
Pierre-Paul Rubens
Portrait d'Hélène Fourment

Bois : 1,13 m x 0,82 m
Rares sont chez Rubens, prodigieux travailleur, fort bien aidé par de nombreux élèves, les tableaux qui ne sont pas finis. Pourquoi le portrait de sa femme et de deux de ses enfants resta-t-il inachevé? Rien ne permet de le dire.
Après avoir perdu sa première femme, Isabelle Brandt, qu'il aimait tendrement, Rubens s'était remarié à cinquante-deux ans ave une fraîche Anversoise de seize ans, Hélène Fourment. Il fit de la jeune femme, d'ailleurs fort jolie, de nombreux tableaux, seule ou avec ses enfants.
Ici elle tient sur ses genoux le petit François, tandis que sa fille Claire-Jeanne s'avance. Sans doute la seconde fille, Isabelle-Hélène, devait-elle figurer, car à droite, près du fauteuil, deux mains d'enfant apparaissent. A l'arrière-plan, entre les enfants, à peine esquissés, un arbre, un oiseau qui vole.
Dans cette uvre d'intimité, où nous saisissons Rubens dans ses sentiments les plus tendres, éclate ce qui est l'essence même de son génie : un sens profond de ce qui rayonne de vie, de plénitude, de sensualité saine. Image même de la maternité, de la fécondité d'une race riche et robuste, cette mère épanouie dans la beauté de sa jeunesse et ces enfants joyeux à la chair lumineuse et nacrée, tout est vie et promesse de vie.