.gif (1438 octets)

0bilan.jpg (2778 octets)