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Antonello De Messine

Le condottiere

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Bois : 0, 35 m x 0,28 m

C'est à cause de l'air farouche, énergique, dur et impérieux de cet homme au egard inoubliable et observateur, à la moue orgueilleuse et volontaire, accentuée par la balafre de la lèvre supérieure, qu'une tradition du dix-neuvième siècle voit dans ce beau portrait l'image d'un de ces condottieri, un de ces capitaines que connut l'Italie de la Renaissance, aventuriers courageux et dominateurs aussi cruels aux autres qu'à eux-mêmes, mettant à la disposition du plus offrant leur compagnie, indifférents à la nationalité de ceux qu'ils combattaient, mais passionnés de bataille et d'action.

Cette effigie est le type des portraits d'Antonello, qui, attentif à scruter sur une physionomie l'expression dans chaque détail du modelé et à saisir l'individu dans l'essentiel de ses traits physiques et psychologiques, a choisi une fois pour toutes de peindre ses modèles sur un fond sombre dans la même attitude, de trois-quarts, à gauche, mais regardant en face. La simplicité de la mise en page, l'économie volontaire de la couleur donnent une plus violente et âpre présence à la figure. La technique à l'huile introduite par Antonello à Venise permet de traduire les transparences de la chair.

L'art du portrait s'épanouit en Italie dans la seconde moitié du quinzième siècle, au moment où naît l'individualisme avec la Renaissance et la Réforme, alors que l'homme, se découvrant lui-même comme sujet d'intérêt et d'étude, interroge son visage. Il triomphera au seizième siècle dans toutes les écoles.

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