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Rogier van der Weyden

La salutation angélique

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Bois : 0,86 m x 0,92 m

Dans la calme intimité d'un intérieur flamand aux beaux cuivres brillants, dans une chambre sans luxe fastueux, mais cossue, la Vierge qui priait et lisait est surprise par l'annonce miraculeuse. L'ange Gabriel, avec ses longues plumes élégantes, son somptueux manteau et son allure dansante, est d'une grâce presque française.

Longtemps ce panneau, qui appartenait à la Galerie royale de Turin avant d'entrer au Louvre, passa pour être d'un maître inconnu du quinzième siècle. Aucun des tableaux de Roger van der Weyden n'est authentifié par une signature ou une pièce d'archives. C'est autour de deux tableaux de l'Escurial, la Descente de croix et le Calvaire, que des traditions sûres donnaient au maître de Tournai, qu'il fallut reconstituer son œuvre.

Moins réaliste que Van Eyck, il manifeste une émotion plus tendre, une sensibilité qui demeure plus médiévale. A la science de la lumière, domaine incontesté du maître de Bruges, il préfère la beauté de la ligne. Cette "annonciation", qui inspira Bouts et Memling, est la partie centrale d'un triptyque peint pour une jeune sœur d'Oberto de Villa. Les deux volets latéraux sont au Musée de Turin.

Ce chef-d'œuvre de jeunesse de Rogier peut être daté entre 1432 et 1435.

D'autres "annonciations" avec variantes se trouvent au Musée d'Anvers et au Metropolitan de New York, mais elles n'ont pas la même grâce touchante.

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