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Le Corrège

Antiope

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Toile 1,90 m x 1,24 m

Jupiter contemple la rayonnante nudité de la nymphe Antiope, endormie, auprès de qui s’est réfugié l’Amour, assoupi lui aussi.

Selon Vasari, ce chef-d’œuvre aurait été peint pour le duc de Mantoue, qui avait l’intention de l’ofrrir à Charles-Quint. Mais il resta chez les Gonzague avec le Mercure instruisant Cupidon devant Vénus, aujourd’hui à la National Gallery de Londres. Les deux oeuvres passèrent en 1628 dans la collection de Charles 1er d’Angleterre; Mazarin acheta l’Antiope, que ses héritiers vendirent à Louis XIV. La beauté de l’œuvre réside surtout dans le nu. Corrège en fait plusieurs études préparatoires, dont la très belle sanguine à Windsor.

Sur le bleu de la draperie le corps de la nymphe attire toute la lumière du tableau. Des ombres légères adoucissent les contours, leur donnent une mollesse abandonnée. Le raccourci de la tête est particulièrement remarquable et accentue l’effet d’un corps inconscient qui a perdu la coordination de ses gestes.

L’Antiope est l’image même du sommeil, comme est le symbole de la douceur du corps féminin. Tout a été dit sur la grâce du Corrège, sur sa morbidezza, sur son art de traduire le charme de la femme. Si le dix-huitième siècle français, le siècle de Boucher et de Fragonard, a tellement aimé le peintre Parme, c’est qu’il est avant tout le peintre qui exalte le triompe de la féminité.

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