
Anthonis van Dyck
Portrait du roi Charles 1er d'Angleterre

Toile : 2,72 m x 2,12 m
Le beau roi Charles 1er, au cours d'une chasse ou d'une promenade, s'est arrêté; il est descendu de son cheval, confié aux mains d'un domestique et d'un page, il s'apprête à faire quelque pas pour profiter du paysage. Dans cette simplicité du délassement peut-on imaginer élégance plus aisée, plus hautaine et aimable condescendance ?
C'est vers 1635, alors qu'il a quitté Anvers pou Londres depuis trois ans, que Van Dyck dut exécuter ce chef-d'uvre. Peintre de Charles Ier et de sa famille, il fit du roi, de la reine Henriette-Marie et des enfants princiers de multiples effigies, aujourd'hui dans la collection de la reine d'Angleterre, à la National Gallery de Londres, au Prado, au Musée de Dresde ou dans de grandes collections anglaises. Le portrait du Louvre est de loin le plus parfait.
Comment passa-t-il en France après la mort tragique du souverain ? Au début du dix-huitième siècle, il se trouvait dans la collection de la comtesse de Verrue. Plus tard la comtesse du Barry l'acquit pour son château de Louveciennes et le revendit en 1775 à Louis XVI. Coïncidence étrange de l'histoire que ce portrait d'un roi décapité acheté par un roi qui allait l'être quelques années plus tard.
Van Dyck atteint dans cette effigie aristocratique le sommet de son art de portraitiste. Il a su, dans une technique éblouissante, saisir à la fois le caractère royal de son modèle, cette dignité naturelle, cette autorité qui se traduit dans le port de la tête, dans le geste ferme et large pour tenir la canne, et en même temps l'individu, sa grâce innée, subtile et réservée qui firent de Charles Ier l'ancêtre des dandies.