Louvre_mini.gif (4669 octets)

Véronèse

Le Calvaire

018.jpg (35970 octets)

Toile 1,02 m x 1,02 m

Sur un grand ciel livide et nuageux qui occupe à lui seul la moitié supérieure droite du tableau se détachent les hautes croix dominant le groupe des saintes Femmes qui se penchent vers la Vierge évanouie. Véronèse a traité plusieurs fois le sujet de la crucifixion (Offices de Florence, Académie de Venise, Musée de Dresde), mais jamais avec ce sentiment dramatique rare chez ce peintre de la joie de la couleur.

Plusieurs historiens situent ce chef-d’œuvre dans les dernières années de Véronèse, mais un dessin préparatoire du Fogg Art Museum permet de le dater des environs de 1570.

Certaines analogies, particulièrement dans les saintes Femmes, avec la Crucifixion du Tintoret, à la Scuola di San Rocco, peinte en 1564 sont très remarquables. Véronèse a-t-il voulu demander au visionnaire de San Rocco un moyen de dépouiller la tendance trop naturellement décorative de son art ?

Sans chercher des influences, d’ailleurs mutuelles, ne faut-il plutôt se laisser à la science du magnifique metteur en scène que fut Véronèse ? L’effet tragique est donné par la composition en oblique qui accumule les personnages dans l’angle gauche de la toile pour créer un impression de déséquiliibre et d’anormal. Mais la trouvaille géniale qui harmonise cette audace de composition est la haute silhouette de la femme voilée d’un manteau jaune et l’unité de la lumière, une lumière étrange, teintée de soufre et d'orage, une lumière de fin du monde.

precedent.gif (1427 octets)suivant.gif (1438 octets)

0bilan.jpg (2778 octets)