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Gérard de Saint-Jean

La Résurrection de Lazare

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Bois : 1,27 m x 0,97 m

Né à Leyde, dans ce nord des Pays-Bas qui devait plus tard devenir Hollande, Gérard de Saint-Jean (Geertgen tot Sint Jans) tire son nom de la confrérie de Saint-Jean, où il passa ses dernières années. Deux de ses tableaux se trouvent au Musée de Vienne : ils représentent Julien l'Apostat et la Déposition de croix. Ces panneaux, qui constituaient les volets d'autel d'une église de Harleem, ont été décrits par le peintre-historien Van Mander dès le seizième siècle. C'est à partir de ces œuvres sûres et par similitude de style qu'il a été possible de regrouper quelques autres peintures, parmi lesquelles La Résurrection de Lazare est de première importance. Dans cette œuvre Geertgen montre déjà des caractères hollandais; il les tient de son maître Albert van Ouwater, l'initiateur de la peinture néerlandaise. Il dispose le paysage non plus comme un fond, mais comme le cadre dans lequel se déroule l'action.

Au loin , sur un petit pont, on aperçoit les sœurs de Lazare qui viennent dire à Jésus : "Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort." De même les figures sont des types populaires; Marthe, Marie et Lazare ont de frustes visages, semblables à ceux qu'on verra plus tard aux bourgeois hollandais du dix-septième siècle. Le prototype des personnages de Gérard de Saint-Jean est d'ailleurs très particulier, ces visages longs et étroits, ces mains petites aux doigts frêles, ces attitudes figées leur donnent un air de rigueur qui évoque le style rhénan. Mais déjà les tempéraments individuels se marquent et annoncent la tradition de portraits réalistes chers à l'art hollandais.

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